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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 22:17

frise 06 11 03 Bilbao 210

Dimanche 6, encore une journée marathon !

Causerie de Philippe Andriot plus détendue que celle d'hier !

En raison de la présence de son épouse, la pianiste catalane Teresa Llacuna dont il nous dit que c'est "la dame qui intervient si souvent dans son intervention"  ? Nous la rencontrons régulièrement au festival, mais c'est la première fois qu'elle participe à un voyage. Henry a pensé qu'il pourrait lui prouver l'indispensable place de Philippe dans les voyages ! Ils ont rencontré hier soir Michel Corboz après la Grand Messe en ut mineur KV427. Il n'était qu'à moitié content car il avait fallu changer les rôles des sopranos (soprani ?) de façon imprévue et ça l'avait plongé dans l'angoisse. Ah, c'était donc ça la nervosité des solistes ? Le résultat a été prodigieux : elles ont formé un duo merveilleux !

Ou parce qu'Henry Fuoc nous avait distribué "des devoirs" en début du séjour : une feuille de présentation de "Thamos, roi d'Egypte" que nous allons entendre ce soir. C'est ainsi que nous avons eu une introduction à l'introduction du matin ! rd 11 03 Bilbao 178

Thamos, premier grand contact de Wolfgang Amadeus Mozart avec la franc-maçonnerie, (bien avant qu'il en fasse partie) est une oeuvre composée en 1773 (KV345) qui eut du mal à trouver son public. Aussi est-ce une nouvelle version qu'i fut présentée à Salzbourg en 1779. Mais en 1783 Wolfgang écrivit à son père "je suis vraiment désolé de ne pouvoir utiliser la musique de Thamos ! Comme elle n'a pas plu, cette pièce est ici mise au rancart des oeuvres qu'on ne reprendra pas. Il faudrait la représenter uniquement pour la musique et ce sera difficile ... Ce qui est bien dommage."

... Et ce n'est que dans le courant du 20ème siècle que cette oeuvre fut redécouverte et qu'on apprécia sa grande qualité !

 

Eh bien, nous verrons bien ce soir !

Pour le moment nous avons rendez-vous à l'entrée du musée Guffenheim, celle devant la ria du Nervion, où nous arrivons en passant aux pieds de l'Araignée.rd 11 03 Bilbao 183Les écailles de titane aux couleurs changeantes évoquent les poissons, alors que les formes complexes du bâtiment représentent un bateau : hommage au fleuve qui fut à l'origine de la ville, et à l'activité traditionnelle de Bilbao.C'est en passant entre les pattes de l'araignée de  Louise Bourgeois que nous retrouvons Luis Mariano. Et ne tardons pas à voir que déjà nous sommes entourés d'art contemporain.rd 11 03 Bilbao 184"Maman", l'araignée, réfèrence autobiographique de Louise Bourgeois : "parce que ma meilleure amie était ma mère et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable qu'une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même" ... Ah ! il faut donc chercher bien au-delà de l'apparence, pas toujours facile !rd 11 03 Bilbao 189Léger mouvement de la tête, la perspective change,  voici qu'un nuage de brume s'étend sur le bassin. Autour de la sculpture de brume de Fujiko Nakaya, éphémère et changeante j'entends "art conceptuel", " landart". J'écoute, je note et je regarde ces oeuvres qui me surprennent.

rd 11 03 Bilbao 188Un peu plus à droite voici le "Grand arbre et l'Oeil" d'Anish Kapoor. Les boules de cette tour sont des sphères qui reflètent tout ce qui les entourent. Dommage que nous ne soyons pas allé voir de plus près ces droles de miroirs ! rd 11 03 Bilbao 190Encore dehors, mais sur une terrasse à laquelle on accède depuis l'intérieur, les "Tulipes" de Jeff Koons qui ne sont pas tout à fait des ballons gonflés ...rd 11 03 Bilbao 191Les fontaines de feu d' Yves Klein sont au repos, le soleil éclaire l'arche de Buren, l'étang et l'araignée.rd 11 03 Bilbao 192Et nous gagnons la galerie Arcelor rebaptisée la "grande nef" par Richard Serra, l'artiste californien qui allait installer ici ses oeuvres. Gigantesques ! la salle, les oeuvres, le concept et les moyens de concrétiser !

rd 11 03 Bilbao 205Ces oeuvres qui semblent presque frêles et graciles du balcon du deuxième étage sont d'énormes tôles d'acier autopatinable, simplement posées sur le sol de la salle, en parfait équilibre. Que les visiteurs semblent petits entre ces figures, ou autour ! On peut entrer entre les différentes feuilles du "serpent", au coeur du "Labyrinthe" ou dans les "chaudrons". Le travail de presse, de cintrage et de courbure a été réalisé en Allemagne, et je serais curieuse de voir l'atelier où ça s'est passé, après avoir bien connu un atelier où l'on se vantait d'avoir une rouleuse exceptionnelle !

Une fois l'entrée passée, il est interdit de faire des photos et les gardiens sont nombreux. Alors je n'ai plus d'oeuvres à

 

rd 11 03 Bilbao 209,rd 11 03 Bilbao 211

 

présenter, trop difficile de prendre des tableaux en catimini. je n'ai que quelques clichés de l'atrium. Ce batiment se suffit par lui-même et il est difficie pour certaines oeuvres d'exister ici. Pas étonnant que beaucoup trouvent que le bâtiment écrase les oeuvres ...

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Beaucoup de verre, de pierre calcaire ocre, d'acier, de béton ciré, de bois. Et tant de courbes, d'espace, de lumière !

La collection permanente occupe le premier niveau. Nous sommes passés très vite devant Andy Warhol et le Pop'Art, moins vite devant l'ensemble des "Neuf discours sur Commode" de Cy Twombly et "l'installation pour Bilbao" de Jenny Holzer qui ressemble beaucoup à ... non, je ne dis pas à quoi, ce serait une bêtise ! J'ai de plus en plus besoin de parler de tout ça avec mon amie Françoise qui m'expliquera et me donnera des clefs.

Au deuxième niveau une horrible expo de photos et de vidéos nous parle surtout d'enfance maltraitée. Est-ce de l'art ? Cette exposition a-t'elle sa place dans un musée ? Anne me dit que ça doit aider des gens à considérer qu'on peut parler du problème de l'enfance maltraitée et des traumatismes qui sont induits ... Et un peu plus tard Françoise me dira qu'on peut tout exprimer par l'art, du bonheur à la plus profonde horreur.

Et c'est ce qui est illustré au troisième niveau avec l'exposition "Chaos et classissisme : l'art en France, Italie, Allemagne et Espagne 1918-1936". "De l'idée mythique et poétique de l'avant-garde parisienne au concept politique et historique d'un Empire Romain renouvelé, tel que l'imagine Mussolini .... à l'effrayante esthétique de la naissante culture nazi."

Nous découvrons des oeuvres de Picasso, Fernand Léger, Balthus, Cocteau, Matisse, Maillol, Clarà, Gargallo et encore beaucoup de peintres espagnols ; des costumes de scène et divers objets de décoration.

Mais quelle ne fut pas ma surprise en revenant dans l'après-midi, à l'heure du déjeuner basque, de découvrir trois bustes bien différents de Mussolini et surtout le triptyque qui ornait la cheminée du salon du quartier général d'Hitler : les quatre éléments personnifiés par d'altières aryennes d'Adolf Ziegler ! Alors là, c'est un point dans l'estomac, pour plusieurs raisons bien diverses !

Donc je n'avais pas tout vu en fin de matinée, d'autant que j'avais perdu mon groupe, heureusement retrouvé le second, alors qu'il était temps d'aller déjeuner. Ca se bouscule encore le déjeuner à midi et le premier concert à 13h45.

rd 11 03 Bilbao 228

Le restaurant Larruz est au pied des tours jumelles où le soleil joue : reflets et éclats de soleil sur les façades de verre. Ca doit éclairer naturellement la façade dans l'ombre.

Nous avons encore délicieusement déjeuné. Voici une salade d'aspèrges vertes, champignons, petits poulpes et calamars, puis du riz aux poissons et du riz au canard confit et cèpes.

 

rd 11 03 Bilbao 233rd 11 03 Bilbao 230

Dommage que le temps passe si vite et qu'il est temps d'aller prendre place dans la queue, alors que le dessert n'est pas arrivé ! Nous partons quelques volontaires tout de suite. Le tram ne passera que dans 10 minutes. Il faut filer à pied, sans le temps de reprendre souffle, juste une photo sur la façade sud du musée Guggenheim et de la fleur de l'atrium ...rd 11 03 Bilbao 235... Et voici que le tram nous passe sous le nez avec tous nos compagnons dedans. Ils arriveront finalement avant nous pour prendre rang dans la queue. Et c'est nous qui devrons leur dire merci !

 

13h45, Salle Süssmayr, Jean Claude Pennetier et Christian Ivaldi au piano interpètent de Mozart la Sonate à quatre main en ré majeur KV381, l'Andante et 5 variations pour piano à quatre mains en sol majeur KV501, la Fantaisie pour orgue mécanique KV608 et la Sonate pour piano à quatre mains en do majeur KV521.

 

Après que nous soyons allés prendre un expresso au bar du musée Guggenheimrd 11 03 Bilbao 244

 

et que je me sois perdue au troisième niveau dans l'exposition "Chaos et classissisme" à 17h, salle da Ponte nous avons eu le plaisir d'entendre un ami de notre festival, Gérard Caussé, à l'alto, Jose Luis Estrelles à la clarinette, et Igor Tchetuev au piano dans la Fantaisie pour piano en do mineur KV475, la Sonate pour piano n° 14 en do mineur KV457 et le Trio pour piano, clarinette et alto "Kegelstatt" en mi bémol majeur KV498 " de Mozart.

 

Nous avons juste le temps de faire la queue pour entendre à 19h30, salle Salieri, Peter Schöne baryton basse, la Sociedad Coral de Bilbao, et Das Neue Orchester dirigé par Christoph Spering dans "Thamos, roi d'Egypte" pour choeur et orchestre en la majeur KV345. rd 11 03 Bilbao 248

Un vrai feu d'artifice ! C'était éblouissant. Camille et moi décidons de finir notre festival avec cette oeuvre et ces interprètes. Trop dur de revenir à des sonates après la force et la passion de Thamos !

Et après quelques minutes nous nous sommes retrouvés deux tables à avoir pensé que Thamos avait l'éclat d'un grand final ! Et dans une ambiance de détente et de liberté comme après un examen passé avec succès !

 

rd 11 03 Bilbao 252rd 11 03 Bilbao 251

 

Même Teresa et Philippe ont séché le dernier concert. Nous sommes tous un peu fous ce soir. Voici, l'effet Thamos !rd 11 03 Bilbao 254

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans qui sommes-nous
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