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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 04:59
Eglise de Glandage, Haut Diois

En traversant le village de Glandage pour aller vers le Jocou j'avais remarqué quelques reliefs sur le portail de l'église qui devaient nécessiter un arrêt intéressant.

Merci à nos chauffeurs qui ont bien voulu s'arrêter lorsque nous revenions.

Eglise de Glandage, Haut Diois

L'église, dédiée à Saint Pierre et saint Paul faisait partie d'un prieuré dépendant d'une abbaye proche de Châtillon en Diois. En 1242 elle devint dépendante de l'abbaye d'Aurillac (surprenant, mais c'est bien ce qu'indique la plaque posée sur le mur).

Elle fut ruinée par les guerres de religions et reconstruite aux 17ème et 18ème siècles. Le portail roman tardif a pu être réemployé lors de cette réédification.

L'archivolte est superbe. Elle est composée de trois voussures en plein cintre en quart de cercle. Les deux voussures internes reposent sur des colonnettes surmontées de chapiteaux à crochets, la voussure externe sur des corbeaux ornés de têtes humaines et à gauche aussi d'un petit singe prêt à l'escalader

Juste à l'embrasement de la porte deux corbeaux sculptés (des lions ?) devaient supporter un tympan disparu.

Eglise de Glandage, Haut Diois

La porte de la mairie, qui doit occuper à droite une partie des bâtiments de l'ancien prieuré, présente elle aussi des éléments de réemploi. La naïveté de la sculpture, la facture plus grossière permettent de dire qu'ils sont plus anciens que le portail de l'église.

Eglise de Glandage, Haut Diois

Ce sont les dédicataires de l'église. A gauche Saint Pierre et sa clef, à droite Saint Paul et son épée encadrent le Christ en majesté, tenant une bible de la main gauche et accordant sa main gauche.

Il faudrait avoir un peu plus de temps pour flâner dans le village bien actif en été. Il y a de belles demeures dont le passé doit être passionnant.

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 15:50

C'est un mythe de la Charente Maritime cette petite église qui domine la Gironde tout au bord de sa falaise. La carte postale la plus populaire de ce département ... Est-ce vraiment un compliment ? D'ailleurs ça ne doit plus être vrai ; au 21ème siècle achète t'on encore des cartes postales ? Non, on prend des photos.

Regardons les nôtres !

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

Nous y sommes arrivés en passant par le cimetière. Directement sur la façade est, décorée comme une façade d'entrée d'église saintongeaise, en général à l'ouest. Mais là, l'ouest c'est directement les remparts qui dominent la Gironde.

Vue du sud elle est superbe. En forme de croix, ses quatre parties sont équilibrées. A la croisée du transept un gros clocher carré lui donne une allure trapue. Il semble peser sur l'ensemble pour l'aider à résister aux vents et lui donne puissance et grandeur.

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

Au sud le chœur composé de l'abside et de deux absidioles est richement orné de colonnes, d'arcatures, de modillons.Certains de ces modillons qui semblent supporter la corniche de la charpente, trop abimés par les vents et les embruns ont été restaurés. Ce sont les plus clairs.

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

Elle a été édifiée au 12ème siècle par les Bénédictins de Saint Jean d'Angély dans le plus pur style roman saintongeais. Au 13ème siècle Edouard Ier, duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre fonde une bastide autour de l'église. Talmont est alors une redoutable place forte. C'est une ville close de remparts. Elle fut souvent attaquée par les hommes, et continuellement par les flots qui battent la falaise sur laquelle l'église est construite. Et au 14ème siècle la falaise s'écroule, et emporte une partie de la nef. C'est la raison pour laquelle la partie nord est relativement courte. Le mur est reconstruit avec une porte gothique.

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

C'est l'accès au sanctuaire. Dont la luminosité surprend ! La pierre y est d'une blancheur laiteuse, soulignée par la lumière très claire également.

La voute du chœur est bien haute, entre les deux ensembles de piliers et colonnes qui l'encadrent. Les cinq arcs au dessus et entre les fenêtres de l'abside sont finement travaillés. Les chapiteaux représentent un curieux bestiaire ou des figures grimaçantes : un homme se fait tirer les oreilles par des lézards, et ça lui fait un sourire immense ...

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

Les ornements des chapiteaux ne sont pas de taille à distraire le croyant. Ils sont petits et finement ciselés. Les bases des colonnes font des coussins décorés de grotesques ou d'animaux.

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde
Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde
Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde
Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

Une belle frégate est suspendue au-dessus de la nef. Nous sommes en pays marin où les remerciements pour une grâce obtenue ou un vœu réalisé s'exprimaient par ce type d'ex-voto.

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

Il ne nous reste plus qu'à faire le tour du village. Les rues étroites forment un quadrillage fleuri : les roses trémières sont célèbres sur le côtes charentaises et très présentes dans Talmont. S'y ajoutent de part et d'autres de grosses touffes d'anémones du Japon qui donnent beaucoup de couleurs aux maisons basses blanchies à la chaux.

Autrefois Talmont était un port de pèche de l'esturgeon avec les oeufs duquel on fabriquait le caviar sud sud-ouest français. Rassurons-nous, cette production redémarre, mais peut-être pas ici. Ce sont le maigre, l'alose, la lamproie et les pibales qui remplissent maintenant les paniers des pécheurs chanceux ... non, des bons pécheurs !

Au fond de la baie, sur la même rive on aperçoit les falaises de Meschers avec les habitations troglodytiques Le regard porte à peine sur l'autre rive, car ici la Gironde a kilomètres de large.

Au sud du village, bien au-delà du port, des carrelets ont été reconstruits le long de la Roche Caillaud après la terrible tempête de décembre 1999.

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde
Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde
Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde
Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde

Nous y sommes allés faire un tour dans les vignobles pour voir le soleil couchant derrière l'église Sainte Radegonde.

C'était un jour d'été 2007 ... L'endroit y est tranquille, la plage attirant sûrement plus de monde que le village et son église. Tant mieux pour les visiteurs !

Sainte Radegonde de Talmont sur Gironde
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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 06:56

C'est tout simplement un joyau cette église qui, du haut de son rocher détourne depuis la seconde moitié du 12ème siècle, au moins quelques secondes, les regards des personnes qui circulent dans la vallée du Rhône.

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

Ce n'est pas tout à fait comme ça qu'elles la voient, la photo est prise de beaucoup plus près, depuis le jardin botanique qui a été aménagé sur l'emplacement des anciens remparts. Inutiles ces remparts aujourd'hui, que pourrait-on redouter ? L'arrivée de touristes ? Ils sont appréciés ici comme presque partout ailleurs ... Un accident nucléaire de la centrale qui s'étend dans la vallée ? Là, il n'y a pas grand chose à faire pour s'en protéger.

Une prière à Saint Michel à qui l'église est vouée pour échapper à ce risque sournois ? Essayons d'y penser en en faisant le tour !

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

Plan vigie-pirate, des plots pas photogéniques éloignent les passants de l'entrée de l'école juste en face. Je n'ai pas réussi à en faire abstraction ... Qu'ils ne nous gênent pas pour admirer la rondeur de l'abside et des deux absidioles de pierres où nous aurions pu découvrir des marques de tâcherons si nous n'avions pas été attirés par la façade occidentale qui domine la plaine. Une deuxième abside à l'ouest ? C'est une particularité rare, et c'est l'entrée de l'église du plus pur style roman provençal. Fermée , et c'est dommage de ne pas voir combien est haute la nef et la statuaire remarquable ...

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

Les regards s'attardent sur le clocher octogonal à deux étages,

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

et sur les très belles frises qui soulignent le hauts des murs de la nef et des fenêtres du clocher : entrelacs, rosaces aux rayons divers, bossages, chaque compagnon sculpteur avait peut-être son propre motif ?

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

Nous sommes allés nous promener dans le jardin botanique qui dort au soleil, de son sommeil hivernal. On y trouve de nombreuses variétés de sauges, de lavandins dans des massifs bordés de buis ...

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

Parfaitement exposé au sud-ouest, ce fut l'endroit idéal pour déguster la tarte de Martine, après notre randonnée au Val des Nymphes.

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

Hors sujet ? OK, alors regarderons plutôt la chapelle qui jouxte l'église en faisant un tour entre les massifs,

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar

avant de remonter vers l'église pour rejoindre par les ruelles tortueuses du village médiéval nos voitures laissées à l'extérieur des remparts.

L'église Saint Michel de La Garde Adhémar
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 12:21
Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise

Encore un jeudi pluvieux, froid, maussade, propice à l'évocation d'un beau souvenir ... roman ! En mai 2013 alors que nous allions quitter le Béarn un panneau indiquant "Hôpital Saint-Blaise - Eglise romane" nous a invités à un détour.

Au Moyen-Age "hôpital" désignait un lieu d'hospitalité pour des voyageurs. Les routes reliant le nord et le sud des Pyrénées étaient nombreuses et très fréquentées surtout par les hommes d'armes des comtes de Béarn assistant les rois d'Aragon dans leurs combats pour maintenir les royaumes chrétiens face aux musulmans. Et les structures tout au long de ces routes nombreuses. Des pèlerins s'ajoutèrent aux soldats ; des églises auprès des "hôpitaux" complétèrent les lieux d'accueil dès le 12ème siècle. Quelques décennies plus tard les itinéraires se déplacèrent et certaines infrastructures devinrent inutiles. A l'Hôpital Saint-Blaise elles ont été abandonnées, le village constitué autour fut isolé pendant plusieurs siècles.

L'église devenue paroissiale ne reçut alors que quelques soins d'urgence pour éviter son effondrement ... Et c'est sûrement grâce à ça qu'elle est arrivée au début du 20ème si peu transformée.

 

Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise

Elle est encore là au milieu d'un village de quelques maisons. De petites dimensions, blottie dans les prairies entourées de forêts, près du ruisseau du Lausset, en pierres de schiste locales, elle évoque la sérénité et l'équilibre.

Elle a deux clochers. Un petit au-dessus de la porte ressemble à un pigeonnier ; et une grande tour octogonale qui semble être au centre de la construction en croix grecque fut construite un peu plus tard. Le toit est couvert de lauzes et de bardeaux.

La grande porte et ses archivoltes sont le résultat d'une rénovation du début du 20ème siècle. Cependant le tympan est d'origine. Il représente Jésus en majesté entouré des symboles des évangélistes tous très stylisés.

Pyrénées romanes : Hôpital Saint-BlaisePyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise

La porte franchie c'est d'abord le retable baroque qui attire le regard. Ses couleurs rouge et or sont là pour ça !

Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise

Puis la coupole octogonale nous rappelle des souvenirs pas si vieux !

Huit arcs entrecroisés partent des angles posés sur de simples culots et forment une étoile à huit branches comme celle que nous avons vue à l'ermitage Santa Maria d'Eunate, en Espagne du Nord.

C'est une coupole très influencée par l'art hispano-mauresque que les pèlerins faisaient circuler avec eux.

On retrouve des coupoles d'architecture similaire depuis les mosquées de Cordou et de Tolède, jusqu'en Saintonge comme à Saint Michel d'Entraygues. Où qu'elles soient, elles sont assez rares puisqu'on arrive à les recenser une à une !

Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise

Les fenêtres semblent encore plus exceptionnelles : elles sont protégées par des claustras, vraie dentelle de pierre, à la façon des moucharabiehs. Il paraît que c'est unique en France.

Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise
Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise
Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise
Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise

Quant à la charpente avec des corniches de bois sculpté, il me faut ajouter que c'est lors des restaurations de fin du 20ème siècle que l'on découvrit qu'elle aussi est d'origine ... Au milieu d'un vallon en paix elle a pu traverser neuf siècles ... Magnifique !

Pyrénées romanes : Hôpital Saint-Blaise

Elle est toute petite, mais c'est une église exceptionnelle, classée au patrimoine de l'Unesco depuis 1998 en tant que "témoignage rare de la rencontre de l'art roman et de l'art hispano-mauresque".

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 16:04

Nous avons choisi, pour terminer nos visites en Poitou-Charente, de nous arrêter à Saint Savin sur Gartempe. J’en rêve depuis si longtemps ! Car si le classement au patrimoine mondial de l’Unesco ne date que de 1983, la célébrité des fresques atteignait Poitiers et ses étudiants déjà dans les années 60 !

Les fresques de Saint Savin

Pas de chance, on lui fait une toilette en ce moment. Ou plutôt nous sommes en pleine nouvelle campagne de restauration. Des échafaudages masquent le chevet et ses absidioles, et une partie du bâtiment conventuel.
Avec un peu de bonne volonté (ou de mauvaise foi ?) du pont ça ne se voit presque pas !

Les fresques de Saint Savin

Dans la cour ouverte un tableau donne quelques informations sur l’histoire du monastère. Après quelques recherches complémentaires, voici ce que j’en ai retenu.
Au 9ème siècle un clerc de Charlemagne retrouva les saintes reliques des frères Savin et Cyprien qui avaient été torturés à mort et enterrés tout près d'ici. L’empereur et son fils Louis le Pieux accordèrent un don pour la construction d’un monastère qui recevrait ces reliques. En 1010 un nouveau don considérable permit la construction de la grande église abbatiale romane actuelle, décorée de fresques. Les travaux entrepris en 1040 se poursuivirent jusqu’en 1090.
Les guerres de Cent Ans et de Religion détruisirent presque le monastère qui fut reconstruit au 17ème siècle. Il semblerait que l’église ait été miraculeusement préservée.
Cependant en 1820 la flèche du clocher s’abat sur la toiture de la nef et la lézarde. Au moment où les autorités voulurent boucher la fissure et badigeonner la nef Prosper Mérimée arriva pour constater l’intérêt des fresques et alerter le ministre Guizot : « Si l'on considère que ces fresques de Saint-Savin sont à peu près uniques en France, qu'elles sont le monument le plus ancien de l'art de la peinture dans notre pays, on ne peut balancer à faire des sacrifices même considérables pour les conserver ». Il lui a fallu dix ans pour arriver à faire classer l’église et ses fresques qu’André Malraux qualifiera de « Sixtine romane ».

Les fresques de Saint Savin

On va voir ce « plus bel ensemble de peintures romanes de France » ?
Ce jour là les travaux ne sont pas qu’à l’extérieur. Le chœur est entièrement rempli d’échafaudages qui nous en interdisent l'accès. D'ailleurs la porte a l’air ouverte surtout pour laisser passer les personnes qui oeuvrent ici … Nous avons regardé sans trop nous avancer dans la nef.

Les fresques de Saint Savin

Nous nous sommes tournés vers le porche et la porte d’entrée au-dessus de laquelle une Vierge à l’enfant, en majesté entourés d’anges semblent donner leur bénédiction.


Les fresques de Saint Savin
Les fresques de Saint Savin

Au rez-de-chaussée du porche des scènes de l’Apocalypse et de la vie du Christ accueillent les croyants (les visiteurs n’entrent pas par la grande porte).
Les arcs sont entièrement couverts de fresques. On regarde une fois en levant la tête, une fois en tournant à droite, une autre fois à gauche … Attention à l’équilibre !

Les fresques de Saint Savin

Retour dans la nef dont la voute est couverte de quatre grandes séries de peintures. Nous sommes arrivés sans trop de mal à reconnaître le cycle d’Adam et Eve en voyant Dieu chercher à main nue dans la poitrine d’Adam, puis ce même Adam accompagné d’un immense serpent ;

Les fresques de Saint Savin

celui de la Création du soleil, de la lune et des étoiles juste au-dessus d'Adam ;

Les fresques de Saint Savin

encore celui de Noé, du moins la partie avec l’arche ;

Les fresques de Saint Savin

et enfin la construction de la tour de Babel.

Il nous aurait fallu être accompagnés d’un guide-conférencier pour identifier les autres parties. Ce sera pour une autre fois car il nous reste à voir les peintures du chœur et celles de la crypte où sont représentés la vie et le martyr des saints Savin et Cyprien et revoir la voute tout en haut des colonnes colorées aux chapiteaux de feuillages divers.

Nous nous démontons un peu le cou, mais elles valent cet effort, ces fresques et de revenir les voir avec un guide qui nous révèlera sûrement de nombreux détails que nous n'avons pas su voir.

Les fresques de Saint Savin
Les fresques de Saint Savin
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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 16:53

La réputation de l’abbaye royale de Celles sur Belle attire des foules de pèlerins depuis de nombreux siècles ; les touristes seulement depuis quelques décennies.

Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)
bataille de Vouillé. Wikipédia
bataille de Vouillé. Wikipédia

Les chroniques monastiques du Moyen Age font mention d’un pèlerinage dès la christianisation de la région. C’est ainsi que Clovis, en 507 vint rendre grâce à Notre Dame de Celles après la bataille de Vouillé qui changea le royaume des Francs.
Au 11ème siècle la chronique de l'abbaye voisine de Saint Maixent relatait de nombreux miracles attribués à Notre Dame de Celles. Les pèlerins sur la route de Saint Jacques affluèrent de plus en plus nombreux, ainsi qu'au pèlerinage de la Septembrèche, le 8 septembre pour la fête de la Vierge. Les donations et les offrandes abondèrent.
Donc les moyens étaient là, et les convoitises pas bien loin. L'histoire de l'abbaye fut à rebondissements. Visitons en poursuivant les volets "Histoire" !

Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)

Des bâtiments romans prirent la place de plus anciens. La guerre de Cents Ans fit de gros dégâts. Ne restent de cette période romane à l'entrée le haut clocher et à l'intérieur du porche le portail, à six voussures polylobées, à forte influence mozarabe.

Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)
Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)

Les pointes des arcs sont décorées de masques humains et animaux.

Heureusement Louis XI était très attaché à cette abbaye (il chassait l'ours dans nos montagnes qui entourent la vallée de Quint en Dauphiné et remerciait la Vierge à Celles !) à laquelle il accordea des privilèges et des dons qui permirent de reconstruire les bâtiments suivant la mode d'alors, gothique. C'est pourquoi le grand escalier nous fait plonger dans une immense nef de pierre blanche où la lumière entre à flot.

Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)
Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)

La chapelle du Saint Sacrement est l'autre partie romane à avoir passé les conflits des 14ème et 15ème siècles sauve. On remarque sa construction très soignée et les armes qui ornent les clefs de voute, celles de l'abbé qui la fit construire.

Au 16ème siècle se sont les Huguenots qui détruisirent une grande partie du couvent. Il a été restauré par un bâtisseur au 17ème siècle célèbre en Poitou, François Le Duc dit Toscane. C'est lui qui conçut le bâtiment conventuel classique qui s'ouvrait sur une grande cour pavée au fond de laquelle l'abbé commendataire avait son palais, enfin son logis.

Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)

La Révolution est passée, les églises ont été fermées, les bâtiments vendus comme biens nationaux, les moines expulsés, le logis abbatial et le grand bâtiment transformés en prison.
En 1801 le Concordat a rétabli l'exercice du culte. L'église abbatiale est devenue paroissiale.

Les informations diverses ne précisent pas le moment où le logis abbatial a été détruit.

Très récemment ce qui restait du couvent a été restauré et transformé en lieu culturel fermé lors de notre passage, la cour en un beau jardin de buis et un jardin de simples où l'on trouve de nombreux nichoirs à oiseaux et insectes. C'est une rénovation somptueuse.

Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)
Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)Abbaye royale de Celles sur Belle (Deux Sèvres)

Dernier détails qui peut intéresser une partie de mes lecteurs : de l'autre côté de la route il y a un parking pour camping-cars très agréable.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 15:56

Encore un jour gris et pluvieux … Juste bon à se rappeler le ciel bleu des derniers jours d’octobre, tout particulièrement au-dessus de Parthenay que j’ai revu avec plaisir et surprise.
J'y suis venue une première fois lorsque le tourisme n’était pas une industrie et que l’on n’avait pas découvert sous le crépi gris des façades le trésor que sont les vieilles pierres. A ce moment là dans le faubourg Saint Paul les tanneries et les moulins à tan occupaient les rives du Thouet et l’on remarquait à peine le pont médiéval …

Parthenay, Deux Sèvres

Mais ce n’était pas là que le fournisseur de sabots de notre père avait son atelier (le sabot d’une seule pièce de bois avait cédé la place à une chaussure à semelle de bois et empeigne de cuir). C’était plutôt en ville, là où tout ou presque a tant changé.
Il me faut d’abord dire que Parthenay est une ville accueillante : le parking de la place du Drapeau juste en bordure de la vieille ville est accessible à tout type de véhicule, y compris les camping-cars et est gratuit ! C’est maintenant rare.

Parthenay, Deux Sèvres

Nous sommes partis vers le clocher de l’église Saint-Laurent qui domine la ville haute. Impressionnant ce clocher de 60 mètres de haut, et compliquée l'histoire de cette église, la plus ancienne de la ville qui en compta jusqu'à neuf. Au 10ème siècle on éleva une première église qui fut remplacée dès le 12ème par un sanctuaire plus grand dans ce quartier de marchands et de bourgeois. Réagrandi après la guerre de Cent Ans (la croissance de la population était alors importante), restaurée après les guerres de religion et les incendies puis au 19ème siècle, son clocher est néogothique, les fresques du choeur aussi. Ce sont les chapiteaux romans que je veux partager. En particulier celui de la condamnation de l'avarice ...

Parthenay, Deux Sèvres

Voici la pesée de l'âme de l'avare, le diable à gauche, St Michel à droite. Juste à droite un avare, sa bourse autour du cou, assailli par deux diables. Encore plus loin le riche aux pieds d'Abraham qui tient Lazare sur son sein ... La parabole continue, mais on ne distingue plus les personnages sur ma photo ...

Parthenay, Deux Sèvres

On peut choisir entre plusieurs ruelles pour arriver à la porte de la citadelle encore entourée de remparts. On passe par l'ancienne collegiale Sainte-Croix où l'on vénérait une relique de "la Vraie Croix", rapportée de Palestine et des croisades par les seigneurs de Parthenay. Combien y a t il de reliques semblables dans les églises occidentales ? De quoi faire une charpente sûrement !

Parthenay, Deux Sèvres

Son histoire est compliquée et elle en porte les marques. Séisme, ouragan, percement des arcades, agrandissement des absidioles je garde les encadrements des fenêtres et d'une porte.

Parthenay, Deux Sèvres
Parthenay, Deux Sèvres

Les fenêtres sont ornées d'un ruban plissé, la porte d'une frise de griffons debout,
et un pilier de la représentation de Daniel entouré des lions.

Parthenay, Deux Sèvres

Tout au nord de la citadelle il ne reste que quelques ruines du château au milieu d'un parc, terrain de jeux pour les enfants. Et en dessous voici l'office de tourisme. Plutôt bien caché ! Mais dans une belle demeure du "quartier sauvegardé".

Parthenay, Deux Sèvres

Du pont Saint Jacques qui traverse le Thouet les pèlerins prenaient la rue de la Vau Saint Jacques pour atteindre des reliques ou une halte sur leur longue route. Aujourd'hui ni pèlerin ni touriste ou si peu, ce n'est plus la saison. Tout au long de cette longue rue les maisons médiévales, à pans de bois, de brique ou de pierre font partie du patrimoine architectural que la ville s'est donné pour objectif de protéger, et qui comprend aussi quelques faubourgs.

Parthenay, Deux Sèvres

Peut-être celui de Parthenay le Vieux où se trouve l'église romane la mieux conservée et considérée comme l'un des plus beaux édifices romans du Poitou ? Elle fut donnée en 1092 aux moines de la Chaise Dieu qui y fondèrent un prieuré. Aimery Picaud, auteur du premier guide des Chemins de Saint Jacques y a vécu au début du 12ème siècle

Parthenay, Deux Sèvres

La façade est superbe. Les voussures des trois arcs du bas sont ornées de feuillages, de personnages, de griffons. A gauche un cavalier, seigneur de Parthenay ou Constantin, foule le paganisme. Nous avions déjà vu ce grand classique de la région Charente-Poitou à Melle.

A droite c'est Samson qui terrasse un lion.

Une frise soulignée de modillons sculptés de personnages sépare les différents niveaux de la façade. Elle est faite de têtes de chat parfaitement alignés. C'est une grande spécialité du roman saintongeais.

Parthenay, Deux Sèvres
Parthenay, Deux Sèvres
Parthenay, Deux Sèvres

A l'intérieur la lumière est magnifiée par la blancheur des pierres. La nef est haute, élégante. Les chapiteaux des colonnes sont sculptés, feuillages, sirènes.

Parthenay, Deux Sèvres
Parthenay, Deux Sèvres

Nous n'avons pas trouvé comment accéder aux vestiges du cloître, et nous avons dû nous contenter de la vue sur la façade sud, le clocher octogonal et un vol de corneilles avant de partir vers notre accueil France-Passion du jour, un producteur de fromages de chèvres qui accueille gracieusement les campeurs-caristes.

Parthenay, Deux Sèvres
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:03

Aux confins du Poitou, du Berry, du Limousin et de la Charente est une région nommée Basse Marche dont Le Dorat est la capitale. Cette ville s'enorgueillit de posséder l'un des plus beaux monuments romans du Limousin.

Alors ça vaut bien une étape sur notre route vers l'ouest !

On la voit de loin la collégiale qui domine le bourg.

image wikipédia

image wikipédia

Nous avons suivi le fléchage, contourné les remparts du 15ème siècle, avons remonté une longue rue toute droite pour arriver à cette église. Enfin collégiale : siège d'un collège de chanoines, hauts dignitaires de l'église. Il y en eut ici jusqu'à 20 !

On passe devant la surprenante porte.

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens

A la fois austère et élégante. Austère le granit, élégantes les voussures soulignées de boudins qui reposent sur des colonnettes au chapiteau de serpentine, surprenantes les deux petites portes aux belles pentures, séparées par un trumeau fait de trois colonnettes et surtout surprenants les festons des voussures d'influence mozarabe. Eh oui, les bâtisseurs de cathédrales et de monastères voyageaient beaucoup et s'imprégnaient des techniques et de l'art de leurs rencontres ...

C'est en montant dans le jardin en face que l'on découvre parfaitement l'ensemble de la façade occidentale. Plutôt sévère avec ses nombreux arcs aveugles, sa grosse tour carrée et élégante avec ses deux tourelles coiffées de clochetons.

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens
Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens

Typiquement romane la façade nord. Des modillons décorés de masques humains soulignent le haut des murs. De lourds contreforts les soutiennent, et c'est en pénétrant dans la nef que nous en comprendrons l'utilité.

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens

Dès la porte étroite franchie on est en haut d'un grand escalier qui plonge dans la nef. Le regard aussi y plonge. D'abord sur la cuve baptismale pré-romane qui provient de l'église antérieure tant de fois incendiée ; puis sur ce vaisseau qui semble se prolonger si loin. 77 mètres jusqu'au fond des chapelles, alors que la voute s'élève à 18 mètres. Impressionnante !

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens

La nef est très sombre, il faut s'appliquer pour voir les quelques chapiteaux décorés de feuillages, rinceaux, animaux diaboliques, lions crachant des flammes, lionnes écartelant un homme.

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liensLe Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens

Je trouve que la tour lanterne est l'élément décoratif principal. Le tambour qui supporte la coupole toute nue (les restaurations ont dû effacer bien des choses) est percé de huit fenêtres à triple voussures limousines par lesquelles passe cette généreuse lumière.

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens

Le choeur est entouré d'un déambulatoire où se promenaient les pèlerins du 15ème siècle. Car la collégiale se trouve sur l'un des nombreux chemins de Saint Jacques. On y vénérait aussi deux saints locaux, Israël et Théobald, dont les reliques reposent dans des chasses dorées gardés dans de lourds coffres de fer forgé.

J'ai tord de conjuguer vénérer à l'imparfait car ces reliques sont encore sorties, en tête de processions très fréquentées lors des Ostensions septennales, traditions encore si vives en Limousin qu'elles ont été inscrites au patrimoine culturel et immatériel de l'humanité !

Faire des photos avec nos appareils dans si peu de lumière est trop difficile. Ressortons !

Pour admirer la porte nord plus traditionnellement romane que le portail principal, le clocher octogonal au sommet duquel un ange doré veille sur la ville depuis huit siècles, et dont les arcatures aveugles polylobées du deuxième étage ont, elles aussi, une allure mozarabe.

Il y a tout à l'extrémité gauche (est) de l'ensemble une tour insolite. L'église, à la pérphérie de la ville avait été incluse dans les remparts et les bâtiments fortifiés du 15ème siècle.

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens

Et en regardant de plus près on y voit des archères et de mâchicoulis.

La spiritualité n'a jamais été très loin des combats guerriers !

Le Dorat, la collégiale Saint Pierre-aux-liens
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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Belles romanes et autres
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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 04:41

Donc les personnes qui traversaient les villes et les bourgs pouvaient savoir l'heure en regardant un des nombreux cadrans solaires ...

Mais ceux qui travaillaient dans la montagne ? Les cloches qui sonnaient dans la vallée les messes, les fêtes, l'angélus et le glas donnaient-elles aussi l'heure ?

Car nombreux sont les clochers dans la vallée de la Guisane. De beaux clochers carrés de style lombard qui ne surprennent pas ici. La Lombardie est juste de l'autre côté du col du Mont Genèvre !

Celui de l'église paroissiale Saint Marcellin de La-Salle-Les-Alpes est considéré comme le plus beau du Briançonnais. Ça vaut bien une visite en fin de randonnée !

L'église paroisiale de La Salle-les-Alpes

Le clocher lombard du 13ème ou 14ème siècle peut être qualifié de roman tardif. Octogonal il coiffe une tour carrée à deux étages ajourée. Aux angles de la tour quatre pyramidions symbolisent les points cardinaux. Ils sont caractéristiques de la région.

Ce beau clocher est le signe de la prospérité de la vallée qui depuis plusieurs siècles connaît une paix relative.

Le premier millénaire a été plus belliqueux avec des invasions diverses du 5ème qu 10ème siècles. En cherchant bien parmi tous les combattants on trouve même Charles Martel qui a bouté des Arabes hors de cette Vallée en 738 après Poitiers en 732 et le Languedoc en 737. Certains prétendent même que Charles Martel fut un envahisseur particulièrement sanguinaire ... Mais je m'éloigne bien de l'église paroissiale Saint Marcellin ! On reprend la visite ?

Le clocher domine les toits de bardeaux entourés de gouttières de bois maintenues aux poutres par de solides crochets de mélèze.

On remarque que des bandes lombardes font le tour du haut des murs.

Un grand porche-galerie protège l'entrée.

L'église paroisiale de La Salle-les-Alpes

Constitué de quatre croisées d'ogives il est soutenu par trois colonnettes avec chapiteaux à palmettes. Celle du centre repose sur le dos d'un lion allongé et les deux autres sur de grands bénitiers.

Quel aurait été son rôle exact ? Lieu de justice, de baptême ?

A l'intérieur le choeur brille des ors du retable baroque du 17ème, comme souvent dans les Alpes. Le plafond est peint en trompe-l'oeil également baroques.

L'église paroisiale de La Salle-les-Alpes

Plus surprenante, la poutre de gloire (Renaissance ?) avec sa scène de crucifixion qui comporte Jésus en croix, Marie à sa droite et Jean, le disciple préféré à sa gauche. Au pied de la croix une porte en banderole "INRI"

L'église paroisiale de La Salle-les-Alpes

Notre attention est attirée par des différences marquées dans la statuaire, souvent très soignée, comme le corps du Christ ou la petite Vierge (protégée par une vitrine qui fait des reflets) ou plus grossière, tels Marie et Saint Jean sur la poutre et Jésus aux mains liées dans la nef.

L'église paroisiale de La Salle-les-AlpesL'église paroisiale de La Salle-les-Alpes

Les colonnes et les arcs sont faits de pierre très sombre, et il faut se faire à la pénombre de la nef pour voir les chapiteaux décorés assez grossièrement de visages d'hommes, ronds, aux lèvres épaisses et aux sourires plus ou moins ouverts.

L'église paroisiale de La Salle-les-AlpesL'église paroisiale de La Salle-les-Alpes
L'église paroisiale de La Salle-les-Alpes

Et on retrouve des figures un peu plus élaborées qui encadrent par groupes de trois, à l'extérieur, la porte la plus ornée (celle qui est fermée).

L'église paroisiale de La Salle-les-AlpesL'église paroisiale de La Salle-les-Alpes

Maintenant mes compagnons m'attendent, il faut remonter au chalet, à pied !

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 15:58
La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco

Retour dans nos archives et sur ce que nous avons retenu des chemins de Saint Jacques de Compostelle. La ville d'Oloron-Sainte-Marie avec sa cathédrale a toujours été une étape importante sur la voie d'Arles et celle du Piémont des pèlerins. Et pour que nous en soyons absolument sûrs elle a été classée au partimoine de l'Humanité par l'Unesco.

Merci Danièle de nous avoir incités à la visiter et de m'avoir communiqué les notes que tu avais prises lors de la conférence qui s'est tenue pour son 900ème anniversaire (donnée par M. Lacoste de l'université de Bordeaux).

La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco
La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco

Sa construction débuta en 1102 et elle subit au long des siècles des modifications significatives. Les spécialistes reconnaissent des éléments d'architecture semblables à la cathédrale de Jaca, en Navarre.(http://voyagesfilippiens.over-blog.com/article-pyrenees-romanes-cathedrale-san-pedro-de-jaca-119363145.html).

Ils relèvent aussi des détails purement béarnais, mais là comme je suis totalement béotienne, je me garderai bien d'en parler.

Je préfère regarder le portail qui est purement roman.

La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco

Le tympan et le trumeau (pilier qui aide le linteau à supporter la charge du tympan) ont été contruits et sculptés en 1110 et sont les deux parties les plus anciennes.

Le tympan est curieux : trois représentations dont la supérieure, centrale et plus grande nous montre une descente de la Croix. Jésus qui a accepté le don physique de son corps a le visage détendu et serein ...

La lune et le soleil au-dessus vont se voiler.

Et au pied de la croix la première représentation du chrisme (monogramme du Christ) en Béarn.

La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco

Les Atalantes du trumeau ont un bonnet côtelé, rappel de l'Ancien Testament. Ils sont enchaînés ... dans l'erreur !

La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco

Les voussures sont richement sculptées. Elles sont l'oeuvre de deux sculpteurs différents que l'on distingue par leur technique.

La première est d'un relief plus vigoureux, la physionomie des personnages est plus régulière. Elle représente la glorification du Christ (agneau pascal) par les vieillards de l'Apocalypse. Ils ont tous un instrument de musique et en courtisans chante ses louanges. (cf frise de l'article).

La deuxième représente une scène de préparation de repas. Le petit peuple se livre à son activité quotidienne sans se préoccuper du salut des âmes ... Est-ce l'interprétation d'un grand de l'église ? Et que mangerait-il si le petit peuple ne lui préparait pas ses repas ?

Sur les côtés un cheval piétine un personnage : triomphe de l'église sur les païens.

La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco

La cathédrale montre les deux moments principaux dans la sculpture en Béarn, d'abord sous l'influence des modèles du Languedoc et de l'Espagne, et en second lieu celle de la Saintonge.

Il est grand temps de se diriger vers Saintes alors !

La cathédrale Saint Marie d'Oloron, classée Unesco
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