Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:41

frise 11 03 24 042Au point de rendez-vous du matin Robert nous annonce "Le trou du Furet". Et mes réactions sont "Enfin, je vais savoir où ça se trouve, et participer à cette fameuse randonnée !" immédiatement suivi de "C'est une vraie légende, et il doit y avoir des difficultés souvent évoquées pour que ce nom me donne un pincement au coeur ... On va démystifier !"

Direction le Poêt Laval où nous nous arrêtons sous les grands chênes à côté du cimetière. L'ombre doit y être bien agréable l'été, mais pour le moment les arbres sont tout nus.

rd11 03 24 001

Robert nous fait prendre l'itinéraire à l'envers ! Il nous réserve toujours quelques surprises. Nous empruntons le chemin qui dessert les terrasses aménagées autour. Je devrais sûrement parler au passé car ces terrasses sont maintenant abandonnées aux petits chênes pubescents.

rd11 03 24 004

Seules les collines les plus proches du village devaient être cultivées en champs, et plus loin le terrain sûrement difficile à cultiver devait être réservé au paturage des animaux domestiques.

rd11 03 24 008

Il fait chaud à monter sous le soleil du matin, et nous devons enlever une couche de vêtement. Heureux sont ceux qui ont troqué les laines polaires contre des T-shirts, et les pantalons épais contre de plus légers, et en démonstration voici la pause-banane en plein soleil, avec en arrière fond la double crête que l'on aperçoit de loin lorsqu'on traverse la vallée vers Charols, au-dessus d'Eyzahut !

rd11 03 24 012On prend la direction de la Font Estrèche, pour remonter sur le plateau à l'est, par un chemin à l'ombre. C'est ici que nous trouvons tout un groupe d'hépatiques (famille des renonculacées) qui doivent leur nom à la forme de leur feuillage en lobes de foie.

Flore Drôme Hepatiques 

Le groupe s'étire en remontant !

 

rd11 03 24 018rd11 03 24 016

 

Nous passons un endroit où le chemin est tracé sur une vaste pierre calcaire, ça doit être délicat un jour de pluie ou de verglas, rien à craindre aujourd'hui.rd11 03 24 021et il est à peine midi lorsque nous nous regroupons sur des rochers dentelés.rd11 03 24 023L'impression est bizarre lorsqu'on aperçoit ces rochers, on dirait qu'il y en a deux lignes très distinctes. Et c'est vrai :

rd11 03 24 026

entre les deux une dépression profonde nous révèle le fameux trou du Furet. Avec ouverture juste au dessus d'Eyzahut. Impressionnant ! La falaise verticale doit avoir quelques centaines de mètres.

rd11 03 24 028

Ne nous bousculons pas pour la photo collective qui paraîtra dans un prochain Dauphiné, il y a assez de place pour le groupe, mais pas d'endroit pour poser l'appareil et prendre une photo en différé ! Alors, sans moi, et sans ceux qui sont loin devant, déjà entrain de manger !

rd11 03 24 030

Nous continuons un peu sur le plateau à l'est pour trouver un endroit abrité du vent. Léger mais présent. La vue vers le nord est superbe. Premier plan Eyzahut, troisième plan le massif des Trois Becs, le col de la Chaudière et le Grand Delmas. Tout au fond on aperçoit légèrement dans le creux du col le Grand Veymont ...

Mais quelles sont les anecdotes que j'ai entendues et qui m'avaient impressionnée ? Robert est venu ici plus souvent par mauvais temps et même par grand vent. Et alors les courants d'air sont tels qu'il est presque impossible de tenir debout au bord du plateau, il faut redescendre beaucoup plus bas pour être à l'abri. Il avait dû me parler de blizzard et de froid qui saisissait jusqu'au plus profond de la moelle !

Aujourd'hui Robert me raconte le troupeau de chamois acculé par des chiens sur une point rocheuse, juste au bord de la falaise. Les bêtes apeurées pleuraient presque. Il est allé chasser les chiens, et les chamois en toute confiance sont passés à côté de lui, comme reconnaissants de les avoir libérés d'une mort certaine !

Nous avons trouvé de petits emplacements pour le pique-nique entre les touffes de buis. Le soleil est ardent. Les plus curieux comme Fanny et Michel vont voir un peu plus loin.rd11 03 24 035Depuis la ligne de crête ils observent des chevaux, trois, quatre, six, dix, et même un jeune poulain qui tient à peine sur ses pattes !

rd11 03 24 040

Ils sont en semi-liberté sur ce grand plateau, où ils doivent passer une bonne partie de l'année. Des chevaux noirs à solides pattes et larges sabots, des plus grands à pattes fines, ce troupeau est assez composite.

rd11 03 24 051

Nous repartons parallèlement à la ligne de crêtes, en traversant les prairies sans sembler déranger les chevaux, jusqu'à un grand fayard où trois sages nous attendent tels des sphinx qui voudraient nous imposer la question ouvrant droit au passage !rd11 03 24 052C'est après ces messieurs, alors que le chemin est bordé de nombreuses hellébores fétides qu'il faut quitter ce chemin et prendre à droite pour redescendre vers Poët-Laval.

 flore Drôme Hellebore fétide

Un long grand chemin plein de pierres qui roulent sous les pieds. Attention, ça aide bien à tomber. J'aurai un bleu !

Longue descente un peu désagréable et sans charme particulier. La forêt cache le paysage. Merci Robert de ne pas nous avoir fait monter par là !

Et voici enfin que le vieux village fortifié se découpe dans le soleil.rd11 03 24 055

Nous en avons fait le tour, le château, forteresse des chevaliers hospitaliers qui s'étaient installés ici au 12ème siècle;

rd11 03 24 059rd11 03 24 060

l'église que les guerres de religion ont beaucoup endommagée ; la place du village que nous investissons,rd11 03 24 063 et les ruelles qui n'ont pas encore leur tenue d'été : dans quelques mois de nombreuses roses trémières borderont les rues qui conduisent au musée du Protestantisme (nous sommes en terre huguenote ici), au café-librairie à la galerie de peinture, ou aux boutiques d'artisanat.rd11 03 24 066 Ce village perché classé parmi les "plus beaux villages de France " attire de nombreux visiteurs, outre les randonneurs.

 

Ce soir j'ai le visage en feu. Je crois bien avoir attrapé un coup de soleil ! Un peu d'eau de neige va calmer cette brûlure.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 19:37

frise 11 03 22 031Le temps est magnifique, le soleil brille et nos yeux aussi lorsque Josette et Rachel nous disent que nous partons pour Lozeron et Gigors.

J'ai beau chercher dans les profondeurs de ma mémoire, je ne sais pas vraiment où est Lozeron. Sûrement au nord de Crest, pas très loin de Cobonne. De toute façon il suffit de suivre la file de voiture que nous formons. A Mirabel et Blacon il faut prendre jusqu'à Beaufort sur Gervanne et là, aller à gauche vers Lozeron.

Voilà, je ne pourrai plus dire que je ne connais pas ce village, et c'est bien !

Nous nous arrêtons entre la partie haute du village, et le hameau que nous avons laissé plus bas, etrd 11 03 22 002rd11 03 22 001

partons vers Gigors par le Serre du Bois. Ce flanc de la vallée de la Gervanne est merveilleusement exposé, il bénéficie d'un ensoleillement maximal. Le printemps est beaucoup plus avancé ici que dans la vallée du Rhône, et le merisier que nous croisons en est la preuve ! rd 11 03 22 004C'est une énorme touffe de fleurs alors que chez nous les cerisiers sont encore en boutons.

Le chemin est agréable et facile. Nous ne ferons pas de records aujourd'hui, mais qu'importe ! Des prairies, quelques bois et les falaises du Vercors à l'ouest rd 11 03 22 009et un large paysage à l'est, jusqu'au Gros Chêne, sa cabane et son puits.rd 11 03 22 011Nous devons emprunter un petit bout de route jusqu'à Gigors, traverser le villagerd 11 03 22 014 pour atteindre l'église Saint Pierre si belle dans son extrème simplicité.rd 11 03 22 016Construite au sommet d'une colline par le seigneur Bérenger et son fils Irpin, elle fit partie d'un prieuré relevant de l'abbaye de Cluny dès le 12ème siècle.

C'est un bel endroit pour la pause, et j'en profite pour faire le tour. Au sud le cimetière dont la fondation date du 11ème siècle et qui ne semble pas avoir d'occupant récent : il n'y a pas de tombe moderne décorée d'une pierre tarabiscotée découpée avec les moyens numériques, à l'est  trois absides semi-circulaires contrebutées par deux contreforts,rd 11 03 22 021(j'adore le vocabulaire de qui décrit l'architecture !),  au nord le clocher quadrangulaire datant du 15ème siècle,rd 11 03 22 022et lorsque je reviens à l'ouest tout le monde est prêt à repartir ! Je n'ai que le temps de ranger mon carnet de notes et sortir ma pomme pour la croquer en marchant vers les Vignes.

Après une grande ferme nous reprenons le chemin dans un bois de petits chênes où la chasse au lièvre est interdite. C'est plutôt sympathique cette interdiction ! Ca va bien avec les ruches qui se réveillent, rd 11 03 22 032toutes les violettes et les quelques pervenches qui fleurissent le long du chemin en proclamant le printemps, alors que les baies du gui nous rappellent encore les bouquets d'hiver !rd 11 03 22 037rd 11 03 22 038Retour à Lozeron juste à temps pour revenir à Montmeyran dans les délais de Marianne !

C'était une superbe randonnée pleine de soleil parfaite pour une bonne mise en jambes !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 08:50

La conservatrice de l'abbaye de Charroux nous avait conseillé de faire un tout petit détour pour aller voir le cimetière de Pers riche d'une lanterne des morts et de tombes mérovingiennes.

Et nous n'avons pas manqué de suivre son conseil !

Pers est un tout petit village, dont nous n'avons pas pris le temps de découvrir tous les charmes, mais il doit en avoir le long des sentiers de randonnées dont nous avons aperçu les fléchages.

Nous sommes allés directement à l'église, simple et fermée. Et l'avons contournée pour entrer dans le cimetière plein de soleil ce matin là.

C'est un petit cimetière, à l'échelle du village. Que la lanterne des morts plantée au milieu surveille depuis l'époque romane.rd11 03 118Carrée, posée sur une plateforme circulaire, elle a une petite porte en bas, une fenêtre au sommet sur chaque face, une jolie colonne à chapiteau à chaque angle et est recouverte d''une flèche. La lampe à huile était accrochée à la hauteur des fenêtres par une poulie qui permettait de la redescendre pour l'entretenir.

 

Quel était le rôle de cette lanterne construite au 12ème siècle ? Je préfère le rôle de fanal funéraire et du rite antique qui se perpétue dans le christianisme. Une haute flamme qui veille le passage à la lumière céleste ... Il y en a plein les cimetières d'Europe centrale de ces flammes funéraires encore aujourd'hui.

 

On en trouve quelques unes dans le Centre-Ouest de la France, ce qui fut le duché d'Aquitaine du 10ème siècle. De forme très diverses : une énorme à Sarlat, une immense à Saint Pierre d'Oléron, et cette petite si fine à Pers.

 

Elle veille donc sur l'ensemble des tombes, les contemporaines et les anciennes. Celles du 18ème siècle, curieuses avec leur pierre supportée par deux pieds bien au-dessus de la tombe où l'on peut lire les inscriptions "... Seigneur de Pers décédé le 15 avril 1787 ..." Quelques pierres triangulaires, ou arrondies plus simplement posées sur le sol y sont aussi depuis bien longtemps.rd11 03 120Mais les polygonales richement gravées posées sur un grand socle de pierre sont fabuleuses, enfin, mérovingiennes !

Mérovée, le grand père de Clovis, fondateur au 5ème siècle d'une dynastie qui disparut en 751 lors de l'élection de Pépin le Bref ... On plonge dans les racines lointaines et profondes de nos origines ! Presque tenues secrètes, on nous parle si peut de ce qui s'est passé entre la Gaulle romaine et le Moyen-Age.

Heureusement, on découvre régulièrement des tombes de cette époque depuis quelques années. Près de Mussidan à Saint Laurent des Hommes, en Dordogne en septembre 2010 ; à Jonzac en juillet 2009 ; dix ans avant à Chadenac en Charent Maritime ... Peut-être permettront-elles d'importantes découvertes sur cette époque !

rd11 03 121

Coup d'oeil général sur ce beau cimetière avant d'arriver à Melle où il y a, paraît-il, quelques bonnes raisons de s'arrêter !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Belles romanes et autres
commenter cet article
11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 08:02

Pas de sanctuaire pour honorer une Madone à Melle, mais  trois églises romanes dédiées à des saints que le service de tourisme présente sous le vocable de "Triade".

La plus ancienne, dédiée à Saint Savinien, personnage un peu obscur dont on ignore presque tout, est dans les murs de la cité. Elle est assez austère, peut-être encore plus parce qu'elle est encastrée entre une rue étroite, les vieux murs de la ville et un parking : difficile vue d'ensemble !Mais on peut admirer la surprenante tour et le portail sud.

rd11 03 128

Sa réaffectation après la Révolution lui a valu quelques mutilations, mais l'a sûrement sauvée : elle a été transformée en prison en 1801 et le resta jusqu'en 1927. C'est à partir de 1960 que des travaux de réhabilitation ont été entrepris. Elle est maintenant un lieu d'expositions temporaires. Il n'y en a pas en ce mois de mars. Et c'est bien, notre "curiosité romane" peut se concentrer sur la façade,

rd11 03 127

où une corniche à modillons et métopes représentant des animaux fabuleux, et même tout au bout à droite un couple nu très enlacé, s'encastre entre deux pilastres qui entourent la porte aux nombreuses voussures sculptées.

A l'intérieur les chapiteaux des deux rangées de colonnes qui supportent la charpente sont décorés de feuillages, d'animaux et de scènes de combats d'hommes contre des fauves.

rd11 03 130.Aurait-il fallu lui consacrer plus de temps ? Nous ne l'avons pas fait, attirés par le marché à l'ambiance très atlantique de la place des Halles. Huîtres, coquillages, crabes, poissons de l'Océan qui n'arrivent jamais en Drôme méritaient eux aussi une étape avant l'église suivante.

Après l'obscur Saint Savinien, c'est saint Pierre le dédicataire de notre nouvel arrêt. La place avec ses grands platanes et ses pelouses, les anciens cimetières (il a fallu ajouter après la loi de 1804 une partie pour accueillir les morts protestants au premier cimetière catholique) en contrebas font un bel espace autour de l'église Saint Pierre !rd11 03 131Des documents attestent la présence sur cet emplacement d'un prieuré bénédictin en 1132 dépendant de l'abbaye de Saint Maixent, elle même placée sous la protection du Saint Siège. L'église a été construite au 12ème siècle, en plusieurs phases.

Le chevet est purement roman : on dirait que les fenêtres en plein cintre, toutes différemment décorées, ont fait l'objet d'une joyeuse compétition entre les sculpteurs : pointes de diamant, dents de scie, rubans plissés, motifs végétaux, billettes et tores : tous les décors possibles semblent être ici !rd11 03 132

La porte sud est ouverte.La richesse de son décor n'a rien à envier à celui des fenêtres du chevet.rd11 03 137 Au-dessus de la corniche à modillons et métopes on distingue la silhouette d'un Christ en majesté, mais très abimé.

Les voussures du portail ainsi que les voûtes de la nef sont en arc brisé : la construction se fit en plusieurs étapes qui témoignent de l'évolution de l'architecture entre deux phases d'avancement du chantier.rd11 03 139

rd11 03 138

 

Finalement les crédits vinrent-ils à manquer car si quelques chapiteaux portent des scènes rares, comme une mise au tombeau et un "tireur d'épine" d'autres ne sont pas sculptés ..

 

L'apothéose officielle de l'art roman à Melle est l'église Saint Hilaire, construite à la fin du 11ème et au début du 12ème siècles sur le chemin des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

Elle s'élève sur le flanc d'une colline, et il faut descendre une volée de marches pour y entrer par le portail principal.

rd11 03 146et la façade grandiose. Un peu de temps pour nous adapter à la douce luminosité intérieure et nous découvrons des chapiteaux aux thèmes contrastés : d'un côté scènes de chasse, monstres et animaux s'opposent aux musiciens de l'autre rangée de  colonnes.

rd11 03 150 La partie interne du portail sud est surprenante, très décorée d'une foule nombreuse de saints entourant le Christ. Tous les animaux célestes et ceux de l'ombre du 12ème siècle sont à leurs pieds.rd11 03 151Au portail nord nous repassons dehors pour voir le cavalier qui chevauche au-dessus de la porte.

rd11 03 157Il parait que c'est un élément classique du décor des églises de Poitou et de Saintonge. Qui représente-t'il ? L'empereur romain Constantin foulant le paganisme, le seigneur protecteur de Melle et de sa population, ou une allégorie des deux ?

Nous finissons notre tour par le chevet. Saisissant de rondeurs et d'harmonie ! Les chapelles rayonnantes, la régularité des toits soutenus par des centaines de modillons, les fenêtres décorées ! Et les couleurs, celle des tuiles et celles de la belle pierre calcaire régionale, matériau idéal pour tant d'artisans et d'artistes qui ont pu la façonner en exprimant leur art, leurs croyances et leur foi.

rd11 03 159

Les pèlerins arrivaient par la rivière Béronne qui coule entre l'église et la pelouse pleine de tulipes. Ils devaient passer le gué juste à droite qui allait leur permettre d'entrer dans l'église par la porte nord. Sous la protection du seigneur de Melle eux aussi ?

Ça avait plus d'allure que de passer par le haut comme nous y oblige le parking maintenant !

 

Avant dernier mot : cette église est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Beaucoup d'images sur le lien.

 

Dernier mot : A quelques kilomètres l'église d'Aulnay de Saintonge assez différente, est aussi une des merveilles de l'art roman régional. Je l'ai  visitée en 2004, malheureusement avant ma découverte de la photo numérique, et l'invention du blog ... Il nous faudra faire encore beaucoup de voyages dans cette région où j'ai passé mes jeunes années.  Je n'ai pas su alors en voir les richesses que je jugeais banales !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Belles romanes et autres
commenter cet article
10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 15:02

Tout droit vers l'ouest ; nous nous arrêtons lorsque nous apercevons un beau clocher ou une image qui nous intrigue. Et le panneau à l'entrée de Charroux représente une drôle de tour perchée en haut de longs piliers. Ça ressemble plus à une réserve d'eau de chemin de fer de western qu'à importe quoi d'autre ....

rd11 03 085

Nous arrivons dans un bourg dont les halles du 16ème siècle et la proche maison de la même époque sont des témoignages d'une importante activité artisanale et commerciale passée.

rd11 03 107

Vue de plus près, la tour n'a pas du tout l'allure d'un château d'eau. De plus en plus étrange ! Nous acquittons le droit d'entrer et avons la chance de faire une visite commentée par une dame passionnée qui nous conte l'histoire de l'abbaye bénédictine de Charroux. Grandeur et décadence ...

Charroux-abbaye-1822.jpgFondée en 783 sous la protection de Charlemagne l'abbaye possède de précieuses reliques qui attirent de nombreux pèlerins. Deux siècles plus tard c'est une des plus puissantes abbayes bénédictines. Son influence est telle que s'y tient en 989 un concile à l'origine du mouvement spirituel de la "Paix de Dieu" qui établit un redressement social par l'Eglise alors que les papes entreprennent des campagnes de réformes. Trois autres conciles s'y sont tenus au cours des 10ème et 11ème siècles, dont les archives semblent avoir disparu.

Durant la guerre de Cent Ans, puis la gestion désastreuse des abbés commendataires et enfin les guerres de Religion les pillages et les destructions ont ruiné l'abbaye qui fut vendue comme bien national en 1790.

Elle devient carrière de pierres et disparaît petit à petit . Seule la "tour lanterne" (à la croisée de ce qui fut le transept) achetée en sous main par l'abbé a été conservée. Les voisins en demandent la destruction car ils craignent qu'elle ne s'effondre sur le bistrot qu'est devenu l'ancien bras gauche du sanctuaire (partie inférieure du plan) ...

Heureusement en 1846 Prosper Mérimée en tournée d'inventaire national passe par là. Il est appelé, classe la tour et en interdit la démolition. Elle devient monument national. Voici le plan de ce que fut l'abbaye.Charroux-abbaye.jpg

Il reste de la vaste église qui remplace en 1096 la première construction, devenue trop modeste pour recevoir tous les pèlerins qui viennent s'y recueillir, les fondations de quelques uns de piliers qui formaient  un triple déambulatoire autour du maître autel placé au centre de la rotonde qui s'élève encore.

Les chapiteaux romans des piliers sont décorés de feuillages et d'animaux ;

rd11 03 082les deux premiers niveaux d'arcades se trouvaient à l'intérieur de l'église ;

rd11 03 086alors que le sommet dominait la toiture ; la lumière entrait par les hautes fenêtres pour éclairer l'autel. Un clocher a-t'il disparu ?rd11 03 108L'ancien cloître a réussi à mieux traverser les siècles. Sa partie ouest n'appartenant pas aux Monuments Nationaux nous n'y avons pas accès, mais il nous reste toute l'aile est. La salle capitulaire gothique (reconstruite à la fin du 15ème) est vaste, nombreux devaient être les moines qui y siégeaient (n°4 sur le plan).

rd11 03 096

Elle est maintenant la salle où sont déposées les statues du triple portail gothique ajouté au 13ème siècle qui ressortent au hasard des découvertes : les Monuments Nationaux rachètent les bâtiments qui ont été aménagés à l'emplacement de l'ancienne nef et du portail ce qui vaut d'heureuses découvertes ; par exemple lorsqu'une pierre lisse est retournée et que sa face cachée se révèle être une statue !

Nous étions les deux seuls visiteurs en ce jour de fin d'hiver et avons pu tout à loisir admirer la beauté des visages et des vêtements des saints, des rois, des madones ainsi sauvés de l'oubli !rd11 03 089ard11 03 089b

 

Aux religieux portant la mitre et au roi à la fine barbe je préfère vous montrer l'ange dont on devine le sourire si doux malgré sa blessure. Remarquez le pli de son corsage et sa chevelure ! Ce sont les sculpteurs de la Sainte Chapelle de Paris qui ont travaillé à Charroux ...

rd11 03 091La salle 5 est la salle du "trésor". Le reliquaire aux anges est le plus beau.rd11 03 095La notice le décrit ainsi : "Boite carrée en argent doré, portée par un pied. Sur le revers des volets sont représentés le Christ et deux moines en prière. Au dos se trouvent des fleurs de lys et des petits châteaux : il s'agit peut-être de l'emblème de Blanche de Castille ..."

Il y a aussi quelques éléments sculptés, parties de l'ancien cloître roman, des chapiteaux du 9ème siècle, de l'église carolingienne et d'autres éléments de voussures parmi lesquels quelques vierges folles et vierges sages. Vierges folles ? Contrairement aux sages elles vont tête nue, renverse les vases qu'elles portent et n'ont pas la tenue modeste nécessaire ...

rd11 03 101Folle, oui ! Mais que le sourire de celle-ci est envoûtant, et c'est avec elle que je termine mon évocation de ce lieu de mémoire si étrange ....

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Belles romanes et autres
commenter cet article
7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:12

Lundi matin 7 mars, entièrement libre ; il nous faut simplement être à l'hotel à 13h30 pour repartir en bus à Biarritz. Nous allons en profiter pour jeter un coup d'oeil à des aspects un peu moins culturels de la capitale du Pays Basque !

Nous avons soigneusement préparé cette matinée, Michèle, Alain, Camille et moi ; choisi avec l'approbation de Luis Mariano la plage dont nous allons prendre l'air,  rive droite, à gauche c'est le port très industriel ; puis nous reviendrons dans le quartier des Siete Calles pour quelques achats et déjeuner de pintxos. Les pintxos (prononcer pintchos) sont au Pays Basque ce que sont les tapas au reste de l'Espagne, en encore mieux !rd 11 03 Bilbao 265

Le soleil n'est pas très haut dans le ciel alors que nous partons prendre le métro à la station Abando, Plaza Circular. Pas dans Isozaki Atea, où le grand M entouré d'un double cercle de néon bleu ne désigne pas le métro, mais une boite de nuit du nom de Metropolitan ! OK, c'est noté j'ai perdu mon pari ... Nous passons la ria (eh oui ! nous améliorons notre vocabulaire un peu chaque jour) qui frissonne à peine. Marée montante ou descendante ?rd 11 03 Bilbao 267 Depuis que nous sommes là je n'ai pas su la distinguer ... et pourtant les quais sont bien marqués par les différences de niveau.

Prendre le métro très automatisé n'est pas tout à fait simple, le personnel derrière des guichets n'est pas là pour aider les voyageurs ... Nous arrivons à prendre des billets simples alors qu'Alain et Michèle ont réussi à prendre des aller-retour : ils sont meilleurs que nous ...Alice aurait dû se joindre à eux plutôt qu'à nous !

Dès que le métro a franchi les limites de la ville il devient aérien. Nous traversons un no-man-land, friche industrielle comme il y en a dans toutes les villes qui ont perdu une bonne partie de leurs industries, puis traversons une succession de villes jusqu'à Getxo.

Tout le quartier de la station Algorta est en chantier : espaces verts, piétonniers, cloisons de verre, escalators : tout est fait pour le confort des passants.rd 11 03 Bilbao 274Nous avons facilement trouvé l'accès à la plage Ereaga encore endormie à nos pieds. Soleil et air vif ! C'est sûrement ce que cherchent les propriétaires des villas qui longent la rue en corniche.rd 11 03 Bilbao 271

rd 11 03 Bilbao 275

A notre gauche le port de plaisance, en face de nous, sur l'autre rive le port industriel. Est-ce ça qui ne m'a pas donné envie d'aller me tremper les pieds dans l'eau de l'estuaire du Nervion ? Ou la fraîcheur de l'estran ?rd P1060161 modifié-1 Peut-être tout simplement le temps un peu compté, celui de regarder autour de nous,  celui de prendre quelques photos avant de repartir mais pas celui de passer par un port, le vieux au nord, ou de plaisance au sud ! Mais quand m^eme celui de regarder ce grand voilier qui sort de la ria, toutes voiles baissées, mais ne tarde pas à les hisser.

Magnifique ! Il est escorté d'une flotille de petits bateaux, et il y a aussi quelques aéroplanes et helicoptères au dessus ! Impressionnant. C'est l'hôtesse de l'office de tourisme qui nous dit quelle est cette goelette : le  "Juan Sebastian Elcano", le bateau-école de la marine royale espagnole.

rd P1060165Merci Michèle pour ta belle photo !

En revenant nous avons eu le temps de regarder le plan de Getxo pris au bureau de tourisme de la plage. Il y a un monument classé au patrimoine universel de l'Unesco à l'embouchure du Nervion, un pont transbordeur du plus style de construction industrielle métallique de la fin du 19ème siècle ... rd-03-pont-transbordeur.jpgPas trop de regrets, on ne peut pas tout faire en si peu de temps.

Et ce qui nous en a pris plus que de raison, c'est de sortir du métro à la station Casco Viejo ! L'automate refusaut de nous laissait passer lorsque nous lui donnions notre "titre de transport" (nous là, c'était Alice, Camille et moi). Michèle et Alain sont allés chercher quelqu'un pour nous délivrer ... il s'est avéré que nous avions pris un billet pour une distance A-A alors qu'il aurait fallu prendre A-B ! C'est du moins ce qu'il nous a semblé. Mais nous ne comprenions pas ce  que la jeune femme qui nous "tançait" nous disait vraiment. Je crois que nous sommes passés pour des resquilleurs ! Après les problèmes de queue d'hier (pas nous, pas nous cette fois-ci) nous n'avons pas arrangé le réputation des Français à Bilbao au cours de ce séjour ! Enfin nous sommes sortis, sans être sanctionnés.

 

Un coup d'oeil un peu plus appuyé que celui de samedi à la Cathédrale Santiago s'imposait. Architecture gothique basque de pierre blonde avec un beau cloître, le seul de style gothqiue du Pays Basque.rd 11 03 Bilbao 303Ouvertures trilobées, arcs brisés et clocher néo-gothique encadrent le jardin  plantés d'orangers. Ne sont-ils pas les arbres de la tentation ?rd 11 03 Bilbao 305 rd 11 03 Bilbao 306rd 11 03 Bilbao 308Nous n'avons pas su retrouver les magasins d'alimentation vus samedi, avons essayé d'aller jusqu'au Mercado de la Ribera, dont le petit futé conseillait la visite ...

Il ne reste plus assez de temps ! Alors nous avons consacré toutes les précieuses minutes qui nous restaient à l'étude des pintxos que nous avions choisis, Alain et moi : dans une assiette  sur une tranche de pain,

tortilla à la bacalau, et tortilla aux champignons et à l'ail : parfaitement relevé, un délice ! et sur l'autre c'est une tranche de courgette frite avec du poisson, alors que la tranche d'aubergine reposait sur un lit de pâté de foie et était rehaussée d'un peu de ce délicieux jambon serrano ... Je me suis acquitté de mes dettes avec un verre de Rioja blanc pour tout le monde. A 1.20 €uro par verre, sachant que la bouteille avait été répartie dans nos cinq verres, je m'en suis tirée à très bon compte ! Il nous faudra aller faire un tour dans la  région viticole du Rioja lorsque nous reviendrons. Ce très bon vin qui peut soutenir la comparaison avec ceux de la vallée du Rhône n'a pas dû atteindre leurs niveaux de prix.

 

Il est presque midi et demi lorsque nous quittons le tout petit bar où nous nous sommes régalés. Nous nous accordons le temps de jeter encore un coup d'oeil autour de nous : les immeubles de style miradores sous le soleil c'est intéressant, car si ces vérandas protègent du froid de l'hiver elles protègent aussi de la chaleur de l'été qui arrive à gagner même ces rues construites pour l'en chasser.rd 11 03 Bilbao 319 rd 11 03 Bilbao 320Oh, cette vitrine pleine de vêtements traditionnels pour enfants !rd 11 03 Bilbao 311Carnaval, sensibilté basque ou folklore ou tout ça à la fois ?

 

Parfait, nous arrivons juste à temps pour confier nos bagages au chauffeur, et monter dans l'autobus.

Nous quittons Bilbao en suivant le Paseo Campo Volantin où nous pouvons admirer encore une fois avec quelle fierté la ville intègre son passé sidérurgique à son image du 21ème siècle, statuaire, architecture. Quelle façon de rebondir en gardant tout ce passé qui fit la richesse de Bilbao !

 

Les photos des pintxos et "nous cinq à la plage" sont également de Michèle Malliet que je remercie.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Voyages musicaux
commenter cet article
6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 22:17

frise 06 11 03 Bilbao 210

Dimanche 6, encore une journée marathon !

Causerie de Philippe Andriot plus détendue que celle d'hier !

En raison de la présence de son épouse, la pianiste catalane Teresa Llacuna dont il nous dit que c'est "la dame qui intervient si souvent dans son intervention"  ? Nous la rencontrons régulièrement au festival, mais c'est la première fois qu'elle participe à un voyage. Henry a pensé qu'il pourrait lui prouver l'indispensable place de Philippe dans les voyages ! Ils ont rencontré hier soir Michel Corboz après la Grand Messe en ut mineur KV427. Il n'était qu'à moitié content car il avait fallu changer les rôles des sopranos (soprani ?) de façon imprévue et ça l'avait plongé dans l'angoisse. Ah, c'était donc ça la nervosité des solistes ? Le résultat a été prodigieux : elles ont formé un duo merveilleux !

Ou parce qu'Henry Fuoc nous avait distribué "des devoirs" en début du séjour : une feuille de présentation de "Thamos, roi d'Egypte" que nous allons entendre ce soir. C'est ainsi que nous avons eu une introduction à l'introduction du matin ! rd 11 03 Bilbao 178

Thamos, premier grand contact de Wolfgang Amadeus Mozart avec la franc-maçonnerie, (bien avant qu'il en fasse partie) est une oeuvre composée en 1773 (KV345) qui eut du mal à trouver son public. Aussi est-ce une nouvelle version qu'i fut présentée à Salzbourg en 1779. Mais en 1783 Wolfgang écrivit à son père "je suis vraiment désolé de ne pouvoir utiliser la musique de Thamos ! Comme elle n'a pas plu, cette pièce est ici mise au rancart des oeuvres qu'on ne reprendra pas. Il faudrait la représenter uniquement pour la musique et ce sera difficile ... Ce qui est bien dommage."

... Et ce n'est que dans le courant du 20ème siècle que cette oeuvre fut redécouverte et qu'on apprécia sa grande qualité !

 

Eh bien, nous verrons bien ce soir !

Pour le moment nous avons rendez-vous à l'entrée du musée Guffenheim, celle devant la ria du Nervion, où nous arrivons en passant aux pieds de l'Araignée.rd 11 03 Bilbao 183Les écailles de titane aux couleurs changeantes évoquent les poissons, alors que les formes complexes du bâtiment représentent un bateau : hommage au fleuve qui fut à l'origine de la ville, et à l'activité traditionnelle de Bilbao.C'est en passant entre les pattes de l'araignée de  Louise Bourgeois que nous retrouvons Luis Mariano. Et ne tardons pas à voir que déjà nous sommes entourés d'art contemporain.rd 11 03 Bilbao 184"Maman", l'araignée, réfèrence autobiographique de Louise Bourgeois : "parce que ma meilleure amie était ma mère et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable qu'une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même" ... Ah ! il faut donc chercher bien au-delà de l'apparence, pas toujours facile !rd 11 03 Bilbao 189Léger mouvement de la tête, la perspective change,  voici qu'un nuage de brume s'étend sur le bassin. Autour de la sculpture de brume de Fujiko Nakaya, éphémère et changeante j'entends "art conceptuel", " landart". J'écoute, je note et je regarde ces oeuvres qui me surprennent.

rd 11 03 Bilbao 188Un peu plus à droite voici le "Grand arbre et l'Oeil" d'Anish Kapoor. Les boules de cette tour sont des sphères qui reflètent tout ce qui les entourent. Dommage que nous ne soyons pas allé voir de plus près ces droles de miroirs ! rd 11 03 Bilbao 190Encore dehors, mais sur une terrasse à laquelle on accède depuis l'intérieur, les "Tulipes" de Jeff Koons qui ne sont pas tout à fait des ballons gonflés ...rd 11 03 Bilbao 191Les fontaines de feu d' Yves Klein sont au repos, le soleil éclaire l'arche de Buren, l'étang et l'araignée.rd 11 03 Bilbao 192Et nous gagnons la galerie Arcelor rebaptisée la "grande nef" par Richard Serra, l'artiste californien qui allait installer ici ses oeuvres. Gigantesques ! la salle, les oeuvres, le concept et les moyens de concrétiser !

rd 11 03 Bilbao 205Ces oeuvres qui semblent presque frêles et graciles du balcon du deuxième étage sont d'énormes tôles d'acier autopatinable, simplement posées sur le sol de la salle, en parfait équilibre. Que les visiteurs semblent petits entre ces figures, ou autour ! On peut entrer entre les différentes feuilles du "serpent", au coeur du "Labyrinthe" ou dans les "chaudrons". Le travail de presse, de cintrage et de courbure a été réalisé en Allemagne, et je serais curieuse de voir l'atelier où ça s'est passé, après avoir bien connu un atelier où l'on se vantait d'avoir une rouleuse exceptionnelle !

Une fois l'entrée passée, il est interdit de faire des photos et les gardiens sont nombreux. Alors je n'ai plus d'oeuvres à

 

rd 11 03 Bilbao 209,rd 11 03 Bilbao 211

 

présenter, trop difficile de prendre des tableaux en catimini. je n'ai que quelques clichés de l'atrium. Ce batiment se suffit par lui-même et il est difficie pour certaines oeuvres d'exister ici. Pas étonnant que beaucoup trouvent que le bâtiment écrase les oeuvres ...

rd 11 03 Bilbao 212

Beaucoup de verre, de pierre calcaire ocre, d'acier, de béton ciré, de bois. Et tant de courbes, d'espace, de lumière !

La collection permanente occupe le premier niveau. Nous sommes passés très vite devant Andy Warhol et le Pop'Art, moins vite devant l'ensemble des "Neuf discours sur Commode" de Cy Twombly et "l'installation pour Bilbao" de Jenny Holzer qui ressemble beaucoup à ... non, je ne dis pas à quoi, ce serait une bêtise ! J'ai de plus en plus besoin de parler de tout ça avec mon amie Françoise qui m'expliquera et me donnera des clefs.

Au deuxième niveau une horrible expo de photos et de vidéos nous parle surtout d'enfance maltraitée. Est-ce de l'art ? Cette exposition a-t'elle sa place dans un musée ? Anne me dit que ça doit aider des gens à considérer qu'on peut parler du problème de l'enfance maltraitée et des traumatismes qui sont induits ... Et un peu plus tard Françoise me dira qu'on peut tout exprimer par l'art, du bonheur à la plus profonde horreur.

Et c'est ce qui est illustré au troisième niveau avec l'exposition "Chaos et classissisme : l'art en France, Italie, Allemagne et Espagne 1918-1936". "De l'idée mythique et poétique de l'avant-garde parisienne au concept politique et historique d'un Empire Romain renouvelé, tel que l'imagine Mussolini .... à l'effrayante esthétique de la naissante culture nazi."

Nous découvrons des oeuvres de Picasso, Fernand Léger, Balthus, Cocteau, Matisse, Maillol, Clarà, Gargallo et encore beaucoup de peintres espagnols ; des costumes de scène et divers objets de décoration.

Mais quelle ne fut pas ma surprise en revenant dans l'après-midi, à l'heure du déjeuner basque, de découvrir trois bustes bien différents de Mussolini et surtout le triptyque qui ornait la cheminée du salon du quartier général d'Hitler : les quatre éléments personnifiés par d'altières aryennes d'Adolf Ziegler ! Alors là, c'est un point dans l'estomac, pour plusieurs raisons bien diverses !

Donc je n'avais pas tout vu en fin de matinée, d'autant que j'avais perdu mon groupe, heureusement retrouvé le second, alors qu'il était temps d'aller déjeuner. Ca se bouscule encore le déjeuner à midi et le premier concert à 13h45.

rd 11 03 Bilbao 228

Le restaurant Larruz est au pied des tours jumelles où le soleil joue : reflets et éclats de soleil sur les façades de verre. Ca doit éclairer naturellement la façade dans l'ombre.

Nous avons encore délicieusement déjeuné. Voici une salade d'aspèrges vertes, champignons, petits poulpes et calamars, puis du riz aux poissons et du riz au canard confit et cèpes.

 

rd 11 03 Bilbao 233rd 11 03 Bilbao 230

Dommage que le temps passe si vite et qu'il est temps d'aller prendre place dans la queue, alors que le dessert n'est pas arrivé ! Nous partons quelques volontaires tout de suite. Le tram ne passera que dans 10 minutes. Il faut filer à pied, sans le temps de reprendre souffle, juste une photo sur la façade sud du musée Guggenheim et de la fleur de l'atrium ...rd 11 03 Bilbao 235... Et voici que le tram nous passe sous le nez avec tous nos compagnons dedans. Ils arriveront finalement avant nous pour prendre rang dans la queue. Et c'est nous qui devrons leur dire merci !

 

13h45, Salle Süssmayr, Jean Claude Pennetier et Christian Ivaldi au piano interpètent de Mozart la Sonate à quatre main en ré majeur KV381, l'Andante et 5 variations pour piano à quatre mains en sol majeur KV501, la Fantaisie pour orgue mécanique KV608 et la Sonate pour piano à quatre mains en do majeur KV521.

 

Après que nous soyons allés prendre un expresso au bar du musée Guggenheimrd 11 03 Bilbao 244

 

et que je me sois perdue au troisième niveau dans l'exposition "Chaos et classissisme" à 17h, salle da Ponte nous avons eu le plaisir d'entendre un ami de notre festival, Gérard Caussé, à l'alto, Jose Luis Estrelles à la clarinette, et Igor Tchetuev au piano dans la Fantaisie pour piano en do mineur KV475, la Sonate pour piano n° 14 en do mineur KV457 et le Trio pour piano, clarinette et alto "Kegelstatt" en mi bémol majeur KV498 " de Mozart.

 

Nous avons juste le temps de faire la queue pour entendre à 19h30, salle Salieri, Peter Schöne baryton basse, la Sociedad Coral de Bilbao, et Das Neue Orchester dirigé par Christoph Spering dans "Thamos, roi d'Egypte" pour choeur et orchestre en la majeur KV345. rd 11 03 Bilbao 248

Un vrai feu d'artifice ! C'était éblouissant. Camille et moi décidons de finir notre festival avec cette oeuvre et ces interprètes. Trop dur de revenir à des sonates après la force et la passion de Thamos !

Et après quelques minutes nous nous sommes retrouvés deux tables à avoir pensé que Thamos avait l'éclat d'un grand final ! Et dans une ambiance de détente et de liberté comme après un examen passé avec succès !

 

rd 11 03 Bilbao 252rd 11 03 Bilbao 251

 

Même Teresa et Philippe ont séché le dernier concert. Nous sommes tous un peu fous ce soir. Voici, l'effet Thamos !rd 11 03 Bilbao 254

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans qui sommes-nous
commenter cet article
5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 21:37

Frise 11 03 05bLe programme de la journée du samedi 5 pouvait sembler léger, comme ça, sans qu'on y regarde de bien près. Mais ce ne fut pas du tout le cas !

La causerie de Philippe Andriot a commencé un peu plus tard que les 8h15 notées, mais il eut beaucoup à dire entre la prise de défense de Jean Claude Pelletier, pianiste d'hier soir qui sort d'une longue maladie et la présentation des cinq concerts d'aujourd'hui au cours desquels nous entendrons d'excellents pianistes, des ensembles à découvrir et pour clôturer la journée la Grand Messe en ut mineur KV427 dirigée par Michel Corboz, maître de "la vieille école" dont l'interprétation est toujours très émouvante.

rd 11 03 Bilbao 124 rd 11 03 Bilbao 123

Les échanges sont courtois mais fermes car sont réunis au cours de ce voyage et autour de notre musicologue quelques auditeurs très avertis dont les avis diffèrent parfois. Chacun sa sensibilité ! Et il y a les autres, beaucoup moins techniques, qui ne disent rien, écoutent ces échanges et les informations, prennent des notes, qui sont là pour le plaisir d'entendre de la belle musique. Je suis de ceux-là ! Donc toujours pas de technique dans mes récits, que du ressenti ! Mais parfois le plaisir n'est pas tout à fait au rendez-vous, sans en savoir la raison ...

 

A10h nous avons rendez-vous au Musée des Beaux Arts avec nos guides. Un car pour y aller ? pas sûr, alors courageusement nous partons dans le matin encore un peu frais. Le ciel est merveilleusement bleu au-dessus des tours jumelles d'Isozaki Atea, derrières les haubans de la passerelle Zubizuri de l'architecte Santiago Calatrava !rd 11 03 Bilbao 126La passerelle blanche que son concepteur aurait voulu transparente ... Mais c'était sans compter sur l'humidité ambiante (pas si rare parait-il) de Bilbao qui rendait les carreaux de verre du sol terriblement glissants et provoquait des chutes. Même celle de monsieur le Maire qui a été tout bleu pendant quelques jours (je crois avoir compris qu'il y eut quelques plaisanteries fines relatives aux très célèbres culs noirs basques ...) Y aurait-il vraiment eu des menaces de procès du maire contre l'architecte en raison de ces insultes, puis de l'architecte contre le maire en raison du préjudice porté à son prestige ? L'affaire a trouvé une issue : des tapis synthétiques anti-dérapants mais opaques couvrent une bonne partie de la largeur de la passerelle maintenant sécurisée ! Et les habitants ont trouvé un nouveau sujet de plaisanterie !

Au bout de la passerelle il y aura bientôt un ascenseur qui permettra d'arriver sans escalader quelques volées de marches au-dessus de la rue de los Ingleses, mais l'indispensable regard sur le musée Guggenheim et l'arche rouge de Buren sera-t'il aussi intéressant ?rd 11 03 Bilbao 129Encore quelques pas et nous voici enfin en présence du dernier symbole de la ville : le chien Puppy de Jeff Koons encore dans l'ombre du matin. Qu'il est grand, ce chiot ! Et tout en fleurs ! J'avais pensé un peu vite que les oeuvres de cet artiste étaient essentiellement des ballons gonflés ... rd 11 03 Bilbao 134Devant nous la tour Iberdrola de l'architecte Cesar Pelli sera la plus haute de la ville. Avec ses quarante et un étages elle a reçu le surnom de "tour d'Ali Baba". Elle doit être terminée dans quelques jours ou semaines.rd 11 03 Bilbao 135Voici enfin ce musée des Beaux Arts avec sa muse. L'originale qui a retrouvé sa place après la chute de Franco.rd 11 03 Bilbao 138Son "indécence" et les risques qu'elle représentait pour la jeunesse (!) lui ont valu d'être rhabillée pendant les années de plomb du franquiste. Cette muse décente gratte la lyre appuyée sur sa toge au centre d'un bassin de la rue Uribitarte non loin du Nervion.

 

Une jeune femme nous a fait faire un tour rapide, trop rapide, du musée. La qualité de sa collection le met au troisième rang des musées espagnols. Elle rassemble des oeuvres du 12ème siècle à aujourd'hui. Et elle est fastueuse !

Attention, les photos sont interdites ! Mais je ne peux m'empêcher de montrer deux oeuvres parmi les plus anciennes :

 

 rd 11 03 05 Bilbao 2b rd 11 03 05 Bilbao b

 

Le Christ en Majesté sur la croix, (fin du 12ème siècle) image insolite, non ?

Sans couronne d'épines, sans grande souffrance, en tunique syrienne ... Ce serait le plus ancien crucifix connu.

L'Arche de Noë (dernier tiers du 13ème siècle) où le patriarche avec son épouse, ses fils, et leurs femmes regardent la colombe porteuse d'une branche d'olivier, signe de la fin du déluge. Ces deux oeuvres proviennent de la région catalane si riche en oeuvres romanes.

Les salles défilent, les plus célèbres maîtres sont représentés, et le fonds de tableaux espagnols est éblouissant : El Greco, Pedro Orrente, Murillo, Zurbaran, Goya. Et beaucoup d'autres, moins connus mais il va falloir que je me rattrape !

Notre guide a gardé pour la fin les salles d'art moderne et contemporain espagnol et basque. Et si Antoni Tapies,  Eduardo Chillida, Antonio Saura ne me sont pas tout à fait inconnus, d'autres sont vraiment nouveaux : Julian de Tellaeche, Antonio de Guezala, Ramiro Arrue, ... Celso Lagar, dont voici le port de Bilbao, et tant d'autres que je vais devoir garder dans un recoin de ma mémoire pour la prochaine rencontre !

rd 11 03 05 Bilbao 1Le temps presse, il nous faut rejoindre le restaurant Abaroa voisin avant d'aller faire la queue pour notre premier concert de 13h45. Et c'est un peu dommage de compter son temps devant des assiettes aussi savoureuses que celles qui nous ont été servies. C'était absolument délicieux, et un peu copieux. Ne va-t'on pas faire un brin de sieste cet après-midi ? Pour digérer nous allons à pied au travers du Parque de Dona Casilda Iturrizar.

rd 11 03 Bilbao 141 rd 11 03 Bilbao 140

 

13h45, Salle Süssmayr nous n'étions que dix du groupe à écouter Deszö Ranki, "le pianiste hongrois des années 60" dans la Sonate pour piano n°5 en sol majeur KV283, la Fantaisie pour piano en do mineur KV475 et la Sonate pour piano n°14 en do mineur KV457 de Mozart (alors que les autres assistaient au concert d'Abdel Raman El Bacha et du Sinfonia Varsovia toujours dirigé par Georges Tchitchinadze). Si la critique qualifie le jeu de Deszö Ranki de "percussif", c'est un qualificatif beaucoup plus fort que lui a attribué Philippe Andriot en se levant avec colère de son siège ! C'est rare de voir Philippe dans cet état ! Absolument furieux, il trouve incroyable qu'un artiste si loin de la sensibilité mozartienne accepte d'interpréter ses oeuvres en public !

 

Nous avons un long moment à attendre avant le prochain concert qui n'est qu'à 17 heures. Dommage qu'Art et Vie, l'organisateur de notre séjour ne se soit pas rendu compte que l'heure du déjeuner est plutôt vers 15h en Espagne, nous aurions mieux profité de nos journées !

 

Positivons : je vais profiter de ce long intermède pour dire que le festival "Musika-Mùsica" de Bilbao est la version basque de " La folle journée de Nantes" dont le succès est tel qu'elle dure maintenant cinq jours. Succès si reconnu dans le monde que la formule est exportée au Japon, au Brésil et en Espagne ! Un espace comprenant plusieurs auditoriums va accueillir un grand nombre (66 ici) de concerts souvent courts. La règle est que le prix doit permettre à un public nouveau de découvrir des oeuvres et des musiciens. En suivant un peu les programmes de plusieurs années, on voit que des artistes universellement connus reviennent régulièrement jouer dans ce festival, à Nantes, et ailleurs. René Martin a dû vendre sa formule magique presque clef en main ! Et il semble s'assurer de son bon fonctionnement puisque Henry et Anne viennent de le rencontrer ici.

 

Nous sommes allés nous promener un peu dans le quartier en attendant le moment de refaire la queue. Dans le parc voisin d'étranges insectes se reposent.

rd 11 03 Bilbao 149 rd 11 03 Bilbao 146

Leurs dresseurs vont bientôt revenir pour vérifier les attaches, les goupilles, les rotules et les chevilles et les mener en pédalant au ralliement de 18h30 du Carnaval vers le théâtre Arriaga. Nous ne les verrons donc pas et c'est tellement dommage de devoir tout le temps choisir entre deux envies ! Pour le moment c'est un expresso que nous voulons. Et ce samedi après-midi il y a bien peu de cafés ouverts. Toute l'activité commerciale semble suspendue. Les habitudes ont l'air différentes des nôtres. En contrepartie les magasins sont ouverts tout le lundi.

Nous trouvons un petit café de quartier en face de la station de métro San Mamés, voici qui nous permet d'aller voir de près une bouche de métro dessinée par Norman Forster. Bilbao après Guggenheim me donne l'impression d'un grand lieu de recherche , d'un laboratoire d'architecture tout comme l'est  Berlin depuis la réunification des deux Allemagne.rd 11 03 Bilbao 157Passage aux pieds la statue du Sacré Coeur qui a été récemment nettoyée. Il parait que les gens de Bilbao se sont enfin rendu compte que Jésus attend avec le sourire les pigeons ! Peut-être que c'est d'avoir été débarrassé de la crasse qui le recouvrait depuis qu'il occupait le centre de ce carrefour (1927) qui le sourire lui est venu ?rd 11 03 Bilbao 15216h. Il nous faut aller prendre rang dans la queue, c'est mieux que de passer devant les gens avec l'aide de nos amis. D'ailleurs certains ne nous laissent pas faire. C'est plus facile de garder des places une fois entrés, tout le monde le fait !

 

17h. Salle Süssmayr, José Luis Estrellés à la clarinette et le Quatuor Modigliani interprètent le Quatuor n°6 en si bémol majeur KV159 et le Quintette pour clarinette en la majeur "Stadler" KV581de Mozart.

C'est magnifique ! et des espoirs de voir ces jeunes artistes pleins de talent et de tonus à Saoû naissent. Hervé a fait un peu plus pour que ça se concrétise. Les organisateurs du festival sont toujours sur la brèche pendant ces voyages musicaux !rd 11 03 Bilbao 167 

Queue. C'est le moment de petits conciliabules, de confidences, de plaisanteries, de faire la connaissances d'autres auditeurs nombreux venus de la région pyrénéenne française.Mais que c'est fatiguant de rester planté pendant des heures pour avoir une bonne place avec un billet non numéroté ! Envers de la médaille du système !

rd 11 03 Bilbao 169
 

18h30 Salle Salieri, Anne Queffélec au piano et le Quintette à vents Aquilon dans la Transcription de la "Fantaisie pour orgue mécanique en fa mineur KV608", le Divertimento pour instruments à vent n°12 en mi bémol majeur KV252 et le quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson en mi bémol majeur KV452 de Mozart. Voici encore un ensemble souhaité à Saoû ! rd 11 03 Bilbao 171Quel moment délicieux nous ont fait passé ces cinq dames, et en particulier la corniste ! Quant au piano si mauvais hier, Anne Quefféle a réussi à en sortir le maximum !

 

Nous avons été quelques uns à profiter du long moment d'attente pour aller nous nourrir à la cafeteria (même menu qu'hier, rien à ajouter) avant d'entendre la Grand Messe en ut mineur Kv427 de Mozart chantée par Letizia Scherrer soprano, Marina Lodygensky soprano - on peut oublier le ténor - Peter Hervey basse, l'ensemble vocal de Lausanne, le Polish Chamber Orchestra dirgé par Michel Corboz.

Magnifique messe entendue trois fois dans les festivals de Saoû. Les sopranos avaient l'air très nerveuses ce soir, mais elles ont très bien chanté ! tout comme l'ensemble vocal de Lausanne. Tout était bien !

 

Nous sommes vite rentrés à l'hôtel par le tramway, assez fatigués d'une si longue journée. L'arrêt est juste en face du pont qui nous permet d'arriver très vite, mais pas sans en fixer l'image !rd 11 03 Bilbao 177C'est une belle façon de bien tourner la page que d'admirer les courbes de cette passerelle suspendue.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Voyages musicaux
commenter cet article
4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 22:04

frise 04 11 03 Bilbao 015Vendredi 4 Mars 2011

C'est une journée marathon riche en contrastes que notre première journée à Bilbao !

Le bus nous attendait à l'aéroport de Biarritz, parfaitement à l'heure. Il nous a fallu attacher nos ceintures de sécurité, obligatoires en Espagne, pour prendre la route. Les Espagnols sont-ils plus rigoureux que les Autrichiens ? Déjà une idée reçue à corriger !

Dès la frontière passée les panneaux autoroutiers sont écrits en espagnol et en basque. Les boutons des mimosas et des ajoncs sont prêts à éclater et laissent deviner leur couleur. L'autoroute suit des torrents et traverse des vallées plus industrielles que bucoliques. Au loin les sommets des Pyrénées enneigés scintillent sous un pâle soleil.

Après une heure nous longeons une immense banlieue de hangars et d'usines, au loin se dessine "la colombe" de l'architecte Calatrava, aéroport de Bilbao où les Parisiens du groupe ont déjà atterri.

L'entrée dans la ville se fait par le haut, depuis les collines nord qui surplombent l'étroite vallée du Nervion.rd 11 03 Bilbao 011rd 11 03 Bilbao 010b

Et tout de suite la guide nous signale deux symboles de Bilbao : à gauche Notre dame de Begonias (rien à voir avec les fleurs ; il aurait fallu écrire ce mot avec un tilde et non un i ...) étape sur la route de Saint Jacques de Compostelle et grand lieu de dévotion local  et à droite la cheminée souvenir d'une importante usine de l'époque industrielle de Bilbao.

Pendant le voyage elle nous avait parlé de la totale transformation de Bilbao depuis que le musée Guggenheim s'y est implanté, et avec un peu de retard de la nécessaire évolution de ses habitants qui considéraient cette ville industrielle noire et pleine de fumées spécialisée dans l'industrie lourde comme banale, sans inérêt. Dans les années 1980 Bilbao avait subi les effets du marasme industriel qui toucha les activités métallurgiques européennes, et les docks du Nervion étaient devenus des friches et des terrains vagues. Sursaut des administrations basques qui sollicitèrent la Fondation Guggenheim pour lui proposer l'édification d'un musée d'art contemporain. Six mois plus tard l'emplacement et l'architecte étaient choisis. Et le sort de Bilbao et du Pays Basque allait basculer en s'ouvrant au tourisme. rd 11 03 Bilbao 014

Et à la fin de cette belle histoire nous étions arrivés tout près de la Mairie à l'hôtel Barcelo Nervion,  où nous avons pris nos quartiers. Installation, déjeuner haut en couleur, attention, l'encre de seiche des pimentos doux farcis de morue doit être redoutable !rd 11 03 Bilbao 018Départ pour un tour de ville où nous avons entrepris une fabuleuse remontée du temps.

Fin de 20ème et 21ème siècle sur les rives du fleuve Nervion, laboratoire de recherche en matière d'urbanisme et d'architecture, accompagnés par notre guide au nom inoubliable de Luis Mariano. Enfin, c'est son prénom, et je n'ai pas noté la totalité de son patronyme, il a trop d'anecdotes à nous raconter, mon crayon ne va pas assez vite !rd 11 03 Bilbao 103Juste en face de l'hôtel l'architecte japonais Arata Isozaki a conçu un ensemble de sept immeubles "Isozaki Atea" dont deux tours jumelles, inaugurées en 2008. Seules deux façades d'immeubles officiels (Douanes ?) du 19ème siècle ont été gardées, témoin de l'activité portuaire de la ville.rd 11 03 Bilbao 020Le musée Guggemheim que nous attendons tous avec impatience depuis qu'Henry nous a commencé à nous parler de ce voyage est à quelques centaines de mètres. Voici sa mythique façade de titane qui brille à peine, le ciel est couvert ...rd 11 03 Bilbao 025Conçu par Frank O. Gehry il est considéré comme sa réalisation la plus emblématique.

A chaque tour de roue sa découverte, voici un étrange bâtiment de verre et de métal !

rd 11 03 Bilbao 026C'est le Palais des Congrès et de la Musique Euskalduna, réalisation des architectes Federico Soriano et Dolores Palacio. Surprenante cette énorme masse d'acier, de verre et de béton qui se reflète dans un étang artificiel. Et beaucoup d'espaces verts qui relativise beaucoup les dimensions de ces édifices.J'ai mis un moment avant de comprendre que c'est ici que nous viendrions pour les dix concerts prévus pendant notre séjour.

En traversant le fleuve Nervion par le pont Euskalduna, une grande grue rouge semble d'un autre temps.rd 11 03 Bilbao 028

En effet, c'est le souvenir de l'activité de construction navale qui s'est pratiquée ici pendant des siècles. D'après Luis Mariano les décisions semblent prises de façon très "participative" à Bilbao : la grue a été conservée avec l'accord de la population, et aurait été baptisée Carola par les anciens ouvriers, pour perpétuer le "souvenir d'une belle fille de la cantine" ! 

Nous avons passé l'hôtel Melia de l'architecte Ricardo Legoretta, la Victoire de Salvador Dali, la bibliothèque de l'Université de Rafael Moneo, le Ministère de la Santé de Coll Barreu (les régions espagnoles bénéficient d'une grande autonomie et chacune gère ses propres ministères),pour quitter l'époque contemporaune et entrer dans le 19ème siècle

rd 11 03 Bilbao 043avec l'Edificio de la Alhondiga, ancienne halle aux vins et aux huiles d'olives que Philippe Stark a transfomé en centre culturel. Seules les façades ont été conservées et les vastes chais restructurés et redistribués.rd 11 03 Bilbao 052rd 11 03 Bilbao 049

Le niveau que nous traversons a des allures "gaudiesques" avec ses énormes piliers très colorés, ses soleils de feu, mais le plafond ressemble à une hallucination : très au dessus de nos têtes il y a une piscine dont le fond est de verre, et nous pouvons voir une nayade dans une lente brasse. Une vraie baigneuse ! Hervé a demandé, mais d'autres ont dû le penser, s'il n'y a pas d'exhibistioniste de temps en temps là haut ? Je trouve qu'elle ressemble un peu à une grenouille écartelée de nos jeunes années, avant qu'on interdise les expériences cruelles !rd 11 03 Bilbao 046rd 11 03 Bilbao 045

Le bâtiment d'origine du 19ème siècle est d'un grand classissisme !rd 11 03 Bilbao 054Avant de quitter le quartier résidentiel d'Abando, nous avons le temps d'apercevoir les beaux immeubles bourgeois que se sont fait édifier les riches industriels. Mais le  20ème siècle s'est faufilé ici et là : les bouches de métro de Foster, ou le palais du Gouvernement Basque de Fédérico Soriano que voici, tout de verre !rd 11 03 Bilbao 058Et nous partons le le quartier le plus ancien, Casco Viejo dont nous ferons une courte visite à pied. Pendant notre visite nous n'avons peut-être pas remarqué combien Anne est inquiète : elle pensait trouver les billets de concert à l'hôtel en arrivant, et ils n'y étaient pas. Henry n'arrive pas à contacter son correspondant de l'organisation du festival, et l'heure tourne, nous devons être au Palais des Congrès vers 18 heures pour notre premier concert. Luis Mariano a pris le relais au téléphone et arrive enfin à savoir que les billets lui seront remis à l'accueil. Ça va un peu mieux, mais il y a eu quelques heures tendues. On n'imagine pas, Anne, tout ce que tu dois résoudre comme problèmes et encaisser comme stress pour que nous ayons des voyages de rêve où tout coule de source pour nous !

Alors nous continuons notre visite sans souci du "quartier des sept rues". C'est ici que la ville fut fondée dès le 13ème siècle. La Plaza Nueva se prépare pour la grande fête de Carnaval de demain.rd 11 03 Bilbao 069De style néo-classique, elle est entourée de beaux immeubles avec galerie à arcades, et grands balcons dont la jouissance appartient les jours de fete, à la municipalité qui en vendait l'accès, le propriétaire de l'appartement pouvait s'en voir refuser l'accès s'il n'avait pas été assez vif pour l'acheter assez tôt. L'Académie de Langue Basque occupe tout le bâtiment en face de nous.rd 11 03 Bilbao 072A une autre extrèmité le superbe magasin de style Modernista est un restaurant si réputé qu'il faut réserver trois mois à l'avance. Attention à la fermeture hebdomadaire du lundi. Frank O. Gehry y avait ses habitudes, et quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il prit conscience lors d'un de ses brefs voyages de cette fermeture. Il arriva à force de palabres à obtenir que le chef lui prépare un menu d'ami mais pas dans le restaurant, dans un "petit coin à côté". Il semble que ce fut encore mieux que d'habitude car il préféra alors être reçu dans le "petit coin à côté".rd 11 03 Bilbao 086rd 11 03 Bilbao 077

Nous nous engageons dans les sept rues et les voies transversales. Les façades des immeubles sont recouverts de vérandas qui les protègent de la température extérieure. Style "miradores", et c'est vraiment superbe. Il y a aussi des magasins de comestibles comme on en rêve, ldes centaines (?) de jambons seranos avec leur petit cône pour recevoir la graisse fondante accroché en dessous pendent au plafond,rd 11 03 Bilbao 094rd 11 03 Bilbao 083

alors que la morue sèche brille derrière les vitines ; les poissons traditionnels dans des baquets de bois, les légumes secs dans leurs sacs attendent les clients. On reviendra lundi matin !Les boutiques sont toutes ouvertes ce jour-là.

Voici une nouvelle anecdote ! Celle d'un petit marchand de morue qui commanda "10 o 12" pièces de bacalau. C'est à dire 10 ou 12 ... Un mois plus tard il reçut 10012 poissons. Situation financière intenable, il allait faire faillite, sa femme voulait divorcer, lui se suicider. Mais un malheur n'arrivant jamais seul un évènement sema la famine dans la ville, et il était le seul à avoir du stock. Finalement il vendit tout, s'enrichit et sauva la ville à cause d'un accent : il y avait eu confusion entre "ou" et "zéro"... Jeu de mots à exprimer dans une autre langue ! Facile à traduire ! Exactement comme Camille les aime !rd 11 03 Bilbao 310La boucle passe par la Plaza Santiago, devant la façade et la tour 19ème de la cathédrale gothique (je n'ai pas entendu l'histoire de la reconstruction de cette façade ...) pour se poursuivre par la la rue Saint Michel rebaptisé par les femmes du quartier "rue du Chien", par allusion à la belle fontaine publique de la fin du 18ème, où trois lions crachent toujours rd 11 03 Bilbao 093leur eau. Humour basque ! Il semble que se moquer de soi, et tourner les choses en dérision soit un exercice local apprécié que Luis Mariano pratique sans retenue.

Et nous voici revenus à la vaste place délimitée par l'église de San Nicolas, le fleuve Nervion et le théâtre Arriaga, du nom du jeune compositeur basque né jour pour jour 50 ans après Wolfgang Amadeus Mozart, 27 janvier 1806, et décédé de tuberculose quelques jours avant son vingtième anniversaire à Paris. Son destin tragique, son talent et son jour de naissance lui auraient valu le surnom de "Mozart basque".rd 11 03 Bilbao 101L'architecte du théatre, Joaquin Rucoba  a aussi réalisé la Mairie dans un  style très influéncé par le Second Empire français.

Nous avons rencontré sur cette place la plus jolie petite coccinelle que l'on puisse imaginer ! qui commence à faire la fête de carnaval ...rd 11 03 Bilbao 100

Le bus nous a conduits jusqu'au Palais des Congrès où Anne et Henry ont enfin pu récupérer le "paquet" des billets d'entrée aux concerts, et ça n'a pas été si simple ! En attendant nous avons fait un petit tour du Palais des Congrès qui a reçu en 2003 la distinction de "meilleur palais des Congrès du monde". Le ciel est toujours très gris et le vent frais.rd 11 03 Bilbao 107Voici une autre façon de voir ce singulier bâtiment dont le parvis comporte une statue anonyme, énorme pièce de fonderie.rd 11 03 Bilbao 109Et nous allons bientôt découvrir que le métal continue à être très présent aussi à l'intérieur des auditoriums : la salle Salieri est revêtue de panneaux de cuivre où joue la lumière !rd 11 03 Bilbao 111Nous y avons entendu à 19 heures : Vladimir Mendelssohn à l'alto avec le quatuor Arriaga interprétant de Mozart  le quintette pour cordes n°1 en si bémol majeur KV 174 et le quintette pour cordes n°3 en sol mineur KV 516 ; Superbe !

 

puis à 20h45 Jean Claude Pennetier au piano, Sinfonia Varsovia dirigé par Georges Tchitchinadze interprétant de Mozart la Symphonie n°40 en sol mineur KV 550 et le concerto pour piano et orchestre n°22 en mi bémol majeur KV 482. Les oeuvres et le pianiste n'auraient-ils pas mérité un piano qui sonnait mieux ?

 

Le dîner très quelconque que nous avons pris à la caféteria du Centre de Congrès a été très animé, quelques personnes déversant tout leur mécontentement sur le piano en particulier ...Mais nous avions le privilège de prendre nos repas avec les artistes !

 

Pendant que Camille et beaucoup de personnes de notre groupe rentraient par le tramway, je suis rentrée avec Odile et Bernard par la rive droite du fleuve pour avoir une belle vue sur le musée Guggenheim la nuit, dans la douceur de la soirée. Le vent était tombé et la température redevenue agréable.rd 11 03 Bilbao 120La nuit, les jeux d'éclairage, l'arche rouge de Buren enjambant le pont à côté du "paquebot" de Gehry, le bâtiment "Eclecticismo" de l'université de Deusto, les quais brillament éclairés, quelques villas somptueuses qui ressemblent à des théâtres, des palmiers ebouriffés font un paysage fascinant tout au long des rives du fleuve.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Voyages musicaux
commenter cet article
1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 20:02

Mardi 1er mars 2011

Il fait gris, il fait froid, il y a du vent, c'est les vacances d'hiver. Tout ceci fait que nous ne sommes que quinze à partir aujourd'hui. Sans Rachel et sans josette, c'est Hubert qui prend le commandement et qui obtempère aux voeux de Mado, le Brézème depuis chez Giraud.

C'est une excellente idée car le paysage est bien différent  que celui que nous avons vu cet autonme, Photo du groupe complet, il y a de grandes pierres plates à cet endroit, il faut juste que je repère bien le chemin entre les pierres pour arriver debout avant quer les 10 secondes soient passées ! C'est OK.rd 11 03 01 001Rien que la vue sur Livron et la Tour du Diable justifie la sortie d'aujourd'hui. Photo avec Michel qui a eu le temps d'enlever son bonnet de trappeur !rd 11 03 01 003Claudette, enfant de Livron nous rappelle la légende de la tour du diable qui semait la terreur parmi les gardes. Chaque fois qu'une sentinelle devait surveiller de nuit les remparts auprès de la tour, son cadavre était retrouvé au petit matin gisant en bas ... Nous aujourd'hui nous y avons trouvé un groupe de jeunes gens de la MJC de Livron qui venaient entretenir le chemin accompagnés d'un animateur originaire de Montmeyran. Moment d'échange.  rd 11 03 01 002A pas de charge nous avons longé la Drôme et il n'était pas 4h30 lorsque nous avons fini de boucler notre tour vivement mené !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article