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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 12:23

frise11 04 263Nous avons continué notre visite de la côte cauchoise, et ainsi découvert que les falaises ne sont pas spéciales à Etretat, il y en a sur tout le rivage de la Seine Maritime.

Nous avons aussi découvert de jolis mots pour désigner des éléments de ce relief.

 

A Bénouville nous avons suivi la flêche "Valleuse du Curé". Une valleuse est une petite vallée suspendue aboutissant à la Manche par une entaille dans la falaise. Le chemin creux nous conduit entre les prairies étincellantes de rosée. Des vaches s'approchent vers nous. Elles se trompent, nous sommes bien incapables de leur apporter ce qu'elles attendent !

rd11 04 232L'accès à la valleuse est fermé. Le peu que nous voyons nous fait penser qu'il devait être bien difficile d'accéder à la mer de l'endroit où nous sommes perchés ! C'est raide ...

rd11 04 233Et nous apprenons que c'est un escalier de 283 marches creusées dans la falaise qui permettait de rejoindre la plage. Il n'est plus entretenu, des marches sont abimées, c'est pourquoi il est fermé. L'origine de son nom est également intéressante : ce serait le curé de la paroisse qui aurait imposé en pénitence à ses paroissiens de creuser l'escalier.

rd11 04 234Un GR (chemin de grande randonnée) suit le bord des falaises de toute la côte d'Albâtre, depuis le Havre jusqu'au Tréport. Nous avons rencontré de nombreux marcheurs qui suivait le sentier bien marqué. Mais c'est le sommet d'une aiguille que l'on aperçoit ! Il y en a donc ailleurs qu'à Etretat !

 

Nous repartons vers Yport, étape doublement recommandée par Marie avant notre départ, et par un des poissonniers d'Etretat hier ... Donc absolument nécessaire !

C'est ici la route bleue : les taillis et les bois sont couverts de jacinthes bleues. Il y en a autant que dans les forêts écossaises ! C'est une autre grande découverte du jour ! C'est vrai qu'il n'y a pas toujours autant de soleil en Normandie que depuis quelques jours, et ces fleurs doivent aimer la pluie ! rd11 04 313

A Yport nous laissons le camping-car à côté de l'église (parking spécial et gratuit) construite avec des matériaux locaux : brique, pierre et silex.Les maçons ont réalisé des murs polychromes en jouant avec ces matières dans tout le village.rd11 04 241Il y a aussi d'autres particularités qui me semblent toujours venir des premiers bains de mer : les cabines sur la plage et l'allée de planches. Je vais devoir corriger mes impressions ; ce ne sont pas des réminiscences du 19ème siècle, ce sont tout simplement de bonnes réponses à l'air vif et l'air froide pour les cabines, et la difficulté de marcher sur les galets pour les planches !rd11 04 263Sur la plage ou plutôt le port d'échouage, des barques reposent. rd11 04 248

Elles ont remplacé les caïques, solides et légers bateaux de pêche à la ligne qui étaient hissés sur la plage par un cabestan de chêne manoeuvré par les femmes et les retraités jusqu'en 1930 où il a été remplacé par un engin motorisé.

rd11 04 256Un caïque à côté du cabestan témoignent de ce passé.

Les falaises sont aussi qualifiées d'Amont et d'Aval, voici celle d'Amont dans l'ombre du matin. Elle se prolonge à perte de vue ... Je me demande si c'est jusqu'aux grands caps Gris Nez et Blanc Nez ?rd11 04 255L'allée de planches, la chaîne de maintien des bateaux, le cabestan électrique, quelques pêcheurs du dimanche, les cabines au loin, la brume de beau temps. Il ne manque à cette image idyllique que le dernier caïque qui a rejoint le port de Fécamp. Et si nous faisions comme lui sur la "Route des Epices et de l'Ivoire" ?

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Camping-car
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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 19:11

frise11 04 215Nous avons traversé de jolis villages avec des maisons à colombages, des toits de chaume dont l'arête est fleurie d'iris, des prairies vertes, des pommiers fleuris et sommes arrivés à Etretat ...

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Nous avons tous une belle image d'Etretat dans la tête ! Que ce soit grâce à une carte postale, au cinéma, à la TV, à la peinture impressionniste, à la littérature !

Guy de Maupassant en a écrit  "Ce petit nom d'Etretat, nerveux et sautillant, sonore et gai, ne semble-t-il pas né de ce bruit de galets roulés par les vagues ? La plage, dont la beauté célèbre a été si souvent illustrée par les peintres, semble un décor de féerie avec ses deux merveilleuses déchirures de falaises qu'on nomme les portes."

Claude Monet qui nous en a laissé pas moins de 80 représentations (toujours son goût pour les séries ?) est qualifié de meilleur ambassadeur dans le monde pour la renommée de la ville et de ses falaises.

Et un bien ancien souvenir de course difficile sur la plage de galets pour rejoindre la serviette en sortant de l'eau ajoute notre touche toute personnelle à la préparation à la visite.

Nous avons laissé le camping-car près de la gare SNCF désaffectée (c'est un peu loin de la plage, mais tranquille et gratuit) et sommes prêts à la redécouverte des falaises.

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Traversée de la ville avec ses halles de bois, ses maisons à colombages et arrivée sur la plage ensoleillée. La lumière est vive, car la blancheur des falaises et celle des galets s'ajoute au soleil. C'est éblouissant !rd11 04 200La falaise d'Aval, à l'ouest est en contrejour, et nous avons un peu de mal à distinguer la célèbre porte de l'Aiguille un peu cachée derriière.

rd11 04 202A l'est le soleil éclaire la falaise d'Amont surmontée de la chapelle Notre Dame de la Garde .De la plage on ne peut distinguer la grande flèche élevée en souvenir de Nungesser et Coli qui décolèrent d'ici le 8 mai 1927 pour la première et malheureuse traversée sans escale de l'Atlantique.

 

J'entreprends la promenade sur la falaise d'Aval (je trouve étrange ces noms d'aval et amont pour un bord de mer, mais c'est sûrement parce que je ne sais rien des courants, du mouvement des vagues, et de la façon dont elles arrivent sur la plage).

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Le chemin longe le bord de la falaise. La vue change à chaque pas, c'est superbe ! Les rochers profondément découpés, les strates des falaises où s'empilent régulièrement calcaire et silex, les couleurs de l'eau, les goélands qui tournoient. et rejoignent les nids au sommet des rochers de la Chambre des Demoiselles où couvent des oiseaux. La tache semble divisée dans le couple : l'un reste sur le nid pendant que l'autre part chercher la nourriture.

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Le spectacle est impressionnant, que ce soit sur la Manneporte monumentale et la plage de galets, et de roches plates, à marée basse,

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ou sur les arêtes et les pointes et les fonds rocheux .

rd11 04 219Effets d'ombres et de soleil sur la Manneporte,

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ou sur l'Aiguille et la porte d'Aval. Bien qu'une légende prétende que le trésor des rois de France soit dissimulé dans l'Aiguille, et qu'une partie des mystères de Rouletabille y soient également cachés, les géologues affirment qu'elle  n'est pas creuse ... Doit-on vraiment les croire ou préférer les belles légendes ?

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Depuis ce magnifique belvédère je vous salue bien !

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 09:02

frise11 04 168Honfleur ... et le souvenir du Vieux Bassin bordé de hautes maisons étroites recouvertes d'ardoises ; l'église Sainte Catherine recouverte de bardeaux ; les crevettes dégustées au petit matin sur le quai du Port de pêche ; quelques  escapades estivales avec Bernard et Bernie si près de Paris ... C'était il y a bien longtemps !

 

Vérifications et précisions ! Ce n'est pas l'ensemble du Vieux Port qui est bordé de hautes maisons grises, seulement la quai Sainte Catherine ;

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du côté du quai Saint Etienne les maisons de pierre n'ont que quatre niveaux, et l'ancienne église est reconvertie en Musée de la Marine.

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Je viens d'apprendre que les écailles de bois qui protègent la partie exposée aux pluies des poutres de la façade de l'église portent le nom d'essentes. Mais surtout que se sont des charpentiers de la marine, "les maîtres de hache" de Honfleur qui ont construit cette église au 15ème siècle, à la fin de la guerre de Cents Ans, alors que les maçons et architectes n'étaient pas assez nombreux pour répondre aux besoins de la reconstruction. C'est sûrement la raison de son originalité, les deux nefs jumelles de bois.

rd11 04 152Le clocher a été construit un peu à côté de l'église dont la charpente de bois n'aurait pas pu supporter le poids des cloches. Son allure est très robuste et rustique.

rd11 04 066Je ne me rappelle plus du tout du Port de Pêche ... Ce soir les bateaux sont de sortie. rd11 04 147Les maisons autour étaient-elles aussi coquettes dans les années 70 ? Elles devaient déjà montrer leur bel assemblage de pierres, de silex et d'ardoises.rd11 04 144

En passant devant la Lieutenance nous avons une pensée pour Champlain, ses départs pour le Canada et la fondation de Québec.

rd11 04 166Mais il est vite remplacé par quelques uns des peintres "du cercle artistique de Saint Siméon" et Eric Satie qui naquit dans cette maison transformée en musée depuis 1998 ;rd11 04 156

juste en face un superbe ensemble de maisons à pans de bois, aujourd'hui

rd11 04 157et il y a un siècle, interprété par Henri Adam, alors que la rue Haute longeant encore le rivage était le domaine des marins et des pêcheurs.

rd11 04 158Henry AdamHonfleur a été une cité des peintres lorsque Paris et ses environs menaient le monde de la peinture. Elle a toujours beaucoup d'amoureux qui viennent planter leur chevalet dans la rue de l'Homme de Bois, la rue Haute ou les quais.

Qui doivent avoir bien de l'imagination pour pouvoir faire abstraction des si nombreux visiteurs venus goûter au charme de cette petite ville qui attire tant de monde.

Je me fais un plaisir de dénoncer la légende qui prétend que "si l'on voit Le Havre depuis Honfleur c'est qu'il a plu et qu'il ne va pas tarder à pleuvoir." Pour notre part, nous n'avons jamais eu de pluie à Honfleur !

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 21:03

frise11 04 130Il a fallu attendre 1959 pour traverser la Seine en aval de Rouen sur un pont, le pont de Tancarville. Il fut, à l'époque la fierté de la France, presque autant que le pont de Millau en 2004 ! Et il dut changer la vie des riverains de l'estuaire qui devaient emprunter un bac pour changer de rive.

Deux pylônes de 125 mètres de haut supportent le tablier suspendu à 48 mètres au dessus de la Seine (un peu moins au-dessus des champs de colza !). Il est long de 1400 mètres. Le trafic routier y est de 15 000 à 19 000 véhicules par jour. Certains jours de grand vent il doit être interrompu ...rd11 04 128b

Nous nous sommes approchés de très près, mais nous restions sur la rive gauche ce jour-là. Pas de traversée !

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Il a l'allure un peu rigide si on le compare au pont de Normandie, mis en service en 1995. Pont à haubans, en légère courbe afin d'améliorer sa résistance aux vents (il pourrait résister à des tempêtes soufflant à 440km/h), il rapproche enfin Honfleur et Le Havre, il assure la continuité entre le tunnel sous le Manche et l'ouest de la France, et il permet le trafic du Nord-Ouest au Sud-Ouest de l'Europe sans passer par Paris. Le trafic du pont de Normandie est supérieur à celui du pont de Tancarville.rd11 04 137Il a une incroyable élégance, n'est-ce pas ?

rd11 04 140Sa silhouette gracile est visible depuis l'emplacement pour camping-cars de Honfleur, situé entre le bassin de retenue et le bassin de l'est.

 

Camille ne tient pas trop à ces longs ponts qui lui semblent ne jamais finir ... Cependant nous avons passé la Seine sur le pont de Brotonne , tout près de Caudebec-en-Caux : 1280 mètres de long, à 50 mètres au-dessus du fleuve, suspendus par des pylônes de 125 mètres de haut.

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Je crois que la vue est beaucoup plus intéressante depuis Caudebec vers le pont que l'inverse. En traversant on aperçoit le joli bourg et ses quais, mais comme souvent sur les rives de la Seine, aussi tant d'usines, de cheminées et de pontons industriels qui empiètent sur la forêt et les prairies ! Camille a gardé les yeux rivés sur la voie de gauche, celle de droite réservée aux engins agricoles.

rd11 04 380Mais je crois que c'est à Pont-de-l'Arche, en amont de Rouen que Camille préfère passer la Seine. A l'emplacement du premier pont de pierres qui joignait les rives de la basse Seine, un peu avant  le confluent de l'Eure ...

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 16:48

frise 11 04 14 123Avant d'arriver à Bec-Hellouin nous sommes passés par le château de Champ de Bataille. Quel nom ! Surtout pour un aussi vaste palais qui peut faire penser à tout, sauf à la guerre !

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Il n'ouvre qu'à Pâques et je l'ai bien regretté ! Un tout petit peu moins lorsque j'ai vu le prix de l'entrée : 24 €. Mazette, ce n'est pas rien !

Et plus du tout après une visite virtuelle. Il a un passé très chaotique, il s'est laissé acheté si souvent qu'il lui en reste quelque chose. Son propriétaire depuis 1992, décorateur d'intérieur très à la mode chez les grands du monde a dû en faire "sa folie" et le décore d'une façon incroyable, avec tant de velours rouge, fauteuils, rideaux dans les grands salons et les petits cabinets, aux meubles de provenance diverse, et aux objets de décoration très hétéroclites, des marbres grecs aux chandeliers Régence. Ca me fait avoir de bien mauvaises pensées ! Mais je n'ai sûrement aucun goût, ou pas le goût qu'il faut !

 

Les jardins doivent être splendides, entièrement refaits depuis peu ils évoquent les matières minerale, végétale, la vie animale, la lumière et l'esprit ... Réservés aux intellectuels !

 

 

 

 

 

 

 

 Nous avons traversé le bourg de Harcourt dont le centre est exactement comme on souhaite les villages normands : l'église a un clocher pointu recouvert d'ardoises, la mairie voisine occupe les anciennes halles à pans de bois, et de l'autre côté de la place des petits personnages sont sculptés à l'extrémite des colombages.rd11 04 090

Quelques kilomètres plus loin, le village de Bec-Hellouin est la première grande étape du jour. En passant par le haut du village l'ensemble de l'abbaye se dévoile dans le vallon.rd11 04 123

S'arrêter en camping-car est souvent délicat, car même petit c'est un grand véhicule. Aussi allons-nous de l'autre côté du ruisseau, le Bec, au milieu des prairies et des vaches. Ce n'est cependant pas tout à fait le cliché absolu : il manque des fleurs aux pommiers ! Nous arriverons sûrement à trouver l'ensemble idéal avant la fin de notre séjour ?rd11 04 100Pour le moment c'est l'histoire de l'abbaye qui nous intéresse.

Fondé en 1034 par Herluin, chevalier sans fortune, descendant des Vikings qui ont envahi cette région au 9ème siècle le simple ermitage réunit rapidement quelques anachorètes et dès 1041 le monastère compte 32 moines. L'année suivante Lanfranc, clerc italien venu enseigner à Avranches, las de son succès aspire à la vie de pauvreté qui est pratiquée ici. Trois ans plus tard Herluin lui demande de reprendre son enseignement. Lanfranc excellent enseignant devient le meilleur conseiller de Guillaume, duc de Normandie, futur Conquérant qui sera sacré roi d'Angleterre en 1066. L'aura intellectuelle et la réputation théologique de l'abbaye sont grandes, se répandent au loin. Des liens se créent entre l'abbaye de Bec-Hellouin et l'église anglaise, en particulier la cathédrale de Canterbury. Lanfranc primat d'Angleterre en devient le régent. Des liens privilégiés subsistent toujours entre les abbayes de Bec-Hellouin et de Canterbury ...

 

Dès la porte le visiteur est impressionné par la richesse du lieu : les deux tourelles posent le décor ;

rd11 04 052-copie-1puis le logis abbatial d'une pure facture classique et la tour Saint Nicolas, du 15ème siècle, clocher d'une vaste église gothique détruite au 19ème siècle , donnent une idée de ce que fut la grandeur des lieux.

rd11 04 106Une représentation de 1677 permet de comparer l'abbaye à son apogée avec ce qu'il en reste.rd11 04 120La grande église en haut à gauche est l'abbatiale gothique entièrement rasée. Quant aux bâtiments conventuels au centre à droite, ils ont aussi disparu. Tout au long de la Guerre de Cent ans (1346-1469), puis des guerres de religions l'abbaye subit des dommages et des restaurations. Une des dernière fois par les Mauristes, congrégation qui reprit au 17ème siècle de nombreux monastères qui avaient souffert du relachement de la règle et des méfaits des abbés commendataires, (nommés par le roi de France depuis la victoire de François Ier sur le pape Léon X et le concordat de 1516, plus souvent en raison de leur naissance que de leur piété.) qui rétablirent la fortune du monastère pour quelque temps encore.rd11 04 053Le cloître du 13ème siècle aux 3/4 détruits pendant les différents conflits fut reconstruit par les Mauristes au 17ème siècle dans le style italien, tendance toscane.

 rd11 04 060-copie-1

Après la Révolution le monastère fut transformé en "dépot des Remontes Générales de l'Armée", c'est à dire en haras militaire. Le cloître devint alors manège, le réfectoire écurie. Depuis que la vie monastique a repris l'écurie est devenue la nouvelle abbatiale.rd11 04 108Quelques belles statues ornent ce sanctuaire. Une Vierge à l'enfant du 14ème siècle nous accueille à l'entrée.rd11 04 110C'est une Vierge en majesté, au doux sourire qui occupe le tympan gtothique de l'entrée nord du cloître.rd11 04 119De l'époque romane, il ne reste plus qu'une partie de pilier incluse dans un mur du cloître ! Si peu !

 

Bec-Hellouin est aussi un village avec des maisons à pans de bois, aux couleurs douces et inattendues, rd11 04 105et aux rues fleuries, superbes sous le soleil.rd11 04 124b

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 19:56

 

frise 11 04 13 053Il faisait très frais ce matin aux confins de l'île de France et de la Normandie,  tout près de la Seine d'où la brume montait. Le soleil avait réussi à la transpercer et illuminait des villages ravissants :de belles demeures, des petits palais, des fermes à colombages s'étiraient aux pieds des falaises, alors que des jardins et des prairies descendaient jusqu'au bord du fleuve. Ça doit être plutôt agréable de vivre ici, si près de Paris et presque à la campagne !

C'est ainsi que nous sommes arrivés à Giverny pour visiter le jardin de Monet.

 

Nous nous sommes arrêtés à l'autre bout du village, à côté de l'église et du cimetière où repose le peintre. Remonter à pieds jusqu'à sa maison nous a permis de comprendre que Monet est à Giverny ce que Mozart est à Salzbourg : le prétexte à une exploitation intensive du souvenir ... Mais ne boudons pas notre plaisir qui est grand, comme doit l'être celui des nombreux Italiens, Asiatiques, Allemands et Américains qui arrivent par autobus complets.

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Il a gelé la nuit dernière, et nous préférons les allées ensoleillées pour commencer notre tour. La débauche de fleurs et de couleurs est merveilleuse. On a d'abord l'impression d'un fouillis de massifs et de vergers lorsqu'on arrive dans le "Clos normand" ; mais non, des allées sont soigneusement dessinées, recouvertes de cailloux, et réservées aux jardiniers qui s'activent. Nous, visiteurs empruntons les grandes allées cimentées.

C'est la saison des tulipes, des pensées, des giroflées, des myosotis  (pas mal en couvre-sol, écrin de belles tulipes !)rd11 04 060rd11 04 013rd11 04 062

 

Nous avons sous les yeux tout ce qui doit se faire en tulipes : des simples aux pétales arrondis, aux pétales pointus, des doubles, des perroquets aux pétales échevelés ... Quant aux couleurs elles semblent parfois associées avec rigueur, et parfois mélangées au hasard. Mais y a-t'il la place pour lui dans ce jardin ?

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Nous accédons au jardin d'eau par un petit tunnel. Il y fait très frais et nous continuons à choisir les allées ensoleillées.

La glycine du célèbre pont japonais n'est pas encore fleurie, mais à chaque période ses fleurs, et il ne doit pas y avoir de temps morts de l'ouverture du 1er avril jusqu'à la fin de la saison, novembre !

Les azalées sont au rendez-vous,

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tout comme un bel arbuste aux fleurs roses très sophistiquées.rd11 04 017mais pas les nymphéas. Il faut attendre que la température de l'eau atteigne 15-16° pour que des fleurs s'ajoutent aux bouquets de feuilles. Ce matin un jardinier en barque débarrassait le bassin des feuilles mortes avec de larges mouvements calmes de son filet. Je ne pense pas que l'on trouve dans les dizaines de représentations du bassin une scène semblable à celle que nous avons vue ce matin, qui ne manquait pas de poésie.

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Nous remontons vers la grande maison verte et rose, les salles de lectures, le salon atelier (qui vient d'être restauré grâce au financement d'une association de soutien américaine) dans le respect le plus rigoureux de la toile que Claude Monet en avait faite, le tissu fleuri de la méridienne en particulier. Les murs sont couverts de reproductions de ses oeuvres.

La visite de la maison se termine par la grande salle à manger jaune, et la vaste cuisine au carrelage bleu. Ces deux pièces ont dû être le lieu de rassemblement de la grande famille de Monet, et de ses amis peintres et les photos sur les meubles  rendent vie à tous ces artistes mythiques dits de l'"école de Giverny".

Passage par le grand atelier que Monet fit aménager pour réaliser ses nymphéas les plus vastes. C'est maintenant la boutique du musée, très fréquentée.

 

Nous avons quitté la maison, mais pas l'ambiance. Presque en face le musée des Impressionnistes nous attend avec une exposition d'oeuvres de Pierre Bonnard, ami et voisin de Claude Monet.rd11 04 001Nous traversons le jardin contemporain dessiné par Mark Rudkin, peintre-paysagiste. Des espaces bien délimités par des haies de thuyas et de hêtres jouent sur les couleurs et les formes, 

massifs noir ou blanc, jaune ou rose.rd11 04 002 

rd11 04 023c (19)

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Ce jardin a reçu le label de "Jardin remarquable" en 2009.

Le musée n'a pas de fonds permanent, et présente durant cette saison une rétrospective de 70 oeuvres principalement inspirées par la Normandie à Bonnard. Et c'est la découverte de couleurs éclatantes de paysages, de scènes de vie familiale, de dessins et de photos.

rdBonnard, Les cerises

rdBonnard, fenêtre ouverte sur la Seine

Nous avons fini cette journée comme le font les touristes japonais, particulièrement friands d'Impressionnisme, en allant juste de l'autre côté de la Seine, visiter le musée de Vernon, qui consacre une grande salle à l'"école de Giverny" et avons eu le plaisir d'y être accompagnés par Magali, le plus agréable guide que nous pouvions attendre !rd11 04 072

Et avons fait un rapide tour de la vieille ville, de ce qu'il reste de sa forteresse, une tour,rd11 04 079et de son étrange église Notre Dame vers laquelle une maison à colombages presque aussi ancienne se penche avec vénération.rd11 04 080

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 19:24

11 Avril 2011

Nous traversons le département de la Loire alors qu' il est temps de trouver un endroit pour l'étape du soir. Le long de la petite route que notre GPS nous a fait prendre un panneau nous indique "village fortifié, prieuré ..." :  tentant. Merci GPS pour toutes les surprises que tu nous offres, les itinéraires dont toi seul a le secret, et les découvertes que nous n'aurions pas faire sans toi !

Nous ajoutons à tout ça de petits détours personnels et c'est ainsi que nous sommes arrivés à Pommiers.

Pommiers (Loire) village fortifié

En traversant le pont sur l'Aix voici l'image qui s'est offerte : un vieux pont dans une prairie, et trois solides tours au sommet d'un tertre. Le village s'étend maintenant à l'est. Une grande place au bord du "grand Chemin du Forez", route médiévale, au pied du prieuré a toutes les qualités pour passer une nuit tranquille. Le coucher de soleil ne nous promet pas une journée aussi belle que celle qui s'achève.Pommiers (Loire) coucher de soleilLendemain matin : le village est bien calme alors que nous faisons le tour de la partie haute.

Pommiers (Loire) entrée village fortifié

Le prieuré fut fondé au 9ème siècle par des moines bénédictins. Un siècle plus tard la communauté adhère à la réforme clunisienne et c'est au 13ème siècle un des principaux prieuré de  l'ordre.

L'église romane Saint Pierre et Saint Paul a traversé presque intacte toutes les périodes de restauration et de transformations.Pommiers (Loire) église

Les habitants du village devaient à leur seigneur, le prieur, outre des taxes, des tours de garde et de surveillance. Ils durent participer, pendant une période d'accalmie de la guerre de Cents Ans (14ème siècle) à la construction des fortifications (comme dans toute la région à Montbrison, Feurs, Saint Etienne et Roanne).Pommiers (Loire) prairie et fortifications

C'est alors que les trois grosses tours percées d'archères furent bâties, au sud de l'ensemble. Elles dominent maintenant les prairies où paissent des vaches.

En 1452 le roi Charles VII séjourna dans ce monastère prestigieux. Déjà, lorsque François Ier à son tour y fit étape, en 1531 et 1537, l'abbaye était sous les ordres d'un abbé commendataire (début du 16ème) qui s'était fait aménager un luxueux palais prieural.Pommiers (Loire) hôtel du prieur commendataire

Début d'un lent et terrible déclin qui s'acheva rudement à la Révolution ...

Malheureusement pour notre visite le monastère était en restauration, le cloître et l'église fermés. Mais ce sera sûrement beaucoup mieux pour les visiteurs de Pommiers du prochain été ! Pour nous, il est temps de reprendre la route.

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:22

frise11 04 07 001Un peu après cette sortie du 7 avril, quel n'est pas mon plaisir de ne presque pas avoir de courbatures ! Il y a deux ans j'avais trouvé terrible l'ascension du But de l'Aiglette!

Ce jeudi matin lorsque Robert a dit "Le but de l'Aiglette" il me semble que je n'ai pas été la seule à éprouver un choc, une angoisse, une lassitude avant même de commencer. Qui a dit "Oh, je garde les voitures, moi aujourd'hui." ? Et puis il n'y aura même pas encore de fleurs, la neige a dû juste disparaître. Robert n'a rien voulu savoir, n'a pas voulu changer et préférer le But de Saint Genix, la pointe de gauche-- ...

Donc à 9h40 nous quittons le parking proche de Marignac, village du val de Quint, altitude 535 mètres, boucle 19, 17 km en 6 heures. Ligne de mire, le sommet à droite en passant par le creux au-dessus de l'amas de rochers vers le milieu de la courbe, le col de Vassieux.

Quelques centaines de mètres dans la vallée nous permettent de nous échauffer et de profiter du paysage.rd11 04 07 004 Dans ce petit territoire consacré aux cultures biologiques on pratique même des labours à l'ancienne ? Sinon que ferait ici cette charrue tractable par un cheval ? Il y a beaucoup de pierres dans ces champs. La lavande est-elle comme la vigne ? apprécie-t'elle ce type de terrains ?

Et maintenant on grimpe. Moi en silence, j'essaie de ne pas gaspiller mon souffle. Heureusement il n'y a, le long du chemin que quelques violettes, hépathiques ou primevères, et j'en ai déjà dans mes collections, je ne me laisse pas distancer pour les photographier !

Et ainsi, en mettant un pied devant l'autre, en ne cherchant pas à voir trop souvent au-dessus de ma tête si c'est encore loin ce col, en me disant que chaque pas m'en approche puisque ça monte toujours, en m'accordant un petit répit le temps d'une gorgée d'eau, et le temps d'un regard autour du cirque que forment les montagnes et qui s'élargit sans cesse ... tous ces efforts font qu'à midi juste je suis passée devant le panneau qui m'annonce le col convoité et ses 1333 mètres d'altitude !

Regroupement et temps de repos pour tous.rd11 04 07 014C'est le moment de souligner la première sortie du jeudi d'André, notre Président qui vient d'"entrer en retraite" et qui va donc participer régulièrement à l'activité de notre groupe ! Voici Edgar, André et cachés derrière Ahmed et Gérard et au fond le But de Saint-Genix où je ne Flore Vercors Crocus Avril17suis encore jamais allée.Flore Vercors Crocus Avril16

Mais il faut aussi regarder à nos pieds, car il y a des fleurs ! La prairie encore sèche de l'hiver est parsemée de crocus.Flore Vercors Erythrone dent de chien2 AvrilFlore Vercors Erythrone dent de chien Avril

Quelques pas plus loin d'étranges fleurs d'un rose soutenu, aux pétales très recourbés en arrière sont bien aussi nombreuses. Belle découverte que ces érythrones dent de chien !

Mais il faut repartir ... Bravo Robert pour ta connaissance de l'endroit ! C'est bien à 12h45 que je suis enfin arrivée au pied du panneau qui marque le But de l'Aiglette et ses 1525 mètres. Epuisée. Qu'il est bien venu le temps du pique-nique !rd11 04 07 042

Ahmed a trouvé des glacons pour ceux qui en ont besoin, au creux d'une faille dans un endroit encore bien à l'ombre !

Ca va mieux, je peux aller jusqu'à la ligne de crêtes pour jouir du regard circulaire :rd11 04 07 033à l'est le Grand Veymont, point culminant du Vercors,et le col du Rousset à nos pieds,rd11 04 07 034au sud-est les vallées de Chamaloc et de la Drôme que les jeunes céréales reverdissent tendrementrd11 04 07 035

alors qu'au nord, sur le plateau autour de Vassieux les montagnes auront encore leur sombre aspect hivernal tant que les forêts seront nues.

Oh, la bonne surprise, ici la première gentiane, dauphinoise ou printanière ? A vous de juger ! Flore Vercors Gentiane dauphinoise Avril

Et ces petites touffes jaunes de drave faux-aizoon, premières fleurs jaunes de la prairie nous obligent à aller voir ce que sont les aizoons, non ? Facile avec le site encyclopédique de "Fleurs des Alpes".Flore Vercors Drave faux aizoon Avril

Ma récolte du jour se termine avec des scilles à deux feuilles, discrètes et encore rares. (Je laisse l'accès à toute la famille des hyacinthacées (jacinthes) ...

Flore Vercors Scille à deux feuilles Avril

Le premier coup de sifflet retentit beaucoup trop tôt ! Nous avions encore besoin de repos. Mais déjà le deuxième nous oblige à partir. Le long des crêtes échancrées où nos regards se perdent sur les sommets voisins et les vallées profondes. rd11 04 07 044Aujourd'hui les photos collectives sont demandées. Pour l'article du Dauphiné, pour le souvenir du premier jeudi d'André, pour le récit du blog, et pour qui encore ?rd11 04 07 048sur fond de Grand Veymont,

rd11 04 07 052à l'approche de la grande prairie et du Parc régional du Vercors,rd11 04 07 053ou les pieds dans le névé. Mais là c'est très dissipé, et la neige rafraichit les nuques et les épaules que le soleil cuit ardemment.

Il ne reste plus qu'à revenir ! Nous entamons une longue descente sur des chemins qui peuvent ressembler tantôt à des ruisselets, tantôt à des litières où la couches de feuilles de hêtres, bruyante et douce, nous arrive aux genoux. Mais aussi à des raidillons aux pierres roulantes, ou à de larges chemins de pierres blanches calcaires qui réverbèrent la chaleur du jour. Il doit faire bien plus de 30° ici alors que les arbres n'ont pas encore mis leurs feuilles ...

Bien haut dans le ciel six vautours tournoient au-dessus des falaises. Ce sont sûrement les fameux vautours réintroduits dans la région de Chamaloc il y a quelques années. Ils semblent être immenses, et l'on peut voir combien la partie interne de leurs ailes est claire. Quel vol admirable ! 

Lucien qui marchait seul en tête, silencieusement a rencontré deux bouquetins. C'est le privilège des premiers, je crains que ça ne m'arrive pas !

Qu'ils sont bienvenus la pompe du parking avec son eau fraîche, les bancs qui nous permettent de changer de chaussures confortablement, et la légère brise frissonnante qui séche agréablement nos épaules et nos visages ! Incroyable, nous sommes au début d'avril. Les forêts semblent déjà manquer d'eau !

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 16:59

frise 11 04 05 041Quel nom étrange a cette montagne sèche de 675 mètres d'altitude au dessus de Dieulefit ! L'origine du nom de la petite ville est incertaine, alors imaginons pour la montagne ! Et j'ai eu beau chercher, je n'ai rien trouvé !

Mais ça ne nous a pas génés pour en gravir le flanc !

Nous sommes partis du quartier des Hubacs où nous avions laissé les voitures au bord de la route, sur une pelouse couverte de pervenches.

De l'autre côté de la route les cèdres du parc d'une demeure ancienne s'élancent vers le ciel et le soleil depuis bien longtemps pour arriver déjà si haut !rd 11 04 05 002

La randonnée (qui portait le n°1des anciens itinéraires drômois) et le GR 9 ont une partie commune : en passant par le Pied de Dieu Grâce, au delà de la barrière qui ne laisse le passage qu'aux personnes à pieds ... et aux agneaux et aux loups ? Quelle est la signification de ce crâne sur la pierre qui marque le passage ?

rd 11 04 05 005

Le chemin est large, régulier et monte doucement dans les arbres au feuillage vert tendre audessus d'herbes encore sèches. Les nouvelles poussent sont souvent enfouies sous le reste de l'été dernier.

rd 11 04 05 006

Des violettes, des primevères et des pulmonaires officinales roses et bleues au feuillage tacheté de blanc jalonnent le sousbois.

Flare Drôme Pulmonaire officinale

Nous passons le Pied de Dieu Grâce (altitude 450 mètres) et prenons la direction du col de même nom. Il y a de nombreux chemins sur cette montagnes, le balisage est régulier et précis, on a toutes les chances d'aller là où on le souhaite !rd 11 04 05 009

La pente est un peu plus raide, le chemin se transforme à l'approche d'une grande dalle de rocher, et au carrefour suivant nous laissons à droite le chemin qui conduit au col de Gorge d'Ane et Aleyrac pour prendre la direction de Dieu Grâce. Au col voici l'est de la plaine de Montélimar qui se dessine à travers les branches nues.

rd 11 04 05 014

Nous sentons maintenant un peu de vent. Est-ce celui que nous avons laissé dans la vallée du Rhône ou au contraire un vent très local comme ceux que nous nomment Josette, Christiane et Michel : le Pontiasse à Nyons et le Solaure de Saillans, vent qui souffle le matin, pas après 11 heures, et nettoie le paysage de toute l'humidité et le brouillard de la nuit ou de l'aube.

Nous avons atteint le sommet du jour : 675 mètres à ce cairnrd 11 04 05 015et poursuivons jusqu'à une belle clairière de thym, en face des montagnes et du vallon du Jabron.rd 11 04 05 016 Nous avons à droite la montagne de Lusset, devant au premier plan Coste Belle (il en a toujours une montagne qui porte de nom dans un massif !) et la point qui se détache dans le ciel appartient à la falaise Charousse.

Nous sommes assis entre les touffes de thym, sur des fourmilières ! Mais ça ne dure pas car les fourmis savent nous dire que nous les gênons !rd 11 04 05 017

La montagne de Dieu Grâce sépare les vallées du Lez et du Jabron, commence à l' Est au-dessus de Dieulefit et s'arrête à l'ouest à Chateauneuf du Rhône. C'est un excellent lieu d'observation des oiseaux migrateurs, mais nous devons avoir du retard pour les voir ! Nous nous contentons du paysage sous le soleil : les montagnes sèches sont couvertes de petits arbres : chênes verts, chênes pubescents, pins sylvestres, un peu rabougris non ?, genévriers et thym dont nous faisons une belle récolte. Qui a dit que le nuage radioactif était passé au-dessus ?

OK, et il a dû contaminer dejà toute la végétation ... ce qui laisse finalement le choix suivant : mourir de radioactivité ou mourir de faim !

Que de conversations après le repas !rd 11 04 05 018

Comment penser que Josette ou Michel vont pouvoir faire une petite sieste ?

rd 11 04 05 019rd 11 04 05 022

Il est à peine 13 heures lorsque Josette donne le signal du départ. Il faut dire qu'il y avait déjà plusieurs signes d'impatience ici ou là.

Nous repartons donc en continuant le sentier. De part en part des cairns marquent le passage,rd 11 04 05 027Arrivons au col de la Ruche, redescendons rapidement sur Dieulefit, traversons le Lez rd 11 04 05 035puis la ville, avec une halte à la poterie "T comme Terre" et sommes déjà de retour aux voitures.

Parmi toutes les pervenches (oui Michel, aucune ne nous a mis de contravention pour problème de stationnement) il y a une ravissante euphorbe douce au petit coeur rose, alors que nous en avions croisé une du type characias au coeur brun, devant un vieux mur.

Flore Drôme Euphorbe douceFlore Drôme Euphorbe characias

Il y en a de superbes dans les massifs des rues de Valence ces jours-ci. C'est la pleine saison de ces fleurs vertes.

 

Nous sommes revenus par des petites routes, et avons ainsi fait une visite de la Drôme moyenne. Qu'elle est belle au printemps ! Je vous la montre ? OK, mais c'est un autre sujet.

Pour aujourd'hui merci josette pour cette belle randonnée. Pas de record, juste beaucoup de plaisir !

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:41

frise 11 03 24 042Au point de rendez-vous du matin Robert nous annonce "Le trou du Furet". Et mes réactions sont "Enfin, je vais savoir où ça se trouve, et participer à cette fameuse randonnée !" immédiatement suivi de "C'est une vraie légende, et il doit y avoir des difficultés souvent évoquées pour que ce nom me donne un pincement au coeur ... On va démystifier !"

Direction le Poêt Laval où nous nous arrêtons sous les grands chênes à côté du cimetière. L'ombre doit y être bien agréable l'été, mais pour le moment les arbres sont tout nus.

rd11 03 24 001

Robert nous fait prendre l'itinéraire à l'envers ! Il nous réserve toujours quelques surprises. Nous empruntons le chemin qui dessert les terrasses aménagées autour. Je devrais sûrement parler au passé car ces terrasses sont maintenant abandonnées aux petits chênes pubescents.

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Seules les collines les plus proches du village devaient être cultivées en champs, et plus loin le terrain sûrement difficile à cultiver devait être réservé au paturage des animaux domestiques.

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Il fait chaud à monter sous le soleil du matin, et nous devons enlever une couche de vêtement. Heureux sont ceux qui ont troqué les laines polaires contre des T-shirts, et les pantalons épais contre de plus légers, et en démonstration voici la pause-banane en plein soleil, avec en arrière fond la double crête que l'on aperçoit de loin lorsqu'on traverse la vallée vers Charols, au-dessus d'Eyzahut !

rd11 03 24 012On prend la direction de la Font Estrèche, pour remonter sur le plateau à l'est, par un chemin à l'ombre. C'est ici que nous trouvons tout un groupe d'hépatiques (famille des renonculacées) qui doivent leur nom à la forme de leur feuillage en lobes de foie.

Flore Drôme Hepatiques 

Le groupe s'étire en remontant !

 

rd11 03 24 018rd11 03 24 016

 

Nous passons un endroit où le chemin est tracé sur une vaste pierre calcaire, ça doit être délicat un jour de pluie ou de verglas, rien à craindre aujourd'hui.rd11 03 24 021et il est à peine midi lorsque nous nous regroupons sur des rochers dentelés.rd11 03 24 023L'impression est bizarre lorsqu'on aperçoit ces rochers, on dirait qu'il y en a deux lignes très distinctes. Et c'est vrai :

rd11 03 24 026

entre les deux une dépression profonde nous révèle le fameux trou du Furet. Avec ouverture juste au dessus d'Eyzahut. Impressionnant ! La falaise verticale doit avoir quelques centaines de mètres.

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Ne nous bousculons pas pour la photo collective qui paraîtra dans un prochain Dauphiné, il y a assez de place pour le groupe, mais pas d'endroit pour poser l'appareil et prendre une photo en différé ! Alors, sans moi, et sans ceux qui sont loin devant, déjà entrain de manger !

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Nous continuons un peu sur le plateau à l'est pour trouver un endroit abrité du vent. Léger mais présent. La vue vers le nord est superbe. Premier plan Eyzahut, troisième plan le massif des Trois Becs, le col de la Chaudière et le Grand Delmas. Tout au fond on aperçoit légèrement dans le creux du col le Grand Veymont ...

Mais quelles sont les anecdotes que j'ai entendues et qui m'avaient impressionnée ? Robert est venu ici plus souvent par mauvais temps et même par grand vent. Et alors les courants d'air sont tels qu'il est presque impossible de tenir debout au bord du plateau, il faut redescendre beaucoup plus bas pour être à l'abri. Il avait dû me parler de blizzard et de froid qui saisissait jusqu'au plus profond de la moelle !

Aujourd'hui Robert me raconte le troupeau de chamois acculé par des chiens sur une point rocheuse, juste au bord de la falaise. Les bêtes apeurées pleuraient presque. Il est allé chasser les chiens, et les chamois en toute confiance sont passés à côté de lui, comme reconnaissants de les avoir libérés d'une mort certaine !

Nous avons trouvé de petits emplacements pour le pique-nique entre les touffes de buis. Le soleil est ardent. Les plus curieux comme Fanny et Michel vont voir un peu plus loin.rd11 03 24 035Depuis la ligne de crête ils observent des chevaux, trois, quatre, six, dix, et même un jeune poulain qui tient à peine sur ses pattes !

rd11 03 24 040

Ils sont en semi-liberté sur ce grand plateau, où ils doivent passer une bonne partie de l'année. Des chevaux noirs à solides pattes et larges sabots, des plus grands à pattes fines, ce troupeau est assez composite.

rd11 03 24 051

Nous repartons parallèlement à la ligne de crêtes, en traversant les prairies sans sembler déranger les chevaux, jusqu'à un grand fayard où trois sages nous attendent tels des sphinx qui voudraient nous imposer la question ouvrant droit au passage !rd11 03 24 052C'est après ces messieurs, alors que le chemin est bordé de nombreuses hellébores fétides qu'il faut quitter ce chemin et prendre à droite pour redescendre vers Poët-Laval.

 flore Drôme Hellebore fétide

Un long grand chemin plein de pierres qui roulent sous les pieds. Attention, ça aide bien à tomber. J'aurai un bleu !

Longue descente un peu désagréable et sans charme particulier. La forêt cache le paysage. Merci Robert de ne pas nous avoir fait monter par là !

Et voici enfin que le vieux village fortifié se découpe dans le soleil.rd11 03 24 055

Nous en avons fait le tour, le château, forteresse des chevaliers hospitaliers qui s'étaient installés ici au 12ème siècle;

rd11 03 24 059rd11 03 24 060

l'église que les guerres de religion ont beaucoup endommagée ; la place du village que nous investissons,rd11 03 24 063 et les ruelles qui n'ont pas encore leur tenue d'été : dans quelques mois de nombreuses roses trémières borderont les rues qui conduisent au musée du Protestantisme (nous sommes en terre huguenote ici), au café-librairie à la galerie de peinture, ou aux boutiques d'artisanat.rd11 03 24 066 Ce village perché classé parmi les "plus beaux villages de France " attire de nombreux visiteurs, outre les randonneurs.

 

Ce soir j'ai le visage en feu. Je crois bien avoir attrapé un coup de soleil ! Un peu d'eau de neige va calmer cette brûlure.

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