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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 16:48

frise 11 04 14 123Avant d'arriver à Bec-Hellouin nous sommes passés par le château de Champ de Bataille. Quel nom ! Surtout pour un aussi vaste palais qui peut faire penser à tout, sauf à la guerre !

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Il n'ouvre qu'à Pâques et je l'ai bien regretté ! Un tout petit peu moins lorsque j'ai vu le prix de l'entrée : 24 €. Mazette, ce n'est pas rien !

Et plus du tout après une visite virtuelle. Il a un passé très chaotique, il s'est laissé acheté si souvent qu'il lui en reste quelque chose. Son propriétaire depuis 1992, décorateur d'intérieur très à la mode chez les grands du monde a dû en faire "sa folie" et le décore d'une façon incroyable, avec tant de velours rouge, fauteuils, rideaux dans les grands salons et les petits cabinets, aux meubles de provenance diverse, et aux objets de décoration très hétéroclites, des marbres grecs aux chandeliers Régence. Ca me fait avoir de bien mauvaises pensées ! Mais je n'ai sûrement aucun goût, ou pas le goût qu'il faut !

 

Les jardins doivent être splendides, entièrement refaits depuis peu ils évoquent les matières minerale, végétale, la vie animale, la lumière et l'esprit ... Réservés aux intellectuels !

 

 

 

 

 

 

 

 Nous avons traversé le bourg de Harcourt dont le centre est exactement comme on souhaite les villages normands : l'église a un clocher pointu recouvert d'ardoises, la mairie voisine occupe les anciennes halles à pans de bois, et de l'autre côté de la place des petits personnages sont sculptés à l'extrémite des colombages.rd11 04 090

Quelques kilomètres plus loin, le village de Bec-Hellouin est la première grande étape du jour. En passant par le haut du village l'ensemble de l'abbaye se dévoile dans le vallon.rd11 04 123

S'arrêter en camping-car est souvent délicat, car même petit c'est un grand véhicule. Aussi allons-nous de l'autre côté du ruisseau, le Bec, au milieu des prairies et des vaches. Ce n'est cependant pas tout à fait le cliché absolu : il manque des fleurs aux pommiers ! Nous arriverons sûrement à trouver l'ensemble idéal avant la fin de notre séjour ?rd11 04 100Pour le moment c'est l'histoire de l'abbaye qui nous intéresse.

Fondé en 1034 par Herluin, chevalier sans fortune, descendant des Vikings qui ont envahi cette région au 9ème siècle le simple ermitage réunit rapidement quelques anachorètes et dès 1041 le monastère compte 32 moines. L'année suivante Lanfranc, clerc italien venu enseigner à Avranches, las de son succès aspire à la vie de pauvreté qui est pratiquée ici. Trois ans plus tard Herluin lui demande de reprendre son enseignement. Lanfranc excellent enseignant devient le meilleur conseiller de Guillaume, duc de Normandie, futur Conquérant qui sera sacré roi d'Angleterre en 1066. L'aura intellectuelle et la réputation théologique de l'abbaye sont grandes, se répandent au loin. Des liens se créent entre l'abbaye de Bec-Hellouin et l'église anglaise, en particulier la cathédrale de Canterbury. Lanfranc primat d'Angleterre en devient le régent. Des liens privilégiés subsistent toujours entre les abbayes de Bec-Hellouin et de Canterbury ...

 

Dès la porte le visiteur est impressionné par la richesse du lieu : les deux tourelles posent le décor ;

rd11 04 052-copie-1puis le logis abbatial d'une pure facture classique et la tour Saint Nicolas, du 15ème siècle, clocher d'une vaste église gothique détruite au 19ème siècle , donnent une idée de ce que fut la grandeur des lieux.

rd11 04 106Une représentation de 1677 permet de comparer l'abbaye à son apogée avec ce qu'il en reste.rd11 04 120La grande église en haut à gauche est l'abbatiale gothique entièrement rasée. Quant aux bâtiments conventuels au centre à droite, ils ont aussi disparu. Tout au long de la Guerre de Cent ans (1346-1469), puis des guerres de religions l'abbaye subit des dommages et des restaurations. Une des dernière fois par les Mauristes, congrégation qui reprit au 17ème siècle de nombreux monastères qui avaient souffert du relachement de la règle et des méfaits des abbés commendataires, (nommés par le roi de France depuis la victoire de François Ier sur le pape Léon X et le concordat de 1516, plus souvent en raison de leur naissance que de leur piété.) qui rétablirent la fortune du monastère pour quelque temps encore.rd11 04 053Le cloître du 13ème siècle aux 3/4 détruits pendant les différents conflits fut reconstruit par les Mauristes au 17ème siècle dans le style italien, tendance toscane.

 rd11 04 060-copie-1

Après la Révolution le monastère fut transformé en "dépot des Remontes Générales de l'Armée", c'est à dire en haras militaire. Le cloître devint alors manège, le réfectoire écurie. Depuis que la vie monastique a repris l'écurie est devenue la nouvelle abbatiale.rd11 04 108Quelques belles statues ornent ce sanctuaire. Une Vierge à l'enfant du 14ème siècle nous accueille à l'entrée.rd11 04 110C'est une Vierge en majesté, au doux sourire qui occupe le tympan gtothique de l'entrée nord du cloître.rd11 04 119De l'époque romane, il ne reste plus qu'une partie de pilier incluse dans un mur du cloître ! Si peu !

 

Bec-Hellouin est aussi un village avec des maisons à pans de bois, aux couleurs douces et inattendues, rd11 04 105et aux rues fleuries, superbes sous le soleil.rd11 04 124b

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 19:56

 

frise 11 04 13 053Il faisait très frais ce matin aux confins de l'île de France et de la Normandie,  tout près de la Seine d'où la brume montait. Le soleil avait réussi à la transpercer et illuminait des villages ravissants :de belles demeures, des petits palais, des fermes à colombages s'étiraient aux pieds des falaises, alors que des jardins et des prairies descendaient jusqu'au bord du fleuve. Ça doit être plutôt agréable de vivre ici, si près de Paris et presque à la campagne !

C'est ainsi que nous sommes arrivés à Giverny pour visiter le jardin de Monet.

 

Nous nous sommes arrêtés à l'autre bout du village, à côté de l'église et du cimetière où repose le peintre. Remonter à pieds jusqu'à sa maison nous a permis de comprendre que Monet est à Giverny ce que Mozart est à Salzbourg : le prétexte à une exploitation intensive du souvenir ... Mais ne boudons pas notre plaisir qui est grand, comme doit l'être celui des nombreux Italiens, Asiatiques, Allemands et Américains qui arrivent par autobus complets.

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Il a gelé la nuit dernière, et nous préférons les allées ensoleillées pour commencer notre tour. La débauche de fleurs et de couleurs est merveilleuse. On a d'abord l'impression d'un fouillis de massifs et de vergers lorsqu'on arrive dans le "Clos normand" ; mais non, des allées sont soigneusement dessinées, recouvertes de cailloux, et réservées aux jardiniers qui s'activent. Nous, visiteurs empruntons les grandes allées cimentées.

C'est la saison des tulipes, des pensées, des giroflées, des myosotis  (pas mal en couvre-sol, écrin de belles tulipes !)rd11 04 060rd11 04 013rd11 04 062

 

Nous avons sous les yeux tout ce qui doit se faire en tulipes : des simples aux pétales arrondis, aux pétales pointus, des doubles, des perroquets aux pétales échevelés ... Quant aux couleurs elles semblent parfois associées avec rigueur, et parfois mélangées au hasard. Mais y a-t'il la place pour lui dans ce jardin ?

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Nous accédons au jardin d'eau par un petit tunnel. Il y fait très frais et nous continuons à choisir les allées ensoleillées.

La glycine du célèbre pont japonais n'est pas encore fleurie, mais à chaque période ses fleurs, et il ne doit pas y avoir de temps morts de l'ouverture du 1er avril jusqu'à la fin de la saison, novembre !

Les azalées sont au rendez-vous,

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tout comme un bel arbuste aux fleurs roses très sophistiquées.rd11 04 017mais pas les nymphéas. Il faut attendre que la température de l'eau atteigne 15-16° pour que des fleurs s'ajoutent aux bouquets de feuilles. Ce matin un jardinier en barque débarrassait le bassin des feuilles mortes avec de larges mouvements calmes de son filet. Je ne pense pas que l'on trouve dans les dizaines de représentations du bassin une scène semblable à celle que nous avons vue ce matin, qui ne manquait pas de poésie.

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Nous remontons vers la grande maison verte et rose, les salles de lectures, le salon atelier (qui vient d'être restauré grâce au financement d'une association de soutien américaine) dans le respect le plus rigoureux de la toile que Claude Monet en avait faite, le tissu fleuri de la méridienne en particulier. Les murs sont couverts de reproductions de ses oeuvres.

La visite de la maison se termine par la grande salle à manger jaune, et la vaste cuisine au carrelage bleu. Ces deux pièces ont dû être le lieu de rassemblement de la grande famille de Monet, et de ses amis peintres et les photos sur les meubles  rendent vie à tous ces artistes mythiques dits de l'"école de Giverny".

Passage par le grand atelier que Monet fit aménager pour réaliser ses nymphéas les plus vastes. C'est maintenant la boutique du musée, très fréquentée.

 

Nous avons quitté la maison, mais pas l'ambiance. Presque en face le musée des Impressionnistes nous attend avec une exposition d'oeuvres de Pierre Bonnard, ami et voisin de Claude Monet.rd11 04 001Nous traversons le jardin contemporain dessiné par Mark Rudkin, peintre-paysagiste. Des espaces bien délimités par des haies de thuyas et de hêtres jouent sur les couleurs et les formes, 

massifs noir ou blanc, jaune ou rose.rd11 04 002 

rd11 04 023c (19)

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Ce jardin a reçu le label de "Jardin remarquable" en 2009.

Le musée n'a pas de fonds permanent, et présente durant cette saison une rétrospective de 70 oeuvres principalement inspirées par la Normandie à Bonnard. Et c'est la découverte de couleurs éclatantes de paysages, de scènes de vie familiale, de dessins et de photos.

rdBonnard, Les cerises

rdBonnard, fenêtre ouverte sur la Seine

Nous avons fini cette journée comme le font les touristes japonais, particulièrement friands d'Impressionnisme, en allant juste de l'autre côté de la Seine, visiter le musée de Vernon, qui consacre une grande salle à l'"école de Giverny" et avons eu le plaisir d'y être accompagnés par Magali, le plus agréable guide que nous pouvions attendre !rd11 04 072

Et avons fait un rapide tour de la vieille ville, de ce qu'il reste de sa forteresse, une tour,rd11 04 079et de son étrange église Notre Dame vers laquelle une maison à colombages presque aussi ancienne se penche avec vénération.rd11 04 080

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 19:24

11 Avril 2011

Nous traversons le département de la Loire alors qu' il est temps de trouver un endroit pour l'étape du soir. Le long de la petite route que notre GPS nous a fait prendre un panneau nous indique "village fortifié, prieuré ..." :  tentant. Merci GPS pour toutes les surprises que tu nous offres, les itinéraires dont toi seul a le secret, et les découvertes que nous n'aurions pas faire sans toi !

Nous ajoutons à tout ça de petits détours personnels et c'est ainsi que nous sommes arrivés à Pommiers.

Pommiers (Loire) village fortifié

En traversant le pont sur l'Aix voici l'image qui s'est offerte : un vieux pont dans une prairie, et trois solides tours au sommet d'un tertre. Le village s'étend maintenant à l'est. Une grande place au bord du "grand Chemin du Forez", route médiévale, au pied du prieuré a toutes les qualités pour passer une nuit tranquille. Le coucher de soleil ne nous promet pas une journée aussi belle que celle qui s'achève.Pommiers (Loire) coucher de soleilLendemain matin : le village est bien calme alors que nous faisons le tour de la partie haute.

Pommiers (Loire) entrée village fortifié

Le prieuré fut fondé au 9ème siècle par des moines bénédictins. Un siècle plus tard la communauté adhère à la réforme clunisienne et c'est au 13ème siècle un des principaux prieuré de  l'ordre.

L'église romane Saint Pierre et Saint Paul a traversé presque intacte toutes les périodes de restauration et de transformations.Pommiers (Loire) église

Les habitants du village devaient à leur seigneur, le prieur, outre des taxes, des tours de garde et de surveillance. Ils durent participer, pendant une période d'accalmie de la guerre de Cents Ans (14ème siècle) à la construction des fortifications (comme dans toute la région à Montbrison, Feurs, Saint Etienne et Roanne).Pommiers (Loire) prairie et fortifications

C'est alors que les trois grosses tours percées d'archères furent bâties, au sud de l'ensemble. Elles dominent maintenant les prairies où paissent des vaches.

En 1452 le roi Charles VII séjourna dans ce monastère prestigieux. Déjà, lorsque François Ier à son tour y fit étape, en 1531 et 1537, l'abbaye était sous les ordres d'un abbé commendataire (début du 16ème) qui s'était fait aménager un luxueux palais prieural.Pommiers (Loire) hôtel du prieur commendataire

Début d'un lent et terrible déclin qui s'acheva rudement à la Révolution ...

Malheureusement pour notre visite le monastère était en restauration, le cloître et l'église fermés. Mais ce sera sûrement beaucoup mieux pour les visiteurs de Pommiers du prochain été ! Pour nous, il est temps de reprendre la route.

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:22

frise11 04 07 001Un peu après cette sortie du 7 avril, quel n'est pas mon plaisir de ne presque pas avoir de courbatures ! Il y a deux ans j'avais trouvé terrible l'ascension du But de l'Aiglette!

Ce jeudi matin lorsque Robert a dit "Le but de l'Aiglette" il me semble que je n'ai pas été la seule à éprouver un choc, une angoisse, une lassitude avant même de commencer. Qui a dit "Oh, je garde les voitures, moi aujourd'hui." ? Et puis il n'y aura même pas encore de fleurs, la neige a dû juste disparaître. Robert n'a rien voulu savoir, n'a pas voulu changer et préférer le But de Saint Genix, la pointe de gauche-- ...

Donc à 9h40 nous quittons le parking proche de Marignac, village du val de Quint, altitude 535 mètres, boucle 19, 17 km en 6 heures. Ligne de mire, le sommet à droite en passant par le creux au-dessus de l'amas de rochers vers le milieu de la courbe, le col de Vassieux.

Quelques centaines de mètres dans la vallée nous permettent de nous échauffer et de profiter du paysage.rd11 04 07 004 Dans ce petit territoire consacré aux cultures biologiques on pratique même des labours à l'ancienne ? Sinon que ferait ici cette charrue tractable par un cheval ? Il y a beaucoup de pierres dans ces champs. La lavande est-elle comme la vigne ? apprécie-t'elle ce type de terrains ?

Et maintenant on grimpe. Moi en silence, j'essaie de ne pas gaspiller mon souffle. Heureusement il n'y a, le long du chemin que quelques violettes, hépathiques ou primevères, et j'en ai déjà dans mes collections, je ne me laisse pas distancer pour les photographier !

Et ainsi, en mettant un pied devant l'autre, en ne cherchant pas à voir trop souvent au-dessus de ma tête si c'est encore loin ce col, en me disant que chaque pas m'en approche puisque ça monte toujours, en m'accordant un petit répit le temps d'une gorgée d'eau, et le temps d'un regard autour du cirque que forment les montagnes et qui s'élargit sans cesse ... tous ces efforts font qu'à midi juste je suis passée devant le panneau qui m'annonce le col convoité et ses 1333 mètres d'altitude !

Regroupement et temps de repos pour tous.rd11 04 07 014C'est le moment de souligner la première sortie du jeudi d'André, notre Président qui vient d'"entrer en retraite" et qui va donc participer régulièrement à l'activité de notre groupe ! Voici Edgar, André et cachés derrière Ahmed et Gérard et au fond le But de Saint-Genix où je ne Flore Vercors Crocus Avril17suis encore jamais allée.Flore Vercors Crocus Avril16

Mais il faut aussi regarder à nos pieds, car il y a des fleurs ! La prairie encore sèche de l'hiver est parsemée de crocus.Flore Vercors Erythrone dent de chien2 AvrilFlore Vercors Erythrone dent de chien Avril

Quelques pas plus loin d'étranges fleurs d'un rose soutenu, aux pétales très recourbés en arrière sont bien aussi nombreuses. Belle découverte que ces érythrones dent de chien !

Mais il faut repartir ... Bravo Robert pour ta connaissance de l'endroit ! C'est bien à 12h45 que je suis enfin arrivée au pied du panneau qui marque le But de l'Aiglette et ses 1525 mètres. Epuisée. Qu'il est bien venu le temps du pique-nique !rd11 04 07 042

Ahmed a trouvé des glacons pour ceux qui en ont besoin, au creux d'une faille dans un endroit encore bien à l'ombre !

Ca va mieux, je peux aller jusqu'à la ligne de crêtes pour jouir du regard circulaire :rd11 04 07 033à l'est le Grand Veymont, point culminant du Vercors,et le col du Rousset à nos pieds,rd11 04 07 034au sud-est les vallées de Chamaloc et de la Drôme que les jeunes céréales reverdissent tendrementrd11 04 07 035

alors qu'au nord, sur le plateau autour de Vassieux les montagnes auront encore leur sombre aspect hivernal tant que les forêts seront nues.

Oh, la bonne surprise, ici la première gentiane, dauphinoise ou printanière ? A vous de juger ! Flore Vercors Gentiane dauphinoise Avril

Et ces petites touffes jaunes de drave faux-aizoon, premières fleurs jaunes de la prairie nous obligent à aller voir ce que sont les aizoons, non ? Facile avec le site encyclopédique de "Fleurs des Alpes".Flore Vercors Drave faux aizoon Avril

Ma récolte du jour se termine avec des scilles à deux feuilles, discrètes et encore rares. (Je laisse l'accès à toute la famille des hyacinthacées (jacinthes) ...

Flore Vercors Scille à deux feuilles Avril

Le premier coup de sifflet retentit beaucoup trop tôt ! Nous avions encore besoin de repos. Mais déjà le deuxième nous oblige à partir. Le long des crêtes échancrées où nos regards se perdent sur les sommets voisins et les vallées profondes. rd11 04 07 044Aujourd'hui les photos collectives sont demandées. Pour l'article du Dauphiné, pour le souvenir du premier jeudi d'André, pour le récit du blog, et pour qui encore ?rd11 04 07 048sur fond de Grand Veymont,

rd11 04 07 052à l'approche de la grande prairie et du Parc régional du Vercors,rd11 04 07 053ou les pieds dans le névé. Mais là c'est très dissipé, et la neige rafraichit les nuques et les épaules que le soleil cuit ardemment.

Il ne reste plus qu'à revenir ! Nous entamons une longue descente sur des chemins qui peuvent ressembler tantôt à des ruisselets, tantôt à des litières où la couches de feuilles de hêtres, bruyante et douce, nous arrive aux genoux. Mais aussi à des raidillons aux pierres roulantes, ou à de larges chemins de pierres blanches calcaires qui réverbèrent la chaleur du jour. Il doit faire bien plus de 30° ici alors que les arbres n'ont pas encore mis leurs feuilles ...

Bien haut dans le ciel six vautours tournoient au-dessus des falaises. Ce sont sûrement les fameux vautours réintroduits dans la région de Chamaloc il y a quelques années. Ils semblent être immenses, et l'on peut voir combien la partie interne de leurs ailes est claire. Quel vol admirable ! 

Lucien qui marchait seul en tête, silencieusement a rencontré deux bouquetins. C'est le privilège des premiers, je crains que ça ne m'arrive pas !

Qu'ils sont bienvenus la pompe du parking avec son eau fraîche, les bancs qui nous permettent de changer de chaussures confortablement, et la légère brise frissonnante qui séche agréablement nos épaules et nos visages ! Incroyable, nous sommes au début d'avril. Les forêts semblent déjà manquer d'eau !

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 16:59

frise 11 04 05 041Quel nom étrange a cette montagne sèche de 675 mètres d'altitude au dessus de Dieulefit ! L'origine du nom de la petite ville est incertaine, alors imaginons pour la montagne ! Et j'ai eu beau chercher, je n'ai rien trouvé !

Mais ça ne nous a pas génés pour en gravir le flanc !

Nous sommes partis du quartier des Hubacs où nous avions laissé les voitures au bord de la route, sur une pelouse couverte de pervenches.

De l'autre côté de la route les cèdres du parc d'une demeure ancienne s'élancent vers le ciel et le soleil depuis bien longtemps pour arriver déjà si haut !rd 11 04 05 002

La randonnée (qui portait le n°1des anciens itinéraires drômois) et le GR 9 ont une partie commune : en passant par le Pied de Dieu Grâce, au delà de la barrière qui ne laisse le passage qu'aux personnes à pieds ... et aux agneaux et aux loups ? Quelle est la signification de ce crâne sur la pierre qui marque le passage ?

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Le chemin est large, régulier et monte doucement dans les arbres au feuillage vert tendre audessus d'herbes encore sèches. Les nouvelles poussent sont souvent enfouies sous le reste de l'été dernier.

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Des violettes, des primevères et des pulmonaires officinales roses et bleues au feuillage tacheté de blanc jalonnent le sousbois.

Flare Drôme Pulmonaire officinale

Nous passons le Pied de Dieu Grâce (altitude 450 mètres) et prenons la direction du col de même nom. Il y a de nombreux chemins sur cette montagnes, le balisage est régulier et précis, on a toutes les chances d'aller là où on le souhaite !rd 11 04 05 009

La pente est un peu plus raide, le chemin se transforme à l'approche d'une grande dalle de rocher, et au carrefour suivant nous laissons à droite le chemin qui conduit au col de Gorge d'Ane et Aleyrac pour prendre la direction de Dieu Grâce. Au col voici l'est de la plaine de Montélimar qui se dessine à travers les branches nues.

rd 11 04 05 014

Nous sentons maintenant un peu de vent. Est-ce celui que nous avons laissé dans la vallée du Rhône ou au contraire un vent très local comme ceux que nous nomment Josette, Christiane et Michel : le Pontiasse à Nyons et le Solaure de Saillans, vent qui souffle le matin, pas après 11 heures, et nettoie le paysage de toute l'humidité et le brouillard de la nuit ou de l'aube.

Nous avons atteint le sommet du jour : 675 mètres à ce cairnrd 11 04 05 015et poursuivons jusqu'à une belle clairière de thym, en face des montagnes et du vallon du Jabron.rd 11 04 05 016 Nous avons à droite la montagne de Lusset, devant au premier plan Coste Belle (il en a toujours une montagne qui porte de nom dans un massif !) et la point qui se détache dans le ciel appartient à la falaise Charousse.

Nous sommes assis entre les touffes de thym, sur des fourmilières ! Mais ça ne dure pas car les fourmis savent nous dire que nous les gênons !rd 11 04 05 017

La montagne de Dieu Grâce sépare les vallées du Lez et du Jabron, commence à l' Est au-dessus de Dieulefit et s'arrête à l'ouest à Chateauneuf du Rhône. C'est un excellent lieu d'observation des oiseaux migrateurs, mais nous devons avoir du retard pour les voir ! Nous nous contentons du paysage sous le soleil : les montagnes sèches sont couvertes de petits arbres : chênes verts, chênes pubescents, pins sylvestres, un peu rabougris non ?, genévriers et thym dont nous faisons une belle récolte. Qui a dit que le nuage radioactif était passé au-dessus ?

OK, et il a dû contaminer dejà toute la végétation ... ce qui laisse finalement le choix suivant : mourir de radioactivité ou mourir de faim !

Que de conversations après le repas !rd 11 04 05 018

Comment penser que Josette ou Michel vont pouvoir faire une petite sieste ?

rd 11 04 05 019rd 11 04 05 022

Il est à peine 13 heures lorsque Josette donne le signal du départ. Il faut dire qu'il y avait déjà plusieurs signes d'impatience ici ou là.

Nous repartons donc en continuant le sentier. De part en part des cairns marquent le passage,rd 11 04 05 027Arrivons au col de la Ruche, redescendons rapidement sur Dieulefit, traversons le Lez rd 11 04 05 035puis la ville, avec une halte à la poterie "T comme Terre" et sommes déjà de retour aux voitures.

Parmi toutes les pervenches (oui Michel, aucune ne nous a mis de contravention pour problème de stationnement) il y a une ravissante euphorbe douce au petit coeur rose, alors que nous en avions croisé une du type characias au coeur brun, devant un vieux mur.

Flore Drôme Euphorbe douceFlore Drôme Euphorbe characias

Il y en a de superbes dans les massifs des rues de Valence ces jours-ci. C'est la pleine saison de ces fleurs vertes.

 

Nous sommes revenus par des petites routes, et avons ainsi fait une visite de la Drôme moyenne. Qu'elle est belle au printemps ! Je vous la montre ? OK, mais c'est un autre sujet.

Pour aujourd'hui merci josette pour cette belle randonnée. Pas de record, juste beaucoup de plaisir !

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:41

frise 11 03 24 042Au point de rendez-vous du matin Robert nous annonce "Le trou du Furet". Et mes réactions sont "Enfin, je vais savoir où ça se trouve, et participer à cette fameuse randonnée !" immédiatement suivi de "C'est une vraie légende, et il doit y avoir des difficultés souvent évoquées pour que ce nom me donne un pincement au coeur ... On va démystifier !"

Direction le Poêt Laval où nous nous arrêtons sous les grands chênes à côté du cimetière. L'ombre doit y être bien agréable l'été, mais pour le moment les arbres sont tout nus.

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Robert nous fait prendre l'itinéraire à l'envers ! Il nous réserve toujours quelques surprises. Nous empruntons le chemin qui dessert les terrasses aménagées autour. Je devrais sûrement parler au passé car ces terrasses sont maintenant abandonnées aux petits chênes pubescents.

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Seules les collines les plus proches du village devaient être cultivées en champs, et plus loin le terrain sûrement difficile à cultiver devait être réservé au paturage des animaux domestiques.

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Il fait chaud à monter sous le soleil du matin, et nous devons enlever une couche de vêtement. Heureux sont ceux qui ont troqué les laines polaires contre des T-shirts, et les pantalons épais contre de plus légers, et en démonstration voici la pause-banane en plein soleil, avec en arrière fond la double crête que l'on aperçoit de loin lorsqu'on traverse la vallée vers Charols, au-dessus d'Eyzahut !

rd11 03 24 012On prend la direction de la Font Estrèche, pour remonter sur le plateau à l'est, par un chemin à l'ombre. C'est ici que nous trouvons tout un groupe d'hépatiques (famille des renonculacées) qui doivent leur nom à la forme de leur feuillage en lobes de foie.

Flore Drôme Hepatiques 

Le groupe s'étire en remontant !

 

rd11 03 24 018rd11 03 24 016

 

Nous passons un endroit où le chemin est tracé sur une vaste pierre calcaire, ça doit être délicat un jour de pluie ou de verglas, rien à craindre aujourd'hui.rd11 03 24 021et il est à peine midi lorsque nous nous regroupons sur des rochers dentelés.rd11 03 24 023L'impression est bizarre lorsqu'on aperçoit ces rochers, on dirait qu'il y en a deux lignes très distinctes. Et c'est vrai :

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entre les deux une dépression profonde nous révèle le fameux trou du Furet. Avec ouverture juste au dessus d'Eyzahut. Impressionnant ! La falaise verticale doit avoir quelques centaines de mètres.

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Ne nous bousculons pas pour la photo collective qui paraîtra dans un prochain Dauphiné, il y a assez de place pour le groupe, mais pas d'endroit pour poser l'appareil et prendre une photo en différé ! Alors, sans moi, et sans ceux qui sont loin devant, déjà entrain de manger !

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Nous continuons un peu sur le plateau à l'est pour trouver un endroit abrité du vent. Léger mais présent. La vue vers le nord est superbe. Premier plan Eyzahut, troisième plan le massif des Trois Becs, le col de la Chaudière et le Grand Delmas. Tout au fond on aperçoit légèrement dans le creux du col le Grand Veymont ...

Mais quelles sont les anecdotes que j'ai entendues et qui m'avaient impressionnée ? Robert est venu ici plus souvent par mauvais temps et même par grand vent. Et alors les courants d'air sont tels qu'il est presque impossible de tenir debout au bord du plateau, il faut redescendre beaucoup plus bas pour être à l'abri. Il avait dû me parler de blizzard et de froid qui saisissait jusqu'au plus profond de la moelle !

Aujourd'hui Robert me raconte le troupeau de chamois acculé par des chiens sur une point rocheuse, juste au bord de la falaise. Les bêtes apeurées pleuraient presque. Il est allé chasser les chiens, et les chamois en toute confiance sont passés à côté de lui, comme reconnaissants de les avoir libérés d'une mort certaine !

Nous avons trouvé de petits emplacements pour le pique-nique entre les touffes de buis. Le soleil est ardent. Les plus curieux comme Fanny et Michel vont voir un peu plus loin.rd11 03 24 035Depuis la ligne de crête ils observent des chevaux, trois, quatre, six, dix, et même un jeune poulain qui tient à peine sur ses pattes !

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Ils sont en semi-liberté sur ce grand plateau, où ils doivent passer une bonne partie de l'année. Des chevaux noirs à solides pattes et larges sabots, des plus grands à pattes fines, ce troupeau est assez composite.

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Nous repartons parallèlement à la ligne de crêtes, en traversant les prairies sans sembler déranger les chevaux, jusqu'à un grand fayard où trois sages nous attendent tels des sphinx qui voudraient nous imposer la question ouvrant droit au passage !rd11 03 24 052C'est après ces messieurs, alors que le chemin est bordé de nombreuses hellébores fétides qu'il faut quitter ce chemin et prendre à droite pour redescendre vers Poët-Laval.

 flore Drôme Hellebore fétide

Un long grand chemin plein de pierres qui roulent sous les pieds. Attention, ça aide bien à tomber. J'aurai un bleu !

Longue descente un peu désagréable et sans charme particulier. La forêt cache le paysage. Merci Robert de ne pas nous avoir fait monter par là !

Et voici enfin que le vieux village fortifié se découpe dans le soleil.rd11 03 24 055

Nous en avons fait le tour, le château, forteresse des chevaliers hospitaliers qui s'étaient installés ici au 12ème siècle;

rd11 03 24 059rd11 03 24 060

l'église que les guerres de religion ont beaucoup endommagée ; la place du village que nous investissons,rd11 03 24 063 et les ruelles qui n'ont pas encore leur tenue d'été : dans quelques mois de nombreuses roses trémières borderont les rues qui conduisent au musée du Protestantisme (nous sommes en terre huguenote ici), au café-librairie à la galerie de peinture, ou aux boutiques d'artisanat.rd11 03 24 066 Ce village perché classé parmi les "plus beaux villages de France " attire de nombreux visiteurs, outre les randonneurs.

 

Ce soir j'ai le visage en feu. Je crois bien avoir attrapé un coup de soleil ! Un peu d'eau de neige va calmer cette brûlure.

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 19:37

frise 11 03 22 031Le temps est magnifique, le soleil brille et nos yeux aussi lorsque Josette et Rachel nous disent que nous partons pour Lozeron et Gigors.

J'ai beau chercher dans les profondeurs de ma mémoire, je ne sais pas vraiment où est Lozeron. Sûrement au nord de Crest, pas très loin de Cobonne. De toute façon il suffit de suivre la file de voiture que nous formons. A Mirabel et Blacon il faut prendre jusqu'à Beaufort sur Gervanne et là, aller à gauche vers Lozeron.

Voilà, je ne pourrai plus dire que je ne connais pas ce village, et c'est bien !

Nous nous arrêtons entre la partie haute du village, et le hameau que nous avons laissé plus bas, etrd 11 03 22 002rd11 03 22 001

partons vers Gigors par le Serre du Bois. Ce flanc de la vallée de la Gervanne est merveilleusement exposé, il bénéficie d'un ensoleillement maximal. Le printemps est beaucoup plus avancé ici que dans la vallée du Rhône, et le merisier que nous croisons en est la preuve ! rd 11 03 22 004C'est une énorme touffe de fleurs alors que chez nous les cerisiers sont encore en boutons.

Le chemin est agréable et facile. Nous ne ferons pas de records aujourd'hui, mais qu'importe ! Des prairies, quelques bois et les falaises du Vercors à l'ouest rd 11 03 22 009et un large paysage à l'est, jusqu'au Gros Chêne, sa cabane et son puits.rd 11 03 22 011Nous devons emprunter un petit bout de route jusqu'à Gigors, traverser le villagerd 11 03 22 014 pour atteindre l'église Saint Pierre si belle dans son extrème simplicité.rd 11 03 22 016Construite au sommet d'une colline par le seigneur Bérenger et son fils Irpin, elle fit partie d'un prieuré relevant de l'abbaye de Cluny dès le 12ème siècle.

C'est un bel endroit pour la pause, et j'en profite pour faire le tour. Au sud le cimetière dont la fondation date du 11ème siècle et qui ne semble pas avoir d'occupant récent : il n'y a pas de tombe moderne décorée d'une pierre tarabiscotée découpée avec les moyens numériques, à l'est  trois absides semi-circulaires contrebutées par deux contreforts,rd 11 03 22 021(j'adore le vocabulaire de qui décrit l'architecture !),  au nord le clocher quadrangulaire datant du 15ème siècle,rd 11 03 22 022et lorsque je reviens à l'ouest tout le monde est prêt à repartir ! Je n'ai que le temps de ranger mon carnet de notes et sortir ma pomme pour la croquer en marchant vers les Vignes.

Après une grande ferme nous reprenons le chemin dans un bois de petits chênes où la chasse au lièvre est interdite. C'est plutôt sympathique cette interdiction ! Ca va bien avec les ruches qui se réveillent, rd 11 03 22 032toutes les violettes et les quelques pervenches qui fleurissent le long du chemin en proclamant le printemps, alors que les baies du gui nous rappellent encore les bouquets d'hiver !rd 11 03 22 037rd 11 03 22 038Retour à Lozeron juste à temps pour revenir à Montmeyran dans les délais de Marianne !

C'était une superbe randonnée pleine de soleil parfaite pour une bonne mise en jambes !

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 08:50

La conservatrice de l'abbaye de Charroux nous avait conseillé de faire un tout petit détour pour aller voir le cimetière de Pers riche d'une lanterne des morts et de tombes mérovingiennes.

Et nous n'avons pas manqué de suivre son conseil !

Pers est un tout petit village, dont nous n'avons pas pris le temps de découvrir tous les charmes, mais il doit en avoir le long des sentiers de randonnées dont nous avons aperçu les fléchages.

Nous sommes allés directement à l'église, simple et fermée. Et l'avons contournée pour entrer dans le cimetière plein de soleil ce matin là.

C'est un petit cimetière, à l'échelle du village. Que la lanterne des morts plantée au milieu surveille depuis l'époque romane.rd11 03 118Carrée, posée sur une plateforme circulaire, elle a une petite porte en bas, une fenêtre au sommet sur chaque face, une jolie colonne à chapiteau à chaque angle et est recouverte d''une flèche. La lampe à huile était accrochée à la hauteur des fenêtres par une poulie qui permettait de la redescendre pour l'entretenir.

 

Quel était le rôle de cette lanterne construite au 12ème siècle ? Je préfère le rôle de fanal funéraire et du rite antique qui se perpétue dans le christianisme. Une haute flamme qui veille le passage à la lumière céleste ... Il y en a plein les cimetières d'Europe centrale de ces flammes funéraires encore aujourd'hui.

 

On en trouve quelques unes dans le Centre-Ouest de la France, ce qui fut le duché d'Aquitaine du 10ème siècle. De forme très diverses : une énorme à Sarlat, une immense à Saint Pierre d'Oléron, et cette petite si fine à Pers.

 

Elle veille donc sur l'ensemble des tombes, les contemporaines et les anciennes. Celles du 18ème siècle, curieuses avec leur pierre supportée par deux pieds bien au-dessus de la tombe où l'on peut lire les inscriptions "... Seigneur de Pers décédé le 15 avril 1787 ..." Quelques pierres triangulaires, ou arrondies plus simplement posées sur le sol y sont aussi depuis bien longtemps.rd11 03 120Mais les polygonales richement gravées posées sur un grand socle de pierre sont fabuleuses, enfin, mérovingiennes !

Mérovée, le grand père de Clovis, fondateur au 5ème siècle d'une dynastie qui disparut en 751 lors de l'élection de Pépin le Bref ... On plonge dans les racines lointaines et profondes de nos origines ! Presque tenues secrètes, on nous parle si peut de ce qui s'est passé entre la Gaulle romaine et le Moyen-Age.

Heureusement, on découvre régulièrement des tombes de cette époque depuis quelques années. Près de Mussidan à Saint Laurent des Hommes, en Dordogne en septembre 2010 ; à Jonzac en juillet 2009 ; dix ans avant à Chadenac en Charent Maritime ... Peut-être permettront-elles d'importantes découvertes sur cette époque !

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Coup d'oeil général sur ce beau cimetière avant d'arriver à Melle où il y a, paraît-il, quelques bonnes raisons de s'arrêter !

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 08:02

Pas de sanctuaire pour honorer une Madone à Melle, mais  trois églises romanes dédiées à des saints que le service de tourisme présente sous le vocable de "Triade".

La plus ancienne, dédiée à Saint Savinien, personnage un peu obscur dont on ignore presque tout, est dans les murs de la cité. Elle est assez austère, peut-être encore plus parce qu'elle est encastrée entre une rue étroite, les vieux murs de la ville et un parking : difficile vue d'ensemble !Mais on peut admirer la surprenante tour et le portail sud.

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Sa réaffectation après la Révolution lui a valu quelques mutilations, mais l'a sûrement sauvée : elle a été transformée en prison en 1801 et le resta jusqu'en 1927. C'est à partir de 1960 que des travaux de réhabilitation ont été entrepris. Elle est maintenant un lieu d'expositions temporaires. Il n'y en a pas en ce mois de mars. Et c'est bien, notre "curiosité romane" peut se concentrer sur la façade,

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où une corniche à modillons et métopes représentant des animaux fabuleux, et même tout au bout à droite un couple nu très enlacé, s'encastre entre deux pilastres qui entourent la porte aux nombreuses voussures sculptées.

A l'intérieur les chapiteaux des deux rangées de colonnes qui supportent la charpente sont décorés de feuillages, d'animaux et de scènes de combats d'hommes contre des fauves.

rd11 03 130.Aurait-il fallu lui consacrer plus de temps ? Nous ne l'avons pas fait, attirés par le marché à l'ambiance très atlantique de la place des Halles. Huîtres, coquillages, crabes, poissons de l'Océan qui n'arrivent jamais en Drôme méritaient eux aussi une étape avant l'église suivante.

Après l'obscur Saint Savinien, c'est saint Pierre le dédicataire de notre nouvel arrêt. La place avec ses grands platanes et ses pelouses, les anciens cimetières (il a fallu ajouter après la loi de 1804 une partie pour accueillir les morts protestants au premier cimetière catholique) en contrebas font un bel espace autour de l'église Saint Pierre !rd11 03 131Des documents attestent la présence sur cet emplacement d'un prieuré bénédictin en 1132 dépendant de l'abbaye de Saint Maixent, elle même placée sous la protection du Saint Siège. L'église a été construite au 12ème siècle, en plusieurs phases.

Le chevet est purement roman : on dirait que les fenêtres en plein cintre, toutes différemment décorées, ont fait l'objet d'une joyeuse compétition entre les sculpteurs : pointes de diamant, dents de scie, rubans plissés, motifs végétaux, billettes et tores : tous les décors possibles semblent être ici !rd11 03 132

La porte sud est ouverte.La richesse de son décor n'a rien à envier à celui des fenêtres du chevet.rd11 03 137 Au-dessus de la corniche à modillons et métopes on distingue la silhouette d'un Christ en majesté, mais très abimé.

Les voussures du portail ainsi que les voûtes de la nef sont en arc brisé : la construction se fit en plusieurs étapes qui témoignent de l'évolution de l'architecture entre deux phases d'avancement du chantier.rd11 03 139

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Finalement les crédits vinrent-ils à manquer car si quelques chapiteaux portent des scènes rares, comme une mise au tombeau et un "tireur d'épine" d'autres ne sont pas sculptés ..

 

L'apothéose officielle de l'art roman à Melle est l'église Saint Hilaire, construite à la fin du 11ème et au début du 12ème siècles sur le chemin des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

Elle s'élève sur le flanc d'une colline, et il faut descendre une volée de marches pour y entrer par le portail principal.

rd11 03 146et la façade grandiose. Un peu de temps pour nous adapter à la douce luminosité intérieure et nous découvrons des chapiteaux aux thèmes contrastés : d'un côté scènes de chasse, monstres et animaux s'opposent aux musiciens de l'autre rangée de  colonnes.

rd11 03 150 La partie interne du portail sud est surprenante, très décorée d'une foule nombreuse de saints entourant le Christ. Tous les animaux célestes et ceux de l'ombre du 12ème siècle sont à leurs pieds.rd11 03 151Au portail nord nous repassons dehors pour voir le cavalier qui chevauche au-dessus de la porte.

rd11 03 157Il parait que c'est un élément classique du décor des églises de Poitou et de Saintonge. Qui représente-t'il ? L'empereur romain Constantin foulant le paganisme, le seigneur protecteur de Melle et de sa population, ou une allégorie des deux ?

Nous finissons notre tour par le chevet. Saisissant de rondeurs et d'harmonie ! Les chapelles rayonnantes, la régularité des toits soutenus par des centaines de modillons, les fenêtres décorées ! Et les couleurs, celle des tuiles et celles de la belle pierre calcaire régionale, matériau idéal pour tant d'artisans et d'artistes qui ont pu la façonner en exprimant leur art, leurs croyances et leur foi.

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Les pèlerins arrivaient par la rivière Béronne qui coule entre l'église et la pelouse pleine de tulipes. Ils devaient passer le gué juste à droite qui allait leur permettre d'entrer dans l'église par la porte nord. Sous la protection du seigneur de Melle eux aussi ?

Ça avait plus d'allure que de passer par le haut comme nous y oblige le parking maintenant !

 

Avant dernier mot : cette église est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Beaucoup d'images sur le lien.

 

Dernier mot : A quelques kilomètres l'église d'Aulnay de Saintonge assez différente, est aussi une des merveilles de l'art roman régional. Je l'ai  visitée en 2004, malheureusement avant ma découverte de la photo numérique, et l'invention du blog ... Il nous faudra faire encore beaucoup de voyages dans cette région où j'ai passé mes jeunes années.  Je n'ai pas su alors en voir les richesses que je jugeais banales !

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 15:02

Tout droit vers l'ouest ; nous nous arrêtons lorsque nous apercevons un beau clocher ou une image qui nous intrigue. Et le panneau à l'entrée de Charroux représente une drôle de tour perchée en haut de longs piliers. Ça ressemble plus à une réserve d'eau de chemin de fer de western qu'à importe quoi d'autre ....

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Nous arrivons dans un bourg dont les halles du 16ème siècle et la proche maison de la même époque sont des témoignages d'une importante activité artisanale et commerciale passée.

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Vue de plus près, la tour n'a pas du tout l'allure d'un château d'eau. De plus en plus étrange ! Nous acquittons le droit d'entrer et avons la chance de faire une visite commentée par une dame passionnée qui nous conte l'histoire de l'abbaye bénédictine de Charroux. Grandeur et décadence ...

Charroux-abbaye-1822.jpgFondée en 783 sous la protection de Charlemagne l'abbaye possède de précieuses reliques qui attirent de nombreux pèlerins. Deux siècles plus tard c'est une des plus puissantes abbayes bénédictines. Son influence est telle que s'y tient en 989 un concile à l'origine du mouvement spirituel de la "Paix de Dieu" qui établit un redressement social par l'Eglise alors que les papes entreprennent des campagnes de réformes. Trois autres conciles s'y sont tenus au cours des 10ème et 11ème siècles, dont les archives semblent avoir disparu.

Durant la guerre de Cent Ans, puis la gestion désastreuse des abbés commendataires et enfin les guerres de Religion les pillages et les destructions ont ruiné l'abbaye qui fut vendue comme bien national en 1790.

Elle devient carrière de pierres et disparaît petit à petit . Seule la "tour lanterne" (à la croisée de ce qui fut le transept) achetée en sous main par l'abbé a été conservée. Les voisins en demandent la destruction car ils craignent qu'elle ne s'effondre sur le bistrot qu'est devenu l'ancien bras gauche du sanctuaire (partie inférieure du plan) ...

Heureusement en 1846 Prosper Mérimée en tournée d'inventaire national passe par là. Il est appelé, classe la tour et en interdit la démolition. Elle devient monument national. Voici le plan de ce que fut l'abbaye.Charroux-abbaye.jpg

Il reste de la vaste église qui remplace en 1096 la première construction, devenue trop modeste pour recevoir tous les pèlerins qui viennent s'y recueillir, les fondations de quelques uns de piliers qui formaient  un triple déambulatoire autour du maître autel placé au centre de la rotonde qui s'élève encore.

Les chapiteaux romans des piliers sont décorés de feuillages et d'animaux ;

rd11 03 082les deux premiers niveaux d'arcades se trouvaient à l'intérieur de l'église ;

rd11 03 086alors que le sommet dominait la toiture ; la lumière entrait par les hautes fenêtres pour éclairer l'autel. Un clocher a-t'il disparu ?rd11 03 108L'ancien cloître a réussi à mieux traverser les siècles. Sa partie ouest n'appartenant pas aux Monuments Nationaux nous n'y avons pas accès, mais il nous reste toute l'aile est. La salle capitulaire gothique (reconstruite à la fin du 15ème) est vaste, nombreux devaient être les moines qui y siégeaient (n°4 sur le plan).

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Elle est maintenant la salle où sont déposées les statues du triple portail gothique ajouté au 13ème siècle qui ressortent au hasard des découvertes : les Monuments Nationaux rachètent les bâtiments qui ont été aménagés à l'emplacement de l'ancienne nef et du portail ce qui vaut d'heureuses découvertes ; par exemple lorsqu'une pierre lisse est retournée et que sa face cachée se révèle être une statue !

Nous étions les deux seuls visiteurs en ce jour de fin d'hiver et avons pu tout à loisir admirer la beauté des visages et des vêtements des saints, des rois, des madones ainsi sauvés de l'oubli !rd11 03 089ard11 03 089b

 

Aux religieux portant la mitre et au roi à la fine barbe je préfère vous montrer l'ange dont on devine le sourire si doux malgré sa blessure. Remarquez le pli de son corsage et sa chevelure ! Ce sont les sculpteurs de la Sainte Chapelle de Paris qui ont travaillé à Charroux ...

rd11 03 091La salle 5 est la salle du "trésor". Le reliquaire aux anges est le plus beau.rd11 03 095La notice le décrit ainsi : "Boite carrée en argent doré, portée par un pied. Sur le revers des volets sont représentés le Christ et deux moines en prière. Au dos se trouvent des fleurs de lys et des petits châteaux : il s'agit peut-être de l'emblème de Blanche de Castille ..."

Il y a aussi quelques éléments sculptés, parties de l'ancien cloître roman, des chapiteaux du 9ème siècle, de l'église carolingienne et d'autres éléments de voussures parmi lesquels quelques vierges folles et vierges sages. Vierges folles ? Contrairement aux sages elles vont tête nue, renverse les vases qu'elles portent et n'ont pas la tenue modeste nécessaire ...

rd11 03 101Folle, oui ! Mais que le sourire de celle-ci est envoûtant, et c'est avec elle que je termine mon évocation de ce lieu de mémoire si étrange ....

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